Vous pouvez contribuer simplement à Wikibéral. Pour cela, demander un compte à alexis.vintray@contrepoints.org. N'hésitez pas!


Kazakhstan

De Wikiberal
Aller à la navigation Aller à la recherche

Le Kazakhstan a des frontières avec la Russie, la Chine et les pays d'Asie centrale du Kirghizistan, de l'Ouzbékistan et du Turkménistan. Le Kazakhstan est le neuvième plus grand pays du monde par sa taille. Le Kazakhstan est le pays le plus riche d'Asie centrale en raison de ses importantes réserves de pétrole et de gaz naturel. Le pays est également le plus grand pays sans littoral. Le pays a hérité de la culture de l'ancienne Route de la soie, du mode de vie nomade et de l'Union soviétique qui a eu une grande influence sur sa formation.

Les Kazakhs se sont formés par un mélange de tribus nomades turques et mongoles qui ont émigré dans la région d'Asie centrale au XIIIe siècle. Ils se sont unis en une seule nation au milieu du XVe siècle. La région a été conquise par la Russie durant la seconde moitié du XIXe siècle et le Kazakhstan est devenu membre de la République soviétique en 1936. Le Kazakhstan est maintenant un pays indépendant.

Lors du lancement du programme agricole "Terres vierges" des années 1950 et 1960, les citoyens soviétiques ont été "encouragés" (doux euphémisme) à aider les Kazakhs pour cultiver les pâturages du nord du Kazakhstan. Cet afflux d'immigrants (principalement des Russes, mais aussi d'autres nationalités déportées, y compris les Allemands de la Volga) a permis aux non-kazakhs d'être plus nombreux que les autochtones, et ainsi, atténuer les revendications d'autonomie politique.

Le Kazakhstan moderne est un État doté d'un leadership néo-paternaliste caractérisé par un népotisme considérable et une domination des affaires politiques et économiques par le président Nursultan Nazarbayev et ses alliés qui sont restés au pouvoir du 24 avril 1990 au 20 mars 2019. Cependant, le leadership autoritaire du nouveau président, Kassym-Jomart Tokaïev, bien qu'apparatchik, semble moins sévère que celui des pays voisins : le Turkménistan, l'Ouzbékistan et la Chine.

Depuis l'indépendance avec l'Union soviétique en 1991, le gouvernement kazakh a autorisé les investissements étrangers à affluer dans le pays. Le développement d'importantes réserves de pétrole et de gaz, en particulier dans le nord et l'ouest, a par la suite apporté une grande richesse au pays, bien que l'argent tombe entre les mains de quelques personnes seulement. Néanmoins, le Kazakhstan est désormais qualifié de pays à revenu intermédiaire et est déjà classé avec un indice de développement humain élevé. La corruption au Kazakhstan est encore plus omniprésente que la Chine voisine, mais elle n'est pas aussi répandue que dans les autres pays de la région.

Le gouvernement kazakh se rend peu à peu compte que les entrepreneurs sont essentiels au développement économique dans une économie de marché. Cependant, la loi de 1997 sur l'investissement et le programme de 2008 pour les PME indiquèrent que le gouvernement n'acceptait pas complètement l'idée que les entrepreneurs soient les meilleurs pour trouver des opportunités commerciales rentables. Le gouvernement Kazakh considéra plutôt que c'est à l'Etat de déterminer les secteurs à développer et il proposa ensuite diverses incitations à l'investissement. Certains pays d'Asie du Sud-Est, les tigres , comme Singapour, la Corée du Sud et la Malaisie ont suivi cette stratégie de planification étatique, et les dirigeants kazakhs ont considéré maladroitement que cette approche était la raison de leur succès économique. Le président Nazarbayev a fait de la Malaisie un modèle à suivre pour le Kazakhstan, soulignant les similitudes suivantes des deux nations : la multi-ethnicité, la marginalisation de la langue officielle de la nation dans la vie quotidienne, un système politique avec un puissant chef d'État et une économie avec une dépendance initialement forte à l'égard des matières premières.

En raison de contraintes financières et de gestion, le gouvernement kazakh a activé un nombre limité de grappes industrielles, déterminées en fonction de leur capacité à déclencher de manière significative le développement économique. Un comité d'experts, des représentants d'organismes gouvernementaux, d'associations d'entreprises, d'universitaires et d'instituts de recherche, a sélectionné les secteurs suivants : le tourisme, le textile, la construction de machines, le pétrole, le gaz, la métallurgie, la transformation des aliments, la logistique des transports et les matériaux de construction. Ces branches ont été choisies sur la base d'une analyse prétendument scientifique et objective, avec l'aide des consultants internationaux. Cependant, cette approche de clustering reste controversée.

Comme nous l'apprend la théorie de la concurrence comme processus de découverte, il est en effet impossible de déterminer à l'avance objectivement la compétitivité future car :

(1) les connaissances nécessaires pour prendre ces décisions, telles que le choix d'une industrie privilégiée, sont dispersées parmi de nombreuses personnes dans une société et ne peuvent pas être possédées par quelques décideurs politiques prenant des décisions descendantes alors que c'est le processus inverse qui devrait se produire.
(2) les capacités cognitives de chaque être humain, à la fois les agents économiques agissant sur les marchés et les économistes observant les marchés, pour saisir et traiter toutes les informations pertinentes sont limitées. Ou, comme l'écrit les économistes Israel Kirzner et Friedrich Hayek, aucun processus systématique ne semble à l'oeuvre au Kazakhstan afin de permettre aux régulateurs de découvrir ce qu'ils ne savent pas. Ainsi, la méthode de développement par grappes ne représente rien de plus que la sélection d'industries ou de structures d'entreprises souhaitées avec des phénomènes de connivence capitalistique, de népotisme, de clientélisme, de favoritisme ou d'autres avantages politiques cachés.

La conclusion est qu'il est impossible, pour quiconque, de prétendre savoir de quels secteurs économiques une société a besoin. L'idée prétendument admise comme géniale, est fatalement erronée, de croire qu'une organisation industrielle ou commerciale (grappe industrielle, grands groupes d'entreprises, sociétés d'État) est toujours et sera toujours supérieure aux autres et qu'il s'agit là de l'élément clé du développement économique d'un pays. Les clusters ou les conglomérats émergents de façon spontanés ne doivent pas être découragés, car ils sont le résultat du processus de découverte entrepreneuriale. Il n'y a aucune raison de les encourager délibérément. Les entrepreneurs vigilants essaient constamment de découvrir des opportunités de profit. Si un certain secteur n'apparaît pas et si dans une certaine branche ou région il n'y a aucun signe de grappes, cela montre seulement que ce secteur ou ce type de structure industrielle n'offrent pas, à quiconque, des opportunités de profit (du moins pas pour le moment). Comme le souligne Israel Kirzner, le gouvernement ne dispose pas à la fois des connaissances nécessaires et de la bonne motivation pour découvrir des structures commerciales compétitives. Les organismes publics fonctionnent généralement sans but lucratif et lorsqu'ils tentent, comme c'est le cas dans les entreprises publiques et les institutions de développement du Kazakhstan, ils ne sont souvent pas confrontés aux mêmes contraintes que les entreprises privées, telles que la menace de faillite. Les branches les plus compétitives et la forme la plus efficace de faire des affaires sont donc autant une des inconnues à découvrir par le processus du marché que les prix, les quantités ou les qualités des biens à produire et à vendre. En orientant les entreprises dans la direction désirée par eux, les hommes du gouvernement peuvent en fait maladroitement et involontairement interdire la découverte de possibilités de profit encore inconnues. Comme l'indiquait l'économiste Frédéric Bastiat, il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas.

Bibliographie

  • 2007, Patrick Kim Cheng Low, "Father leadership and small business management: the Kazakhstan perspective", Journal of Management Development, Vol 26, n°8, pp723-736
  • 2008, Robert W. McGee, Galina G. Preobragenskaya, "A Study of Tax Evasion Ethics in Kazakhstan", In: Robert W. McGee, dir., "Taxation and Public Finance in Transition and Developing Economies", Springer Science, pp497-510