Chine

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La Chine (中国 ; pinyin : Zhōngguó ; littéralement : « Empire (国) du milieu » (中)) est un pays d'Asie de l'Est dont deux États contemporains prétendent actuellement détenir la souveraineté : la République populaire de Chine qui contrôle 99,6 % de son territoire et la République de Chine, qui contrôle essentiellement Taïwan.

Une tradition libérale ?

Comme beaucoup de pays, la Chine a toujours été tiraillée entre une tradition autoritaire centralisatrice (notion de tianxia : 天下, qui met la Chine au centre du monde) et une tradition libérale, entre le respect de la hiérarchie et le souci de l'harmonie sociale (confucianisme) et un individualisme quasiment libertarien adepte de l'ordre spontané (taoïsme) :

Le peuple a faim parce que le prince dévore une quantité d'impôts. Voilà pourquoi il a faim. Le peuple est difficile à gouverner parce que le prince aime à agir. Voilà pourquoi il est difficile à gouverner. (Lao Zi, Tao Te King, 75)

On peut noter qu'un des plus anciens textes libéraux est d'origine chinoise : il s'agit de la Dispute sur le sel et le fer (81 avant J.-C), qui relate un important débat tenu en ce temps-là, en présence de l’empereur, sur la question de savoir si l’État doit conserver le monopole de la production du sel et du fer. On y lit :

Avant l’instauration des monopoles d’État, le pays n’était-il pas prospère ? À présent qu’ils sont établis, il souffre. [...] Le profit ne tombe pas du ciel, pas plus qu’il ne jaillit spontanément des entrailles de la terre ; il est entièrement tiré de la sueur et du sang du peuple.
On ne restaure pas un pays avec une recette aussi aveugle frappant avec prédilection les humbles et supprimant les possibilités d'essor de la masse laborieuse, tandis que les familles privilégiées, bénéficiant du monopole du commerce du sel, vivent grassement. Or la vie du pays dépend plus du travail de son peuple que du bien-être de quelques mandarins.

L'influence de cette tradition libérale explique le passage progressif d'une idéologie marxiste-léniniste, le maoïsme, à une forme de capitalisme où l'État, depuis 1978, assouplit son dirigisme et laisse une plus grande plage d'autonomie à des véritables propriétaires, même si le terme consacré à propos de la Chine d'"économie socialiste de marché" ressemble à un oxymore.

Un pays historiquement centralisateur et "contrôleur" de ses citoyens

La période (771 avant JC à 221 avant JC) fut un grand âge dans le développement de la Chine. C'est durant cette période que la technologie chinoise et les échanges commerciaux ont dépassé ceux de l'Occident.

Harold B. Jones (2002) s'interroge pourquoi la Chine, aussi en avance sur les autres pays du monde au moyen-âge, a stagné par la suite. Il explique que l'ambition dominante de la dynastie Ming a été la création d'un ordre social et politique rationnel qui subordonne tous les aspects de la vie des sujets par un contrôle central. Quand Yung-lo monta sur le trône en 1403, il avait à sa disposition une bureaucratie civile, une hiérarchie militaire centralisée et une hiérarchie de "censeurs" qui visitaient la Chine et faisaient des rapports à l'empereur sur l'état des choses. Au début de l'ère Ming, la Chine était un pays recroquevillé sur elle-même et hostile aux idées venues de l'étranger. Il était devenu même illégal de porter des styles de vêtements étrangers. Les mandarins voulaient que le monde autour d'eux reste tel qu'il était, afin qu'ils puissent se consacrer à la conquête de leurs adversaires au sein de l'administration. En 1433, le gouvernement impérial a décrété un terme aux explorations commerciales vers les pays étrangers, stoppant net l'innovation et le commerce international, jusqu'alors fructueux.

La République Populaire de Chine, à partir de 1949, date de la révolution communiste de Mao, et jusqu'en 1957, s'est lancée dans une terrible vague sanglante de répression.

Près de 5 millions de paysans chinois périssent, et 4 à 6 millions d'autres sont expédiés dans les sinistres "camps de rééducation politique", dits Laogai. L'épuration maoïste élimine 2 millions de contre-révolutionnaires entre 1949 et 1952. En 1955, la chasse aux opposants fait 770 000 victimes, pendant que 400 à 700 000 personnes sont déportées.

Le "grand bond en avant", politique massive de collectivisation forcée, entraîne l'une des plus grandes catastrophes humanitaires : plus de 20 millions de chinois sont victimes de la famine. La « Révolution culturelle » chère à Mao finira de saigner à blanc le peuple chinois. En 10 ans (1966-1976), un million de personnes sont éliminées, victimes de la paranoïa du Grand Timonier.

Au milieu des années 80, les laogaï comptaient encore 50 millions de prisonniers. Aujourd'hui, la Chine, malgré une nécessaire libéralisation du régime ("socialisme de marché") qui est proche du désaveu de la politique suivie jusque là, reste sous domination communiste, et continue de filtrer l'information (cf. affaire du Google.cn) tout en réprimant la contestation.

Néanmoins, depuis la légère libéralisation du pays, et le début de passage à l'économie de marché, le pays connaît une forte croissance, ne faisant que rattraper son retard acquis sous la période communiste de Mao.

Les besoins immenses de la Chine et ses implications sur le marché mondial du prix de l'or

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Source : e-devenir trader

C'est à partir des années 1980 que la Chine a commencé à produire de l'or de façon importante pour ses besoins propres mais ceux-ci n'étaient plus couverts à partir des années 2000 et la Chine a commencé à importer via sa plate-forme commerciale : Hong Kong. Ses besoins sont tellement importants que depuis ces dernières années ses importations en or dépassent sa propre production. Cela a un effet sur le prix de l'or qui commence à se raréfier. Les banques centrales, et particulièrement la FED, aux États-Unis, sont des pourvoyeurs indirects de cette masse d'or.

Lorsqu'un producteur d'or n'a pas la quantité physique d'or en sa possession quand une commande lui est passée, il bénéficie d'un prêt (leasing) en or physique auprès de la FED en échange d'un taux d'intérêt en attendant le réapprovisionnement et le remboursement de l'or physique de l'emprunteur.

Mais des suspicions survolent ce marché. Il semblerait que ceux qui passent commande auprès de la FED aient plus avantage à la rémunérer avec un taux d'intérêt que de lui rendre l'or physique. Les besoins de l'industrie (électronique, bijouterie, etc.) utilisant l'or sont tellement importants que l'on estime qu'il faudrait ne plus servir ce marché industriel en or pendant au minimum deux ans pour que les stocks de la FED reviennent "normaux". Comptablement, l'or est toujours dans les livres de la FED mais physiquement, il est parti dans l'industrie dans le monde entier, et principalement en Chine.

Outre une grossière manipulation du prix de l'or, cette pratique a un effet désastreux sur les prix relatifs. Dans un système de prix clair et transparent, les prix relatifs permettent aux producteurs de faire peser leur effort sur les activités qui sont les plus rentables. Mais, dans le cas de la production de l'or, le véritable prix d’effort de production est supprimé. La FED ne stocke pas seulement son propre or mais aussi celui de nombreuses autres banques centrales. Que se passerait-il si celles-ci exigeaient la réintégration complète et intégrale de leur stock d'or et que la FED soit dans l'incapacité de répondre à ces exigences ? Une véritable catastrophe financière risque de se produire puisqu'il y aurait révélation de la non concordance entre le stock physique d'or et son prix relatif sur le marché. Le prix de l'or risque d'atteindre un niveau jamais atteint jusqu'à présent. La suspicion est d'autant plus forte qu'aucun audit n'est accepté dans l'enceinte de Fort Knox, ce qui renforce le doute et le risque de crise aggravée face à cette non transparence.

Personnalités libérales chinoises

Bibliographie

  • 1967, John C. H. Wu, "The status of the individual in the political and legal traditions of old and new China", In: C. A. Moore, dir., "The Chinese Mind: Essentials of chinese Philosophy and culture", Honolulu: East-West Center Press, pp340-364
  • 1990, S. G. Redding, "Spirit of Chinese capitalism", Berlin: De Gruyter
  • 1996, Samuel Hughes et Murray L. Weidenbaum, "The Bamboo Network: How Expatriate Chinese Entrepreneurs Are Creating a New Economic Superpower in Asia", Martin Kessler Books, Free Press
  • 2005, Wei LI et Dennis Tao Yang, The Great Leap Forward: Anatomy of a Central Planning Disaster, Journal of Political Economy, 113, pp840–877
  • 2013, Henrique Schneidera, "China: An Austrian view on the middle income trap", Journal of Chinese Economic and Business Studies, Vol 11, n°3,

Liens externes

Voir aussi

Citations

  • L’État Chinois a inventé quant à lui un concept bien plus subtil que notre gauche et notre droite – leurre pour nous, petits poissons – et veut former ses jeunes, ils vont apprendre de par le monde, devenir des businessmen, des créateurs et donc des exemples pour tous et toutes. Tous les moyens seront bons, car l'objectif commun ne se discute pas, il fait partie de l'âme de chacun de ces 1,5 milliard d'individus que composent ces 36 nationalités réunies sous le nom de République Populaire de Chine. Quelle que soit la religion, l'origine, la langue, ici ils sont d'abord Chinois, libres de grandir. (Christian Brunet-Lévitan, Chine Libérale vs. France Communiste ?, Libres ! 100 idées, 100 auteurs)
  • Le modèle chinois est resté une dictature politique avec une liberté relative d’entreprendre. Nous sommes donc en compétition avec un pays low cost, où les salaires sont faibles, les droits sociaux inexistants, la police omniprésente, le contrôle de la population total, avec un régime de parti unique détenant tous les pouvoirs. Nous avons l’exemple même de la dictature capitaliste. (Charles Sannat, 29/06/2013)
  • Peu importe que le chat soit blanc ou noir, pourvu qu'il soit un bon chat et qu'il attrape les souris. (Deng Xiaoping)
  • Si un homme a faim, apprends-lui à pêcher. Si tu lui donnes un poisson, il aura de nouveau faim le lendemain. (Confucius)
  • On ne peut se résoudre à une vie de porc, l’homme a besoin de liberté. (Liu Xiaobo, La philosophie du porc)
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