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Léon Faucher

De Wikiberal

Léonard Joseph Léon Faucher (8 septembre 1803 à Limoges - 14 décembre 1854 à Marseille) est un publiciste et économiste français.

Biographie

Issu d'une famille sans fortune, il entra fort jeune comme précepteur dans la famille Dailly, dont il resta l'ami, et se voua à la politique après la révolution de 1830 qui met en place la Monarchie de Juillet. Il écrivit dans divers journaux, notamment dans le Courrier français, dont il devint en 1839 le rédacteur en chef, et défendit surtout dans ses écrits la cause de la liberté commerciale. En 1846, il fut élu député de la Marne et se montra chaud partisan de la réforme.

Appelé au ministère de l'intérieur sous la Seconde République après l'élection de Louis-Napoléon en 1848, il réprima énergiquement le désordre, mais fut censuré par l’Assemblée à la suite de la découverte d’une circulaire qu’il avait adressée aux préfets pour infléchir le résultat des futures élections. La Rochejacquelain avait eu ce mot terrible sur Faucher au ministère de l'Intérieur : « Il est tranchant non comme une lame de sabre mais comme un couteau de cuisine. » Après avoir démissionné en mai 1849, il reprit ses fonctions en avril 1851, puis se retira définitivement après le coup d'État du 2 décembre 1851. Il avait écrit au prince-président pour protester contre son inscription d’office dans une commission consultative mise en place : «Vous savez que, dans une carrière déjà longue, je n’ai pas plus démenti mes principes de liberté que mon dévouement à l’ordre. Je n’ai jamais participé ni directement ni indirectement à la violation des lois, et pour décliner le mandat que vous me conférez sans mon aveu, je n’ai qu’à me rappeler celui que j’ai reçu du peuple, que je conserve.»

Reçu auparavant à l'Académie des sciences morales et politiques, en 1849, il se consacra dès lors exclusivement aux études économiques. Au retour d’une cure en Italie en 1854, il mourut de la typhoïde à Marseille.

Après sa mort, sa veuve fit en son nom à l'Académie des sciences morales et politiques un don de 20 000 francs, destiné à fonder un prix annuel d'économie politique (décerné à l'auteur du meilleur ouvrage portant sur une question d'économie politique ou sur la vie d'un économiste célèbre, soit français, soit étranger), et son beau-frère publia ses écrits sous le titre de Mélanges d'économie politique et de finances en 1856.

Publications


Citations

  • Janvier 1849. M. Léon Faucher, le nouveau ministre de l'Intérieur, est à la fois absolu et médiocre. M. de Larochejacquelein me disait : « Il est tranchant, non comme une lame de sabre, mais comme un couteau de cuisine » (Victor Hugo, Choses vues)


Lettre de Léon Faucher, ministre de l’Intérieur, aux préfets (2 février 1849)

Depuis quelques mois, et par suite du ralentissement des principales industries, des coalitions d'ouvriers et des grèves se produisent fréquemment ; comme de pareils incidents réagissent d'une manière fâcheuse sur les intérêts privés et sur la tranquillité publique, je crois nécessaire de vous rappeler les principes que l'administration doit prendre pour règle en pareille occurrence.

L'autorité ne doit jamais s'immiscer dans les questions de salaire, alors même que les parties intéressées lui demandent d'intervenir. Le taux des salaires ne peut être déterminé par des règlements administratifs. Le taux de salaire exprime toujours et nécessairement le rapport qui existe entre l'offre et la demande; le prix de la main-d'œuvre hausse dans les temps où l'industrie est active, parce qu'alors il y a une grande demande de bras; il baisse quand l'industrie se ralentit, parce que le travail est plus offert que demandé. Le niveau est donné par les circonstances; le caprice des individus ou l'influence de l'autorité n'y changera rien.

Faites comprendre aux ouvriers ces vérités élémentaires. Il faut leur parler d'abord le langage de la raison et de la sympathie, pour ensuite être plus fort en leur parlant le langage sévère de la loi.

Ce n'est pas que la société, dans la personne de ceux qui la représentent, doive se montrer indifférente à des conflits qui touchent de si près à l'existence des familles, à la prospérité de l'industrie, au maintien de l'ordre; mais n'agissez que par voie de conseil; éclairez les ouvriers et les maîtres sur leurs intérêts et leurs devoirs, et faites connaître à tous que les magistrats sont fermement résolus à protéger les uns et les autres contre la violence et la fraude. Que tous soient bien convaincus de votre profonde sollicitude pour les intérêts en souffrance et de votre détermination constante de maintenir la liberté des transactions et du travail.

Si des désordres éclatent, votre premier devoir sera de les réprimer; pour que le droit réciproque de l'ouvrier et du fabricant soit librement débattu, il faut que nul ne puisse être contraint de fléchir sous la pression de la menace. Vous faire l'homme de l'ouvrier ou celui du maître, ce serait suivre une route pleine de périls et assumer la responsabilité la plus grave. Sachez donc jusqu'au bout vous tenir en garde contre cet écueil d'autant plus à craindre que, sollicitée de toutes parts d'accepter le rôle d'arbitre ou de juge, l'autorité, en paraissant s'abstenir, semble manquer à une partie de sa mission, alors même qu'elle y demeure le plus fidèle.

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