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Offre publique d'achat

De Wikiberal

Une O.P.A. est une opération boursière qui consiste à proposer aux actionnaires d'une société (généralement cotée en Bourse) de leur racheter leurs actions à un prix donné ou de les échanger contre des actions de la société qui fait cette proposition (O.P.E., offre publique d’échange). Celui qui fait la proposition s'engage à prendre tous les titres qu'on lui proposera.

Le prix proposé est évidemment supérieur à celui que la cote actuelle des actions fait apparaître (exemple : OPA à 250 € sur une action cotée 200), et incite l'actionnaire à vendre.

Trois questions au moins méritent d'être posées à propos des OPA.

Quand y a-t-il risque d'OPA ?

Le risque d'OPA apparaît lorsque les documents comptables et les performances d'une société font apparaître un écart entre la valeur réelle de l'entreprise et sa valeur boursière : à tort ou à raison celui qui lance l'OPA estime que l'entreprise vaut davantage que ce qui apparaît à travers les cours de Bourse, ou qu'elle vaudra davantage dans le futur. La sous-évaluation boursière peut provenir d'une mauvaise connaissance par les dirigeants et les actionnaires du potentiel représenté par leur propre entreprise ; elle peut aussi être liée à l'endettement des entreprises : leurs charges financières les rendent déficitaires ou peu profitables, et un apport d'argent frais permettrait de les rentabiliser immédiatement. Enfin, elle peut résulter d'une politique maladroite des dirigeants à l'égard des actionnaires, en les privant de dividendes tangibles durant plusieurs exercices - apparemment ces actions ne rapportent rien à leurs titulaires.

Pourquoi les OPA ?

Quels sont les buts poursuivis par l'auteur de l'OPA ? Une distinction est à faire ici entre les OPA "inamicales" (le "chevalier noir") et "amicales" ("chevalier blanc"). Le "chevalier noir" veut s'emparer de l'entreprise, soit pour en expulser les dirigeants actuels et réaliser des profits plus substantiels que ceux dégagés par l'équipe en place, soit pour restructurer l'entreprise en vendant une part des actifs qu'elle possède, qui ont une valeur supérieure à la vente par rapport à celle affectée à l'exploitation actuelle (les terrains ou les immeubles possédés par la SNCF ont davantage de valeur sur le marché foncier ou immobilier que celle de l'exploitation des lignes de chemin de fer). Le "chevalier blanc" est au contraire là pour protéger les dirigeants actuels de l'entreprise, et permettent de prévenir une OPA en provenance d'un tiers jugé indésirable ; de plus, par son entrée dans l'entreprise, l'auteur de l'OPA peut insuffler des capitaux et des idées nouvelles et aider les gens en place. Le chevalier blanc n'est pas un philanthrope ; s'il fait cette OPA c'est parce qu'une OPA différente compromettrait ses propres affaires, ou que cette OPA lui permet un meilleur contrôle du marché et une augmentation de profits.

Les OPA sont-elles utiles ou nuisibles ?

Les OPA n'ont pas bonne presse, et l'opinion est assez hostile aux "raiders" (repreneurs). Il est vrai que certaines malversations peuvent se produire ; elles consistent tantôt à falsifier les documents comptables de la société "opéable" pour la déconsidérer aux yeux des actionnaires, tantôt à cacher une opération très bénéfique en cours de réalisation ("délit d'initié"). Ces malversations sont punies par la loi, et supposent un certain nombre de complicités (notamment politiques). Mais elles sont exceptionnelles, et ne doivent pas cacher l'utilité, voire la moralité des OPA.

L'utilité consiste à révéler aux entreprises quelle est leur vraie valeur, et à compenser les erreurs de jugement des opérateurs en Bourse. Une entreprise peut tirer parti d'une OPA en valorisant immédiatement des ressources qu'elle sous-employait jusqu'à présent ; elle lancera une contre-OPA, rassurera ses actionnaires : l'OPA est alors un avertissement salutaire. Si les dirigeants actuels sont incapables de tenir compte de l'alerte, ils s'exposent en effet à être éliminés par quelqu'un qui prétendra (à tort ou à raison, mais toujours à ses frais) faire mieux.

La moralité provient de ce que dans ce système, les propriétaires de l'entreprise sont toujours obligés de lui donner son efficacité maximale : les ressources ne doivent pas être gaspillées, et il est mauvais de stériliser les richesses que l'on possède. Le droit de propriété a pour corollaire le devoir de propriété et la responsabilité. Les OPA font ainsi peser une menace permanente sur les gestionnaires, et les forcent à mieux satisfaire les actionnaires et la clientèle.

Voilà pourquoi la "police des OPA" est une mauvaise chose ; elle permet à des autorités factices (du genre de la Commission des Opérations de Bourse, la COB) de juger arbitrairement du bien ou du mal-fondé d'une OPA, et peut protéger indûment des équipes en place. Si l'État veut faire quelque chose dans le domaine des OPA, qu'il laisse aux entreprises les moyens de se prémunir contre les OPA et de monter des anti-OPA en assouplissant les conditions financières et juridiques qui les pénalisent actuellement.

Bibliographie

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