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David Thesmar

De Wikiberal
David Thesmar
Économiste, Essayiste

Dates Né le 3 juillet 1972
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Tendance Libéral classique
Origine France France
Articles internes Liste de tous les articles

Citation « Ce qui est frappant dans [l]e phénomène de rejet de l’économie libérale, c'est à quel point il s’agit d’une singularité française.[..] Selon nous, l'exception anti-capitaliste française renvoie non pas à une « exception culturelle » intemporelle mais à l'exception historique des années d'après-guerre.. »
inter lib.org sur David Thesmar

David Thesmar (3 juillet 1972 -) est un économiste français.

Présentation

Il est diplômé de l'École Polytechnique en 1992 puis passe un master à l'ENSAE et à la London School of Economics. En 2000 il obtient un doctorat d'économie à l'école des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

Il est tout d'abord conjoncturiste au ministère des finances puis devient chercheur à l'Insee, dont il devient administrateur. Il a par la suite enseigné la finance d'entreprise et la macroéconomie à l'ENSAE, l'École Normale, l'École Polytechnique et à la London School of Economics.

Il est désormais professeur associé de finance et d'économie au groupe HEC. Ses thèmes de recherche actuels sont le gouvernement d'entreprise, l'organisation interne de l'entreprise, l'évaluation des réformes financières, et la finance des agents non rationnels.

Il a reçu le prix du meilleur jeune économiste de France en 2007[1]. Le 17 octobre 2007 il a reçu le prix HEC du chercheur de l'année 2007. En 2008, il remporte le prix de l'Institut Manpower pour l'Emploi[2].

Il publie régulièrement des tribunes d'inspiration libérale classique dans la presse française, souvent avec Augustin Landier.

Il est membre du CAE (Conseil d'analyse économique, conseil d'économistes auprès du premier ministre)[3].

Il est directeur scientifique du BNP Paribas Hedge Fund Centre.

Le Grand méchant marché

Il publie avec Augustin Landier Le Grand méchant marché en 2007. Ils s'intéressent dans cet ouvrage aux racines de l'antilibéralisme français contemporain, en passant par deux étapes : tout d'abord une revalorisation de ce que ses détracteurs nomment capitalisme financier, qui est, à rebours des idées reçues altermondialiste, un accélérateur de croissance et de prospérité. Se fondant sur des études récentes, ils montrent que la finance soutient l'emploi et l'économie en général.

Dans un second temps, ils s'intéressent au courant libéral français depuis les débuts de la révolution industrielle, et s'attachent en particulier à montrer que rien ne prédispose la société française à l'antilibéralisme. Selon les auteurs, l'antilibéralisme contemporain tire en fait sa source dans les Trente Glorieuses, période de forte croissance, associée faussement au dirigisme et qui tient plus de la récupération d'un retard accumulé. Ils mettent en avant à l'inverse les progrès effectués vers une économie libre enregistrés grâce à Jacques Rueff ou à la construction d'un marché européen.

Si le libéralisme est si mal accepté aujourd'hui en France, c'est d'une part à cause de cette association erronée entre croissance et dirigisme. Mais d'autre part aussi car la France est au milieu du gué : le refus des fonds de pension et l'inachèvement d'un certain nombre de réformes ont transformé l'économie française en un « capitalisme sans capitalistes ». L'économie appartient de plus en plus à des étrangers, transformant les Français en rentiers, hostiles à l'initiative. Dès lors, « pour rendre au capitalisme sa légitimité, il faut faire des Français les acteurs à part entière d'un capitalisme financier dont ils doivent être les premiers bénéficiaires. »[4]

Le livre a reçu un bon accueil lors de sa parution et a connu une nouvelle édition dans la collection Champs dès l'année suivante.

Citations

  • « Cette nouvelle pensée unique qu'est la révolte contre le « grand méchant loup » du libéralisme financier résiste mal à la confrontation aux faits. Le capitalisme financier n'est pas l'instrument du vieux conflit capital-travail qui hante le débat politique depuis plus d'un siècle. [..] Le capitalisme actionnarial n'induit pas non plus la myopie industrielle pour laquelle on le blâme, mais permet au contraire le financement de projets de très longue haleine. De manière générale, le constant quantitatif est univoque : la finance est l'amie de l'emploi, pas son fossoyeur. »[5]
  • « Ce qui est frappant dans [l]e phénomène de rejet de l’économie libérale, c'est à quel point il s’agit d’une singularité française.[..] Selon nous, l'exception anti-capitaliste française renvoie non pas à une « exception culturelle » intemporelle mais à l'exception historique des années d'après-guerre. »[6]
  • « En dépit d'une croyance fort répandue, ce n'est pas l'histoire qui nous prédispose à l'anti-libéralisme : il est utile de creuser le passé pour réaliser à quel point le libéralisme n'est pas un produit anglo-saxon. [..] Bien plus que nos racines culturelles anciennes, c'est selon nous en grande partie le souvenir nostalgique des Trente Glorieuses qui continue à faire rimer dans l'esprit de nos compatriotes économique mixte avec croissance. Or ce sont les circonstances exceptionnelles de la reconstruction d'après guerre qui faisaient de la planification un régime économique efficace. »[7]

Publications

Articles académiques

  • "Creative Destruction and Organization Change", Quarterly Journal of Economics, novembre 2000 (en coll. avec M. Thoenig).
  • "Evaluation d une politique éducative: la montée de la scolarisation en France 1982-1993", Annales d'Economie et de Statistique, mars 2002 (en coll. avec T. Magnac).
  • "Identifying Dynamic Discrete Choice Models", Econometrica, mars 2002 (en coll. avec T. Magnac).
  • "Changes in the Functional Structure of Firms and the Demand for Skill", Journal of Labor Economics, juillet 2004, vol. 22, n° 3 (en coll. avec E. Maurin).
  • "On the Relation Between Organisational Practices and New Technologies: the Role of (Time Based) Competition", Economic Journal, janvier 2006, vol. 116, n° 508, pp. 128-154 (en coll. avec P. Askenazy, M. Thoenig).
  • "Banking deregulation and Industry Structure: Evidence From the French Banking Act of 1985", Journal of Finance, avril 2007, vol. 62, n° 2, pp. 597-628 (en coll. avec M. Bertrand, A. Schoar).
  • "Performance and Behavior of Family Firms: Evidence From the French Stock Market", Journal of the European Economic Association, juin 2007, vol. 5, n° 4, pp. 709-751 (en coll. avec D. Sraer).
  • "From Flexibility to Insecurity: How Vertical Separation Amplifies Firm Level Uncertainty", Journal of the European Economic Association, décembre 2007, vol. 5, n° 6 (en coll. avec M. Thoenig).

Livre non académique

Notes et références

  1. David Thesmar, prix du meilleur jeune économiste de France, HEC Paris
  2. Interview de David Thesmar
  3. Acrobat-7 acidtux software.png [pdf]Présentation sur le site du CAE
  4. Le Grand méchant marché, 4e de couverture
  5. Thesmar & Landier, Le Grand méchant marché, édition 2007, p. 8-9
  6. Thesmar & Landier, Le Grand méchant marché, édition 2007, p. 9
  7. Thesmar & Landier, Le Grand méchant marché, édition 2007, p. 172-173

Liens externes


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