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Philip Cortney

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Philip Cortney
Industriel, financier, économiste

Dates (1895-1971)
Philip-Cortney.png
Tendance
Origine Roumanie Roumanie
France France
États-Unis États-Unis
Articles internes Autres articles sur Philip Cortney

Citation
inter lib.org sur Philip Cortney

Philip Cortney est né en Roumanie[1] le 16 Janvier 1895 et décédé le 15 juin 1971 à Genève (Suisse) dans sa soixante-dix-septième année. C'était un industriel dans l'industrie du cosmétique, financier et économiste.

Un citoyen francophone favorable au commerce international

Il a entretenu avec la France une relation étroite, premièrement par l'apprentissage de la langue, le français, deuxièmement par son éducation. Il fut ingénieur diplômé de l'université de Nancy en 1916. Troisièmement par son engagement dans les forces armées françaises durant la première guerre mondiale et quatrièmement pour ses premières expérience professionnelles. Il a débuté sa carrière d’ingénieur dans une entreprise d’équipement électrique à Paris. En 1922, il fut associé fondateur d'une société franco-belge exportatrice d'acier et à partir de ce moment, il fut impliqué dans le management, le commerce international et la finance. Il rejoint la Banque Transatlantique à Paris en 1931 où il fut administrateur et membre du comité exécutif de la Banque, de 1932 à 1940. Autres points de la relation étroite de Philip Cortney avec la France. Il épouse Marcelle Denya en 1938, célèbre actrice et cantatrice française de l'Opéra de Paris. il fonde, en 1947, La Maison de France pour améliorer la coopération économique et commerciale entre les États-Unis et la France. Il crée également la Fondation des bourses du Marquis de Lafayette afin d'aider les étudiants français à étudier et à voyager aux États-Unis. A juste retour des choses, la France lui décerne l'honneur de devenir commandeur de la Légion d'honneur qu'il accepta avec fierté.

Il s'est exilé à New York alors que la France s'effondrait en 1940 face aux troupes allemandes et la menace qui reposait sur lui en tant que descendant juif. Par l'intermédiaire de son frère aîné Léon[2], il est alors devenu directeur des succursales américaines de "Coty", le parfumeur français. Il a présidé les sociétés liées à la parfumerie, "Coty Inc." et "Coty International" aux Etats-Unis, et "Coty S.A." en France. Il devient citoyen américain en 1946 et change son nom en Philip Cortney, pour s'assimiler à la culture américaine.

En 1957, il succède à Thomas J. Watson à la présidence du conseil américain de la Chambre de commerce internationale. Retraité à Genève les dix dernières années de sa vie, il avait continué à mener une vie active et avait écrit de nombreux articles sur son sujet de prédilection, la balance des paiements internationaux.

Ses relations avec l'école autrichienne d'économie

Se retrouvant avec du temps libre à New York alors que le parfum était classé au bas des priorités de production de guerre, Philip Cortney s'est tourné vers l'Université Columbia pour commencer des études en sciences politiques, en droit international et en économie monétaire, ce qui étaient depuis longtemps sa vocation. Il est devenu un ardent défenseur de l'étalon-or et de la libre convertibilité des monnaies et un critique acerbe de l'économie keynésienne.

Philip Cortney devient le directeur du National Industrial Conference Board et de la National Association of Manufacturers (NAM). C'est à cette occasion qu'il rentre en relation plus étroite avec Ludwig von Mises qui était lui-même consultant pour cette organisation. Ami de Ludwig et de Margit von Mises, ses idées étaient proches de celles de l'école autrichienne. Il a également soutenu financièrement la Foundation for Economic Education en 1958. Il est l'auteur du livre "The Economic Munich" (1949) et de nombreux articles, dont certains dans le journal français, "Le Monde". Comme Jacques Rueff, il soutenait la thèse d'une monnaie indexée sur l'or et il regrettait que le système du Gold Exchange Standard soit défaillant. Il avait suggéré, dès 1964, de doubler le prix de l'or. Dans les colonnes du journal "Le Monde" du 9 mars 1971, il mettait en garde les dangers d'une inflation désordonnée qui s'accompagne généralement d'une société à régime autoritaire.

Le droit humain sur son propre capital

Son ouvrage, "Le Munich économique" fut un remarquable engagement pour les droits de l'homme. Philip Cortney a fait l'éloge de la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies comme un jalon dans le droit de l'homme à la liberté et à la dignité humaine. Mais il condamna la manière dont la Charte de La Havane faisait du plein emploi une sorte de droit humain sacré. Philip Cortney a réagi contre les prescriptions du FMI à Bretton Woods qui prévoyaient d'utiliser le contrôle des capitaux. Par conséquent, Philip Cortney ajouta sa propre déclaration des Droits de l'homme et proposa que le contrôle des changes en temps de paix soit considéré comme un acte d'agression et une violation des droits de l'homme en droit international. Par contrôle des changes, il entendait le contrôle des capitaux, c'est à dire le droit de changer une monnaie avec une autre monnaie, en particulier dans le but de transférer l'argent au-delà d'une frontière nationale.

La stratégie rhétorique de Philip Cortney fut de recadrer la question économique en une question des droits de l’homme. Il a lié le contrôle des capitaux au droit de quitter un pays en tant que tel. Parce que le droit de quitter un pays est, à toutes fins pratiques, le droit d'emporter tous ses effets personnels. L'auteur soutient donc qu'il faut, en toutes circonstances, être autorisé à échanger et à exporter des capitaux. Il décrit le droit d'émigrer comme la base de tous les autres droits de l'homme, notant que celui-ci est inclus dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (article 13). Mais, il suggère que cela aurait dû aller plus loin en le liant à une condition préalable nécessaire : le droit de libre circulation des capitaux. Cortney proposait effectivement le droit humain sur son propre capital.

Dans un climat d'après-guerre préoccupé par le droit des réfugiés et des demandeurs d'asile à rester dans leur pays d'adoption une fois qu'ils ont échappé au danger, l'ingéniosité de Cortney fut d'imaginer, ce qui n'était pas inclus comme un droit économique, un nouvel aspect de la constitution économique du monde. Il considéra l'argent traversant les territoires comme un élément de propriété faisant partie de la sphère économique qui transcende la juridiction administrative et politique. Dans son interprétation, le capital exige la protection des droits universels. C'est pourquoi il en appelait à la constitutionnalisation des principes du libre marché, exigeant que le contrôle des changes soit interdit dans les constitutions nationales.

Annexes

Notes et références

  1. Son nom de naissance est Philippe Katz. Avec son frère Léon, ils decidèrent de prendre un nom d'emprunt, Cotnareanu, en référence au vignoble de Cotnari, près de Iasi, en Roumanie
  2. Léon avait épousé Yvonne Coty, qui tenait sa fortune de son ancien mari (François Coty) dont elle avait divorcé. Elle détenait des parts dans le journal "Le Figaro", ce qui la faisait la propriétaire en titre. Léon Cotnareanu est alors devenu le véritable homme fort du Figaro.

Publications

  • 1949, "The Economic Munich: The I.T.O. Charter, Inflation or Liberty, The 1929 Lesson", New York: The Philosophical Library

Littérature secondaire

  • 2020, Clotilde Druelle-Korn, "Assurer l’influence des milieux d’affaires français aux États-Unis au sortir de la guerre : Ernest Mercier et Philip Cortney, 1944-1955", Relations internationales, Vol 2020/1, n°181, pp5-21