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Politique industrielle

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La politique industrielle est une stratégie gouvernementale visant à influencer et à soutenir le développement de l'industrie dans un pays. Elle peut prendre différentes formes et avoir divers objectifs, mais son but principal est généralement de stimuler la croissance économique, de créer des emplois et de renforcer la compétitivité de l'industrie nationale. Voici quelques-uns des aspects clés de la politique industrielle et certains de ses inconvénients potentiels :

La politique industrielle vise généralement, sur le papier, la promotion de l'industrie nationale et la défense d'emplois locaux. Elle peut se coupler avec un « protectionnisme éducateur » dans la lignée des idées de Friedrich List, bien que cette pratique soit très largement critiquée par les économistes de tous bords pour son inefficacité.

Si ses objectifs sur le papier peuvent sembler louables, la politique industrielle rencontre de nombreux problèmes :

  • Distorsion du marché : l'intervention gouvernementale favorise certaines industries, en leur octroyant des avantages, généralement au détriment des consommateurs. En demandant à des fonctionnaires de décider de l'allocation des ressources économiques, on aboutit généralement à des résultats mauvais, comme le « Plan Calcul » lancé en 1966 par Charles de Gaulle et dans lequel la France engloutit des dizaines de milliards € de 2023 pour devenir un leader de l'informatique, sans succès.
  • Favoritisme et corruption : puisque les critères économiques et financiers sont relégués au second plan derrière des critères politique, le risque de favoritisme, de défense de certains intérêts particuliers ou de corruption explose, comme l'illustre la Pétition des fabricants de chandelle de Frédéric Bastiat
  • Inefficacité : la mise en œuvre de ces politiques industrielles se révèle extrêmement coûteuse pour les pays y ayant recours, en particulier si elle implique des subventions, des incitations fiscales ou des investissements dans des infrastructures industrielles

Exemples de politiques industrielles

Affectés par un biais du survivant très logique, on ne se souvient généralement que des politiques industrielles plutôt réussies (comme le nucléaire en France). L'écrasante majorité des politiques industrielles furent et sont encore pourtant des échecs clairs :

Caricature du magasine satirique soviétique Krokodil sur les objectifs de clous
  • Le Grand Bond en avant en Chine (1958-1961) : Sous le leadership de Mao Zedong, la Chine a lancé une politique industrielle massive visant à transformer rapidement le pays en une puissance industrielle. Cependant, cette politique a entraîné une série de catastrophes, notamment des famines massives dues à la collectivisation agricole et des pertes humaines estimées à des millions.
  • Les plans quinquennaux de l'Union soviétique : L'Union soviétique a mis en œuvre une série de plans quinquennaux visant à industrialiser rapidement le pays. Ces plans ont officiellement atteint leurs objectifs de développer une industrie lourde, mais de la plus mauvaise manière qui soit. Le journal satirique soviétique Krokodil publia ainsi un jour le dessin d'un atelier fabriquant des clous, avec, suspendu au plafond, un clou - et un seul - énorme sous lequel une pancarte triomphale annonçait : « le plan mensuel est atteint ». Au lieu de 5 tonnes d'un clou, un clou de 5 tonnes... Sans mécanisme du marché pour aligner l'offre et la demande, la politique industrielle débouche sur une production inadaptée, et des pénuries de biens de consommation et un niveau de vie médiocre pour de nombreux Soviétiques.
  • La politique d'autosuffisance alimentaire au Zimbabwe dans les années 1990 : Le Zimbabwe a mis en œuvre une politique visant à atteindre l'autosuffisance alimentaire en expropriant les terres agricoles commerciales et en les redistribuant aux citoyens. Cette politique conduisit à une baisse drastique de la production agricole, à des pénuries alimentaires et à une crise économique majeure.
  • La politique d'importation de la Roumanie de Nicolae Ceaușescu : Le régime communiste de Ceaușescu en Roumanie a mené une politique d'importation massive de biens étrangers tout en négligeant la production nationale. Cela a entraîné une dette extérieure écrasante et une économie en déclin.
  • La politique de substitution des importations en Amérique latine : De nombreux pays d'Amérique latine ont suivi une stratégie de substitution des importations visant à promouvoir l'industrialisation nationale en limitant les importations de biens manufacturés étrangers. Cette politique a souvent abouti à la création d'industries inefficaces et à des marchés protégés, ce qui a entravé la compétitivité et la croissance économique à long terme.
  • Politique agricole commune (PAC) de l'Union européenne : La PAC de l'Union européenne, lancée dans les années 1960, avait pour objectif de promouvoir la sécurité alimentaire en Europe en soutenant l'agriculture. Cependant, elle a été critiquée pour ses subventions excessives, son manque d'efficacité et son impact négatif sur les marchés mondiaux, notamment en subventionnant la surproduction agricole.
  • Politique de nationalisation sous le gouvernement de François Mitterrand (1981-1983) : Lors de son arrivée au pouvoir, le président François Mitterrand met en œuvre une politique de nationalisation de plusieurs grandes entreprises, notamment dans les secteurs de la banque, de l'industrie et de l'énergie. Cette politique visait à renforcer le contrôle de l'État sur l'économie et à protéger l'emploi, et aboutit à des résultats catastrophiques, culminant dans l'affaire du Crédit Lyonnais et un retour en arrière complet avec la privatisation de toutes les sociétés nationalisées.
  • La fusion d'Alstom avec General Electric : En 2015, Alstom, une grande entreprise française spécialisée dans les transports et l'énergie, a été fusionnée avec General Electric (GE) dans le cadre d'un accord qui a suscité des inquiétudes quant à la perte de souveraineté industrielle de la France. Les retombées de cette fusion ont été mitigées, avec des pertes d'emplois dans certaines régions françaises et des préoccupations concernant l'avenir de l'industrie nationale. En 2024, l’État préside au rachat d'une large part des mêmes actifs, pour un prix deux fois et demi supérieur à celui de leur vente, parrainée alors aussi par Emmanuel Macron[1]
  • Plus largement, la politique du nucléaire en France est une illustration claire de faillite de politique industrielle ; alors que son importance pour faire face au réchauffement climatique est reconnue par le GIEC, le même Emmanuel Macron préside à la fermeture de Fessenheim et à un plan de fermeture de centrales nucléaires, avant de virer casaque et de vouloir, à partir de 2023, relancer la construction de nucléaire
  • Galileo, système européen poussé par les politiques et voulu comme une alternative au système GPS, enchaine retards, surcoûts et problèmes, pour n'être finalement plus qu'un système complémentaire du GPS

Informations complémentaires

Notes et références

Voir aussi

Liens externes


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