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Sylvie Brunel

De Wikiberal
Sylvie Brunel
Géographe, économiste, romancière

Dates 1960
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Tendance
Origine France France
Articles internes Liste de tous les articles

Citation « Le développement durable, tel qu'il est décliné aujourd'hui au quotidien, n'est d'abord qu'un vaste retour en arrière. »
inter lib.org sur Sylvie Brunel

Sylvie Brunel, né le 13 juillet 1960, est une géographe et économiste du développement française. Sans être spécifiquement libérale, sa pensée rejoint par certains points des idées libérales dans la critique de l'idéologie environnementaliste ou humanitaire. S'il peut y avoir accord sur certaines critiques, les directions préconisées divergent notablement.

Biographie

Sylvie Brunel est titulaire d'une maîtrise en droit public, est agrégée en géographie, docteur en économie et diplômée du Centre de formation des journalistes.

Elle a également travaillé pendant plus de quinze ans dans l'action humanitaire. De 1984 à 1989, Sylvie Brunel travaille pour Médecins sans frontières puis de 1989 à 2002 pour Action contre la faim (ACF) en tant que conseillère stratégique, directrice entre 1992 et 1993 et présidente de juin 2001 à mars 2002. Guy Sorman avait été parmi les co-fondateurs de cette association en 1979.

De 2002 à 2007, elle est professeur à l'Université Paul Valéry de Montpellier (Montpellier III) et, de 1988 à 2007, à l'Institut d'études politiques de Paris. Elle est professeur des universités en géographie à l'Université Paris IV-Sorbonne depuis 2007.

Elle est administratrice de la société de géographie. Elle était l'épouse de l'ancien député socialiste et actuel ministre Éric Besson. Elle élève également des chevaux dans la Drôme.

Développement économique

Searchtool-80%.png Article connexe : Aide publique au développement.

Humanitaire

Développement durable

En 2008, elle publie dans la collection A dire vrai de Larousse dirigée par Jacques Marseille un ouvrage A qui profite le développement durable. Elle y développe une vision critique du développement durable, s'interrogeant en particulier sur ses fondements idéologiques :

  • elle s'oppose ainsi à la dualité entre un état de nature idéalisé et un homme vu comme un parasite. Elle souligne à l'inverse que l'action humaine peut être utile pour la bio-diversité et réhabilite les bienfaits du développement économique[1]. La nature sauvage est dangereuse et non pas bienveillante et c'est l'action de l'homme qui est essentielle.
  • elle estime en outre que l'invocation du développement durable peut servir de paravent à la défense des intérêts des pays du Nord contre ceux du Sud, en particulier aux riches des pays du Nord, aux entreprises et aux ONG de l'humanitaire. Pour Sylvie Brunel, le développement durable « légitime un certain nombre de barrières à l'entrée ». Le développement durable offre ainsi un prétexte au protectionnisme des pays développés[2].

Le développement durable tel qu'il est actuellement présenté sert donc les intérêts des riches plus que ceux des pauvres, qu'ils soient dans le Tiers Monde ou dans les pays développés. Il permet de verrouiller les situations des acteurs établis, à l'inverse de la volonté libérale.

Pour atteindre vraiment ses objectifs, le développement durable doit cesser d'être un gadget « écolo-responsable », une religion avec ses fanatiques néo-convertis ou une culpabilisation allant jusqu'à la déformation, à la peur et au « flicage »[3]. Mener une politique de développement durable efficace, ce ne doit donc pas consister à rechercher « un vaste retour en arrière » comme c'est actuellement le cas selon elle, mais prendre en compte tous les éléments, en particulier la dimension sociale[4]. Pour elle, « il faut toujours garder présent à l'esprit que sa finalité doit être l'humaine. La planète n'existe pas indépendamment de l'homme »[5].

Le développement durable doit donc passer par une réflexion en profondeur de nos modes de production qui prenne en compte cet impératif social. Dans la même veine, elle rappelle qu'il ne suffit pas d'invoquer l'écologie pour justifier des actions mais que les choix effectués doivent se fonder sur une réflexion globale. Ainsi, elle note que le choix d'approvisionnement entre le supermarché et le petit producteur sur des critères écologiques « penche en réalité en faveur de l'hypermarché, qui concentre en un seul lieu la totalité des produits et s'approvisionne lui-même en jouant sur les économies d'échelle »[6].

Les libéraux seront particulièrement sensibles aux risques très importants pour la liberté de l'individu que la défense d'un développement durable même modéré peut comporter. Or Sylvie Brunel n'écarte pas la possibilité d'avoir recours à l'action étatique pour imposer aux individus comment se comporter vis-à-vis de l'environnement, comme si des planificateurs centraux pouvaient mieux définir pour des milliards d'individus ce qui est bon pour eux. Au contraire, la volonté d'une réflexion « globale » qu'elle exprime risque de conduire à la conclusion du besoin d'une autorité centrale planificatrice. Or, comme le remarquait Václav Klaus, « Les alarmistes du climat croient en leur propre omnipotence. Ils se disent qu’ils savent mieux que des millions d’êtres humains se conduisant rationnellement ce qui est bien ou mal, et ils ne doutent pas de leur propre aptitude à assembler toutes les données requise dans le Bureau central de la règlementation climatique en utilisant de gros ordinateurs, et à donner depuis là des instructions adéquates à des millions d’individus et d’institutions. »[7] Par ces mesures, c'est la liberté qui est menacée. Pas l'environnement.

Citation

  • « Le développement durable, tel qu'il est décliné aujourd'hui au quotidien, n'est d'abord qu'un vaste retour en arrière. Vous pouvez vous consoler en pensant à votre grande solidarité de destin avec les femmes africaines. »[8]

Notes et références

  1. Sylvie Brunel, A quoi sert le développement durable, Larousse, 2008, p.78 et suivantes
  2. "Les enjeux internationaux", entretien avec Sylvie Brunel sur France Culture, 11 juin 2008
  3. Brunel, 2008, p.38
  4. Brunel, 2008, p.29 et 39
  5. Brunel, 2008,p.39
  6. Brunel, 2008, p.26-27
  7. Discours prononcé le 4 mars 2008 à la Conférence internationale sur la changement climatique à New York
  8. Brunel, 2008, p.29

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

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