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Développement durable

De Wikiberal

Le « développement durable » (ou développement soutenable) est, selon la définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland :

« un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »

Autrement dit, il s'agit, en s'appuyant sur des valeurs (responsabilité, participation et partage, débat, partenariat, innovation, pérennité, réversibilité, précaution et prévention et solidarité ; sociale, géographique et transgénérationnelle) d'affirmer une approche double et conjointe :

  • Dans l'espace : chaque habitant de cette terre a le même droit humain aux ressources de la Terre ;
  • Dans le temps : nous avons le droit d'utiliser les ressources de la Terre mais le devoir d'en assurer la pérennité pour les générations à venir.

Des écologistes et autres personnalités de divers bords politiques considèrent le terme « développement durable » comme un oxymore, certains préférant le qualificatif de soutenable à celui de durable.

L'idée de protection des droits des générations futures

Pour que les générations futures puissent bénéficier des mêmes conditions matérielles, environnementales, etc. que la génération actuelle, notre génération actuelle ne doit pas gaspiller les ressources. Il s'ensuit que la génération future possède un droit exécutoire sur le génération présente, un droit collectif de toute une génération qui n'est même pas encore née, des non-vivants dont nous savons qu'ils viendront à exister par la connaissance de la procréation humaine. Toutefois nous savons aussi que des non-vivants n'ont pas les attributs pour être sujets de droit, puisqu'ils ne peuvent même pas demander de naître, ils ne peuvent même pas connaître ce qu'est un droit, ce qu'est la vie : ils ont tout simplement le droit de naître. La procréation humaine attribue seulement ce droit.

Nous voyons qu'il s'agit de traduire les revendications morales des générations futures, revendications d'une multitude de personnes non-vivantes mais une fois constitués en tant que vivantes seront dans l'obligation de respecter le droit des "morts" et, à la fois, les droits des non-existants, ce qui, logiquement, revient au même point. Droit fantôme, faux droit ou droit réel ? sûrement un "droit" qui hantera les esprits pour des siècles et des siècles, durablement.

Ainsi dans l'enchaînement intergénérationnel nous retrouvons les potentiels vivants, Pierre, Paul et Jacques qui doivent maintenir exactement le même environnement tel qu'il existe au temps de nos Pierre, Paul et Jacques actuels, c'est l'idée de durabilité. Car dans le sombre tableau des catastrophes écologiques à venir la parfaite égalité de ressources entre hier, aujourd'hui et demain doit être maintenue.

Seuls les êtres ayant l'omniscience de la conscience, comme les écologistes et le gouvernement écologiste, pourront décider ce qui durable de ce qui n'est pas durable, car il nous restera toujours peu de temps pour apporter des mesures coûteuses et correctives afin d'éviter les catastrophes qu'on ne peut pas encore prévoir avec toute la certitude scientifique. De cette manière une grande planification mondiale de l'environnement est en cours pour nous apporter, dans notre destin tragique commun, un développement écologique durable.

Les politiques environnementales

S'appuyant sur des nouvelles normes et réglementations, les politiques environnementales tendent à élargir le champs de l'interventionnisme étatique. Le champs d'action interventionniste passe par une plus grande pression fiscale, par des effets pénalisants envers les entreprises ou les particuliers qui ne respectent pas les quotas fixés par les pouvoirs publics.

La problématique de l'équité intergénérationnelle

Imaginons un monde où chaque génération se mettrait à demander des comptes aux générations passées, un monde où le droit d'accusation des générations passées soit généralisé, peut-on vraiment demander aux générations passées, accusées de nos malheurs présents, une compensation, un droit de réparation ? La majorité des promoteurs de l'idée de développement durable pense que oui. Ce genre de considérations ne va pas sans conséquences et quelques incohérences.

Les générations présentes sont présumées avoir une responsabilité éthique envers les générations futures, ce qui implique de maintenir, au sens large, un « stock » déterminé pour soutenir un « revenu » pour les générations futures. Ce qui implique, deuxièmement, une augmentation de la réglementation gouvernementale, de la fiscalité et des dépenses publiques tendant à réduire les incitations privées à sauvegarder et assurer l'avenir.

L'idée de « répondre aux besoins des générations actuelles et à venir » doit être traitée avec soin, car dans le panier « besoins » on peut inclure un peu de tout de façon exagérée, oubliant l'aspect essentiel de l'économie qui est par définition la gestion de la rareté. Il suffit d'imaginer que par « besoins » on puisse entendre aussi « désirs » et « envies » et on y ajoute de la confusion dans l'analyse de ce que signifie réellement ces besoins. Si on ajoute encore l'idée de ce que les gens doivent avoir comme besoins, notamment par le biais des politiques sociales, le terme « besoin » peut alors couvrir une immensité de définitions, toujours allant dans le sens, bien évidemment, convenu par ceux qui traitent des sujets corrélatifs.

La nature interventionniste du concept de « responsabilité intergénérationnelle », où la soutenabilité doit être comprise comme un bien public ou une responsabilité publique, est clairement perçue et se réfère implicitement aux dépenses que le gouvernement doit allouer, cette allocation est appelée « investissement ».

La conservation dite « optimale » des ressources est supposée être connue, observable et empiriquement vérifiable, offrant une base sur laquelle les politiques de « développement durable » doivent s'appuyer ou tout au moins s'inspirer. La première difficulté de cette approche est qu'elle présume comprendre, expliquer et « mesurer » la conservation optimale économique des ressources épuisables. Est épuisable ce « stock » fixe connu ce qui implique forcément que plus elle est utilisée dans le présent moins elle sera disponible dans le futur, cela suppose aussi de définir un compromis précis et observable entre le bénéfice net marginal de l'utilisation des ressources dans le présent avec le bénéfice net marginal d'avoir les ressources disponibles pour une utilisation future. Tout cela suppose que les autorités planificatrices gouvernementales, aussi bien aujourd'hui qu'à tout instant dans le futur, soient en mesure de savoir quel est le taux optimal d'extraction ou de production, même en vue des extractions et productions futures, par la mise en place d'un calendrier optimal, au même temps tout l'avenir doit être prévisible et déterminé ainsi que toutes les évaluations espérées : en quelque sorte il n'y a plus ni de passé ni d'avenir, l'échelle du temps doit rester en quelque sorte figée. Nous pouvons nous apercevoir, sans grande difficulté, que le concept de développement durable peut inspirer n'importe quel auteur de science-fiction.

On peut même aboutir à une absurdité logique si l'on pousse le raisonnement à ses extrémités : si l'on décrète que telle ressource épuisable ne devrait plus être utilisée pour "protéger les droits des générations futures", ce décret, s'il est cohérent, vaut également pour toute génération future à l'égard des générations "encore plus futures qu'elle", en sorte qu'aucune ressource épuisable d'aucune sorte ne devrait jamais être utilisée par aucune génération. La vérité est que tout emploi d'une ressource épuisable a peut-être un impact sur les générations futures, et qu'on est incapable d'évaluer cet impact. En toute probabilité, le progrès technique relativise cet impact.

Bibliographie

Citations

  • L'idée du développement durable suppose une nature charmante et attentionnée, une nature aisément violée par la technologie, l'industrie, le capitalisme et le modernisme. Elle suppose une nature qui protégera automatiquement les forêts tropicales, les baleines et les espèces en voie de disparition si nous autres humains modernes avides maîtrisons nos convoitises consuméristes. Si nous nous débarrassons de nos SUV et de nos usines, cette vision du monde nous dit que la nature retournera à la verdure et à la sécurité d'un ancien paradis perdu. Mais cette vision de la nature n'est pas vraie. La nature n'est pas un protecteur maternel. La nature est tout le contraire. Elle nous lance des courbes et défie notre créativité... Mère Nature ne construit pas des jardins d'Éden éternels pour les éco-conscients. Mère Nature est la mère de la catastrophe... Le niveau de CO2 il y a 1,4 milliard d'années était au moins dix à 200 fois plus grand qu'il ne l'est aujourd'hui, dix à 200 fois supérieur à ce qu'il est projeté d'être dans quelques décennies même si nous continuons à vomir les émissions produites par notre économie hyper-industrielle. Quand les niveaux de CO2 auront de nouveau grimpé à ce point — et ils le feront, un jour, avec ou sans nous — ils feront fondre la glace de cette planète, submergeront nos villes, transformeront nos régions céréalières en marécages, et pourraient bien nous empoisonner avec les dernières respirations que nous serons capables de prendre. Ils feront tout cela en dépit des traités de Kyoto et en dépit de toute réduction de la production humaine de CO2 dont nous sommes capables... (Howard Bloom, « Au diable le développement durable ! », conférence à l'Université de Yale, le 7 mai 2005)

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