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T. S. Ashton

De Wikiberal
T. S. Ashton
Historien Economiste

Dates (1899-1968)
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Tendance
Origine Royaume-Uni Royaume-Uni,
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Citation
inter lib.org sur T. S. Ashton

T. S. Ashton ou Thomas Southcliffe Ashton est né en 1899 et décédé en 1968. Il était un économiste historien qui étudia la période de 1760 à 1830, notamment la période de la révolution industrielle.

L'histoire au-delà d'un récit décrivant une fatalité

T.S. Ashton a étudié à Ashton-under-Lyne puis à l'université de Manchester. Il a été assistant à l'université de Sheffield de 1912 à 1919, puis successivement à l'université de Birmingham, à l'université de Manchester et à la London School of Economics où il fut professeur d'histoire économique de 1944 à 1954. C'est à cette époque là qu'il rencontra Friedrich Hayek.

Le futur prix Nobel d'économie remarqua que l'histoire influence les politiques économiques de l'Etat. Il rassembla donc les contributions de plusieurs historiens économiques dont T. S Ashton et Louis Hacker, des économistes William H. Hutt et Bertrand de Jouvenel dans un livre remarquable, Le capitalisme et les historiens, paru en 1954. Les auteurs s'attaquent à la fausse idée largement répandue que le libre marché (le capitalisme) rend les gens moins bien lotis de leur sort et que la réglementation gouvernementale est nécessaire pour résoudre ceci. Le livre raconte comment les gens ont volontairement migré des zones rurales pauvres vers les usines, échappant à une mort probable précoce ou, du moins, à une très grande pauvreté. Bien que le travail en usine était très difficile, les ouvriers ont pu obtenir une vie meilleure et plus longue. Chiffre à l'appui, T. S. Ashton indique que de 1790 à 1830, le coût de la vie a augmenté de 11% et le niveau des salaires de 43%. Ceci signifie que le salaire réel (Salaire brut moins l'inflation) a augmenté significativement tout comme la qualité des produits qui s'est améliorée. L'ouvrier était moins meurtri physiquement à la fin de sa vie que son compatriote paysan.

T. S. Ashton s'oppose aux vues de Werner Sombart et de Joseph Schumpeter qui écrivent "l'Histoire", comme si cette discipline d'étude consiste à simplement exposer la gradualité de la fatalité. Au contraire, T. S. Ashton soutient que ce sont les actions spontanées et les choix des gens ordinaires qui font avancer le progrès.

Dans ses différents écrits, T. S. Ashton montre que la révolution industrielle n'a pu se réaliser sans une transformation engendrée par des entrepreneurs qui lui ont donné naissance. Ces entrepreneurs influencés religieusement ou par la science (inventeurs) étaient intégrés dans cette grande société caractérisée par un fort mouvement de mobilité et de troubles politiques. Après une ère gagnée par le politique, la période de la révolution industrielle incarne la prédominance de l'économique couplée à l'esprit scientifique. Le terme de révolution incarne aussi l'idée d'une accélération de rythme. T. S Ashton met en valeur l'entrepreneur en tant qu'homme d'action et non l'ideal type d'une fonction économique abstraite. Il montre également que le décollage économique s'est accompagné avec la baisse des taux d'intérêt. En 1600, les taux d'intérêt étaient de 10%, en 1651 : 6%, en 1714 : 5% et en 1750, de 3% seulement. Cela fut le résultat du détour de production progressif de l'économie, continuant son processus sain tant que la création monétaire n'était pas perturbée par l'intervention de l'Etat.

T. S. Ashton montre que ce n'est pas le marché financier qui a déclenché la révolution industrielle mais l'inverse. En effet, chronologiquement le "Stock Exchange" (la bourse de Londres) ne fut officiellement créée qu'en 1753 et les banques provinciales ne se sont développées que vers 1780. Elles furent les conséquences et non les causes antécédentes de la révolution industrielle. L'auteur signale donc que les historiens ont eu tendance à surestimer l'apport des capitaux dans l'industrie, tout au moins à son commencement.

Publications

  • 1914, avec S. J. Chapman, "The Sizes of Businesses, Mainly in the Textile Industries", Journal of the Royal Statistical Society, Vol 77, n°5, Apr., pp469-555
  • 1929, avec Joseph Sykes, The Coal Industry, Manchester University Press
  • 1934, Economic and Social Investigations in Manchester 1833 - 1933
    • Nouvelle édition en 1977, Augustus M Kelley
  • 1939, An Eighteenth-Century Industrialist: Peter Stubs of Warrington 1756 - 1806
  • 1945, "The Bill of Exchange and Private Banks in Lancashire, 1790-1830", The Economic History Review, Vol 15, n°1/2, pp25-35
  • 1948, The Industrial Revolution (1760 - 1830), New York: Oxford University Press
    • Traduit en français en 1955, par F. Durif, Paris: Plon
  • 1949, « The Standard of Life of the Workers in England. 1790-1830 », The Journal of Economic History, Vol 9, Supplement: The Tasks of Economic History, pp19-38
    • Repris en 1954, « The Standard of Life of the Workers in England, 1790-1830 », In: Friedrich Hayek, dir., Capitalism and the Historians,Chicago: The University of Chicago Press
  • 1954, « The Treatment of Capitalism by Historians », In: Friedrich Hayek, dir., Capitalism and the Historians, Chicago: University of Chicago Press
    • Nouvelle édition paperback en 1963
  • 1955, An Economic History of the Eighteenth Century, New York: Barnes and Noble
  • 1959,
    • a. Economic Fluctuations in England 1700 - 1800
    • b. Economic His­tory of England: The 18th Century, Methuen & Co.
  • 1960, English Overseas Trade Statistics 1697 - 1808

Littérature secondaire

  • 1930, Demangeon Albert, commentaire du livre de T. S. Ashton et J. Sykes, « The Coal industry of the Eighteenth Century », Annales d'histoire économique et sociale, Vol 2, n°6, pp 302-306
  • 1950, Claude Fohlen, commentaire du livre de T. S. Aston, The industrial revolution (1760-1830), Économies, Sociétés, Civilisations, Vol 5, n°3, pp 389-391