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Afrique

De Wikiberal.

Durant la Guerre froide, le continent africain fut le champ privilégié d'expérimentations pour les marxistes africains formés dans les universités françaises et russes. L'Ethiopie figure parmi les pays qui ont payé les plus lourds tributs à cette marche forcée vers le communisme. De l'assassinat de l'empereur, Hailé Selassié, en 1975 à la fin du règne du marxiste Mengistu en 1991, 30 millions de personnes furent déplacées, et plus de 300 000 périrent de famines ou furent exécutés par les bras armés du régime politique.

Au Mozambique, le départ des portugais en 1975 a coïncidé avec l'avènement d'une "démocratie populaire" et plongea le pays dans la guerre civile. 900 000 habitants furent tués, 3 millions de personnes furent déplacées et 75% du territoire fut détruit. Au Congo, en Guinée ou au Bénin, trente ans de pouvoir communiste ont jeté des dizaines de milliers de personnes en prison pour délit d'opinion. Le système économique atrophié a ruiné les habitants, et dans certains cas, le régime autocratique a conduit à des massacres planifiés.

Dans le meilleur des cas, la plupart des pays africains ont subi des problèmes économiques d'une autre nature. Les gouvernements, saisissant le pouvoir au moment de la décolonisation, sans autre forme de culture politico-économique, que celle que les précédents colonisateurs leur avait inculquée, ont appliqué le modèle de "l'engagement étatique" dans l'économie. Profitant d'un service administratif calqué sur celui de l'administration, particulièrement lénifiant dans les pays francophones, les dirigeants se sont penchés à gérer une économie mercantiliste et souvent ploutocratique.

Mais, faute de moyens, les gouvernements africains se sont aperçus qu'ils n'étaient plus en mesure de fournir aux populations les services sociaux essentiels, les services publics et les infrastuctures adaptés à l'économie moderne. D'un côté du dialogue, certains intellectuels déchargeaient leur colère sur des faiblesses institutionnelles des Etats africains et de la nécessité de construire un État encore plus fort autour d'une administration centralisée. De l'autre côté du débat, une voix sourde mais vive s'est peu à peu faite entendre sur le marché bouillonnant des idées près des griots. Cette idée essentielle et salutaire vînt des libéraux. Se basant sur l'observation du terrain, les intellectuels libéraux africains furent convaincu par la prise d'initiative économique réelle et visible des entrepreneurs et des groupes sociaux dans de nombreux pays africains. De nouvelles activités économiques et financières (par ex, les tontines) naissent face au «désengagement» de l'État, avec de nouveaux arrangements organisationnels (par ex, les nouvelles formes de partenariat public-privé dans le domaine du transport urbain) et d'assistance mutuelle (par ex, les amicales de quartier ou les associations villageoises).


Bibliographie

  • 1987, Victor Azarya et Naomi Chazan, Disengagement from the State in Africa: Reflexions on the Experience of Ghana and Guinea. Comparative Study of Society and History, 30, pp106-131
  • 1988, Pierre Jacquemot, La Désétatisation en Afrique Subsaharienne: enjeux et perspectives, Revue Tiers-Monde, XXIX(144), pp271-293
  • 1989, Jean-Pierre Lachaud, Le désengagement de l'Etat et les ajustements sur le marché du travail en Afrique francophone, Genève, Institut International d'études sociales, OIT
  • 1990, Claude Dupuy, Les associations villageoises au Sénégal: fonctions économiques et modalités de financement, Revue Tiers-Monde, XXXI(122), pp351-375



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