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Libéralisme et catholicisme
De Wikiberal.
Libéralisme et catholicisme ont entretenu des rapports complexes et conflictuels. Aux yeux de l'Église catholique, le libéralisme est à la fois l'origine et le produit de la Révolution française qui a subverti l'ordre social et politique. Que des catholiques se sentent libéraux et lient leur foi à leur libéralisme est une chose, la position de l'Église catholique en est une autre : la papauté a condamné le libéralisme en termes clairs et fermes à l'époque de son « âge d'or », le XIXe siècle, et n'est jamais revenu sur cette condamnation. La Papauté n'a cessé de dénoncer dans le libéralisme la révolution de la modernité caractérisée par l'émancipation de la raison et la suffisance de l'homme, oublieux de son Créateur et conduisant le monde à la catastrophe. Il renvoie en fin de compte l'image d'une société sans Dieu.
La thèse développée ci-dessous provient pour l'essentiel du Dictionnaire de la Papauté d'Émile Poulat.
Le libéralisme, péché de la modernité
Le libéralisme est ainsi identifié comme la source de tous les maux qui frappent les sociétés modernes : un péché selon le prêtre espagnol, Félix Sarda y Salvany, en 1884 dans un livre toujours réimprimé, Le libéralisme est un péché et dont la Congrégation de l'Index loua « la sainte doctrine ». Si la guerre est finie, la querelle de fond subsiste. L'antilibéralisme a profondément marqué la culture catholique. Pour l'Église catholique, « la liberté a besoin de la boussole de la vérité ». Pour les libéraux, la liberté est remise à la conscience de chaque individu. Si le christianisme est une religion de liberté, le libéralisme peut apparaître à la fois comme sa réalisation et sa négation, tandis que le socialisme est ressenti comme la double négation de la vérité et de la liberté.
Un antilibéralisme complexe
L'Église romaine est en réalité tiraillée : intransigeante sur les principes et accueillante aux hommes. Ainsi Pie IX, le pape du Syllabus, avait choisi comme premier ministre Pellegrino Rossi, figure libérale.
Pour le cardinal Billot, le libéralisme désigne « une doctrine multiforme qui émancipe plus ou moins l'homme à l'égard de Dieu, de sa loi et de sa révélation, et qui, par voie de conséquence, dégage la société civile de toute dépendance à l'égard de la société religieuse, c'est-à-dire de l'Église qui est la gardienne, l'interprète et la maîtresse de la loi divinement révélée ». Il engendre « l'inhumaine lutte pour la vie et l'énorme fléau de la vie moderne qu'est le prolétariat », auquel n'est laissée que la « liberté de mourir de faim ».
Pour Marcel Prélot : « le libéralisme du XIXe siècle est hostile au catholicisme. Dominé par l'esprit de libre examen, il oscille de l'anticléricalisme virulent au philosophisme dédaigneux. Il n'a rien pour séduire un croyant. Sa religion l'écarte du libéralisme ».
Autant l'antisocialisme catholique apparaît simple à saisir, autant l'antilibéralisme catholique est complexe. Le libéralisme catholique est généralement abordé sur le plan politique, le libéralisme social est souvent identifié au « catholicisme social » et à la « démocratie chrétienne ».
Sources
- Émile Poulat, « Libéralisme » in Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire de la Papauté, Librairie Arthème Fayard, 2003, p. 1043-1046
- Marcel Prélot, Le libéralisme catholique, Paris 1969
- Les catholiques libéraux au XIXe siècle, Actes du colloque international de Grenoble, 1971, Grenoble, 1974
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