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Liberté

De Wikiberal

La liberté est la faculté pour un individu d'avoir le contrôle de ses propres actions sans contrainte.

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Sommaire

Liberté et libéralisme

Si on laisse de côté le problème philosophique ou métaphysique de la liberté (l'homme est-il libre ? échappe-t-il à tout déterminisme ? - pour un point de vue général, on consultera l'entrée déterminisme ou l'article Liberté du Wikipedia francophone), question à laquelle les libéraux n'apportent pas une réponse toute faite, la liberté individuelle au sens du libéralisme a une définition précise, qui découle des rapports sociaux autour de l'individu.

La liberté est définie de manière négative comme l'absence de contrainte exercée par les autres individus, ou de façon positive comme le droit d'agir sans contrainte dans la limite des droits légitimes des autres. Elle est synonyme d'« autonomie », ou d'« indépendance ». On y associe souvent la maxime : « la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres ». Comme le précise l'article 4 de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789 :

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits.

On en dérive diverses notions : liberté civile, liberté de conscience (ou de culte, ou de pensée), liberté d'expression, liberté économique, liberté de mœurs, liberté de réunion, etc.

On distingue classiquement (Isaiah Berlin, Friedrich Hayek) la liberté positive, affirmation de l'individu[1], et la liberté négative, absence d’interférence coercitive, selon Hayek : « l’absence de coercition, l’interdiction de prescrire aux autres ce dont ils ne veulent pas, la possibilité pour eux de trouver le chemin de leur propre progrès et des relations harmonieuses avec les autres. »

L'intérêt du concept de liberté négative, fondement implicite du libéralisme, est qu'il ne fait pas appel à des notions telles que le libre-arbitre, qui sont considérées comme métaphysiques par certains, et qu'il a des traductions concrètes, directement applicables en droit, par exemple le principe de non-agression.

Erreurs communes

La liberté n'existe pas, supprimons-la !

Un des sophismes classiques des antilibéraux (sophisme de type straw man) consiste à affirmer que le concept de liberté du libéralisme n'a pas de sens, puisque nous sommes soumis à un certain déterminisme physique, à la gravitation, aux conditions météorologiques ou environnementales, au besoin de nous nourrir, à des pulsions inconscientes, etc. Par emploi d'un stratagème de généralisation abusive, ils étendent indûment le concept de liberté au-delà de la définition précise qui est celle du libéralisme, qui ne concerne que les interactions sociales. Ils ont beau jeu ensuite d'affirmer que la liberté est impossible également dans le champ social, ce qui leur ouvre la possibilité (croient-ils) de violer indéfiniment les droits des personnes sous divers prétextes et d'aller vers le totalitarisme.

Le renard libre dans le poulailler libre

D'après certains, la liberté serait pour les libéraux "la liberté du renard libre dans le poulailler libre", autrement dit, "la loi du plus fort", une liberté "antinomique avec l'égalité"[2].

C'est oublier que la liberté est inséparable de la responsabilité, et que le libéralisme, loin d'être la loi du plus fort, est d'abord le respect du droit de chacun. Le renard libre dans le poulailler libre est à l'origine une formule (souvent attribuée à Jean Jaurès) à propos de l’économie mondiale et du libre échange, formule qui montre qu'un socialiste ne comprend rien à la nature de l'échange et a, en fait, peur de la liberté. L'analogie renard-poulailler tend délibérément à rabaisser l'homme au rang de l'animal, et à assimiler la société des hommes libres à une jungle où le droit naturel n'est en fait que le droit du plus fort (darwinisme social). Le "renard libre dans le poulailler libre", pour les libertariens, c'est le plus fort, c'est l'État, qui fait fi du droit de l'individu au nom de la loi, ou en dépit de la loi :

« La morale libérale enseigne le respect de la liberté de l'autre. Quant au fameux sophisme : "le libéralisme, c'est le renard libre dans le poulailler libre", il ne fait que traduire l'ignorance de ceux qui l'énoncent : le libéral est en effet du côté des poules, et il est souvent mangé par le renard en voulant les protéger. Ce clou mérite d'être enfoncé : le libéralisme n'est pas, pour le fort, la liberté de faire n'importe quoi au détriment du faible. Le libéralisme, c'est la protection du faible contre les exactions du fort. Vouloir qu'un individu soit libre, c'est s'interdire d'obtenir quoi que ce soit de lui par la coercition, et a fortiori par la violence. Le libéral est donc fondamentalement un non violent. S'il veut rallier quelqu'un à ses idées, il n'utilise pas d'autres moyens que l'exemple ou la discussion. S'il veut obtenir d'un autre un bien ou une prestation quelconque, il ne procède que par un échange librement consenti. » (Jacques de Guenin)

Liberté formelle et liberté réelle

La distinction factice (d'origine marxiste) entre liberté formelle ("droit de" faire quelque chose) et liberté réelle ("capacité à" faire quelque chose) consiste à jouer sur les mots pour désigner par "liberté" ce qui n'est qu'un pseudo-droit qui ne peut exister qu'au détriment de quelqu'un d'autre.

Dans un réflexe infantile qui ignore le principe de réalité, le collectiviste refuse de distinguer entre la liberté de s'acheter un bien et la capacité concrète de le faire (aucune loi ne m'interdit d'acheter une voiture de luxe, mais puis-je la payer ?). Le collectiviste assimile ainsi le fait de ne pouvoir satisfaire tous ses besoins économiques (comme si l'homme ne vivait pas dans un monde de rareté) à un "manque de liberté", auquel il faudrait remédier d'urgence (de préférence - et nécessairement - en violant la propriété d'autrui, en prenant la pauvreté comme alibi).

Voir aussi : l'échange n'est jamais inégal.

"La liberté qui opprime, et la loi qui affranchit"

Les antilibéraux affectionnent cette citation de Lacordaire : « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit ». Ils oublient que le père Henri Lacordaire fut un des principaux théoriciens du catholicisme libéral, favorable à la propriété privée des moyens de production et opposé aux idées collectivistes[3]. La "liberté" dont parle ici Lacordaire est la liberté de faire tout ce qu'on veut, "liberté" qui n'est pas précisément libérale, mais anomique ; les libéraux sont d'accord avec le fait que la loi permet d'assurer les droits des personnes, dont la liberté individuelle, en revanche ils affirment que la "justice sociale" est une imposture constructiviste, même si elle repose sur le droit positif.

"Liberté de mourir de faim"

"Le libéralisme, c'est la liberté de mourir de faim", affirment certains. Outre que l'emploi du mot "liberté" est incorrect dans cette comparaison ("mourir de faim" n'est pas une liberté), on sous-entend ici que pour être libre on doit être assisté ! On oublie à nouveau l'aspect de la responsabilité de l'individu, et le fait que dans ce monde il n'y a pas de repas gratuit. Voir aussi l'article solidarité.

De façon plus générale, le collectivisme s'approprie la notion de liberté pour la manipuler et la retourner contre le libéralisme, soit que la liberté devienne le pouvoir de faire ce qu'on veut et de refuser toute règle (anomie), soit qu'elle soit asservie à l'égalitarisme, avec corrélativement la nécessité de supprimer la liberté individuelle.

"La démocratie, c'est la liberté"

La démocratie n'est qu'une façon de désigner qui détient le pouvoir, ce n'est en aucun cas l'assurance que les libertés individuelles seront respectées. Du point de vue des libertés, il y a ainsi un gouffre entre la démocratie libérale et la démocratie totalitaire.

Notes et références

  1. Ce concept de "liberté positive" est bien exprimé par la traduction chinoise et japonaise du mot "liberté" : 自由, mot à mot "ce qui a pour origine (由) soi-même (自)".
  2. Voir aussi La dignité du travailleur sur libres.org.
  3. Pour en finir avec la célèbre citation de Lacordaire par Georges Kaplan
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Voir aussi

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