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Frédéric Bastiat

De Wikiberal
Frédéric Bastiat
Philosophe, Économiste

Dates 1801 - 1850
Bastiat1a.png
Tendance minarchiste
Origine France France
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Frédéric Bastiat
Catallaxia Librairal

Frédéric Bastiat (30 juin 1801 - 24 décembre 1850) est un économiste libéral français.

Économiste et pamphlétaire, élu député des Landes en 1848, il n'a de cesse de combattre le protectionnisme et le socialisme, et de promouvoir le libre-échange et les droits de l'individu. Il a été la figure centrale de l'école de Paris.

Écrivain au style direct, ses écrits (articles ou pamphlets) manient les comparaisons pédagogiques et les fables satiriques, et visent à débusquer les principaux mythes ou sophismes entretenus autour de l'État (la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde), du socialisme (la spoliation légale), de la richesse (le profit de l'un est le profit de l'autre), de la solidarité (il m'est tout à fait impossible de concevoir la Fraternité légalement forcée, sans que la Liberté soit légalement détruite, et la Justice légalement foulée aux pieds), de l'impôt, de l'interventionnisme, du machinisme, etc.

La satire de Bastiat la plus célèbre (qui vise le protectionnisme) est sa pétition au Parlement français de la part des fabricants de chandelles [1], qui demandent à être protégés « de la compétition ruineuse d'un rival étranger » (qui s'avère finalement être le soleil !). Cette pétition s'achève par la demande d'une « loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, (...) par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons ».

En matière économique, il insiste souvent sur la distinction entre ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas (on parlerait aujourd'hui des coûts cachés). Ce thème, élargi pour critiquer l'activité interventionniste de l'État, est développé à l'origine dans sa parabole de la vitre cassée. L'argent dépensé pour réparer une fenêtre cassée apportera du travail au réparateur ; ce dernier pourra augmenter ses dépenses, ce qui produira plus d'affaires pour d'autres. Ce qu'on ne voit pas ici, c'est comment l'argent aurait été dépensé si la fenêtre n'avait pas été cassée. La fenêtre cassée a seulement détourné de l'argent vers d'autres dépenses. Selon Bastiat, l'État agit continuellement de la sorte en prenant aux plus actifs pour subventionner des groupes d'intérêt, des associations corporatistes ou assister les inactifs.

L'accent qu'il met sur le rôle économique de l'individu consommateur en fait un précurseur d'économistes du XXe siècle tels que Ludwig von Mises, Friedrich Hayek ou Pascal Salin. Ronald Reagan a dit de lui qu'il était son économiste préféré.

Il a été redécouvert en France par Gilbert Fournier.

Sommaire

Œuvres

  • 1845, Sophismes économiques
    • Traduit en anglais en 1934, "Economic Fallacies", Harbor, Fla.: Simon
    • Traduit en anglais en 1944, "Social Fallacies", Register Publishing Company edition, à partir de la 5ème édition
    • Traduit en anglais par Arthur Goddard, en 1996, "Economic Sophisms", Irvington-on-Hudson, NY: Foundation for Economic Education
    • Traduit en espagnol en 1846, "Sofismas economicos", Paris
      • Réimpression en 1848, Bogota: Impr. de Ancizar
      • Nouvelle édition en 1854, Mexico, I. Cumplido
    • Traduit en italien en 1847 par Antonio Contrucci, "Sofismi economici", avec une postface du professeur Antonio Scialoja (1817-1877), Firenze : C.P. Onesti
    • Traduit en néerlandais en 1848 par W.R. Boer, "Staatshuishoudkundige droggredenen", Utrecht : C. Van der Post Jr.
    • Extraction, condensé et traduction par Mallory Cross, en 1965, de "L’Etat" dans "Sophismes Economiques", Volume I, Paris: Guillaumin, "The State", The Freeman, Vol 15, n°4, Avril
  • 1847, Le petit arsenal du libre-échangiste
  • Pamphlets « Propriété et Loi », « Propriété et Spoliation », « L'État » (1848)
  • 1848, « Justice et Fraternité »
    • Traduit en italien en 1994, Giustizia e fraternità, In: F. Bastiat - G. de Molinari, Contro lo statalismo, Macerata, Liberilibri, pp45-75
  • Pamphlets « Protectionnisme et communisme », « Capital et rente », « Paix et liberté ou le budget républicain », « Les incompatibilités parlementaires »
  • 1849, Maudit Argent, Journal des économistes, April
    • Traduit en anglais par David A. Wells, en 1877, What is Money?, In: Essays on Political Economy, New York: Putnam’s Sons, pp174–220
    • Traduit de nouveau en anglais en 2002, Quarterly Journal of Austrian Economics, Vol 5, n°3
  • 1850,
    • a. Harmonies Economiques
      • seconde édition en 1851, Paris: Guillaumin
      • Traduit en allemand en 1850, "Volkswirthschaftslicher Harmonien : nach dem franzosischen des Friedrich Bastiat", Berlin : G. Hempel
      • Traduit en anglais en 1964, "Economic Harmonies". Irvington-on-Hudson, N.Y.: Foundation for Economic Education
        • Nouvelle édition en 1979, "Economic Harmonies", Irvington-on-Hudson, N.Y.: Foundation for Economic Education
        • Nouvelle édition en 1996, "Economic Harmonies", Irvington-on-Hudson, NY: Foundation for Economic Education
        • Nouvelle édition en 2004 préfacée par Georges Lane aux [2]Éditions du Trident. La partie posthume a été publiée en 2007 sous le titre des "Harmonies sociales".
    • b. La Loi
      • Traduction en anglais par Dean Russell, en 1994, "The Law", Irvington-on-Hudson, NY: Foundation for Economic Education
      • Traduction en polonais en 1986 par Jozef Emil à partir de la version anglaise, "Prawo : podstawy racjonalnej i sprawiedliwej organizacji panstwa" (La Loi : une base rationnelle et équitable pour l'organisation de l'Etat), publié par la Fondation pazwoleniem
      • Traduction en italien en 2001 par Nicola Iannello, "La Legge", Leonardo Facco Editore, Treviglio



B0.jpg Discussions sur le forum
Bouquins de et sur Bastiat (for)
Réédition Des "sophismes Economiques" De Bastiat, Chez les Belles Lettres (for)
Bastiat : Illusions Et Désillutions Libérales, par JJ Rosa (for)
Le Croisé du libre-échange (for)

Citations

Monument dédié à Frédéric Bastiat, à Mugron.
  • « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. Car, aujourd'hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d'autrui. Ce sentiment, on n'ose l'afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on? On imagine un intermédiaire, on s'adresse à l'État, et chaque classe tour à tour vient lui dire: "Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons." »
  • « Il y a la spoliation extra-légale et la spoliation légale (...) Or, la spoliation légale peut s'exercer d'une multitude infinie de manières; de là une multitude infinie de plans d'organisation: tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l'assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c'est l'ensemble de tous ces plans, en ce qu'ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme. »
  • « Il y a trop de grands hommes dans le monde ; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l'humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s'occuper d'elle. »
  • « Si l’impôt n’est pas nécessairement une perte, encore moins est-il nécessairement une spoliation. »
  • « Dans les sociétés modernes, la spoliation par l’impôt s’exerce sur une immense échelle.  »
  • « De tous les monopoles, le pire c'est celui de l'enseignement.  »
  • « N'attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité, et bien voir qu'on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième.  »
  • « Dans trois ans tous les Français peuvent savoir lire. Croyez-vous que nous en serons plus avancés ? Imaginez au contraire que, dans chaque commune, il y ait un bourgeois, un seul, ayant lu Bastiat, et que ce bourgeois-là soit respecté, les choses changeraient ! » (lettre de Gustave Flaubert à George Sand)

Postérité en France

Frédéric Bastiat semble complètement tombé dans l'oubli ou presque en France en dehors des milieux libéraux (contrairement à de nombreux autres pays). La mémoire de son œuvre nous est toutefois parvenue en France grâce à quelques libéraux comme Gilbert Fournier ou Jacques de Guenin.

Un monument lui est consacré sur la place éponyme de Mugron, dans les Landes, ville dans laquelle il vécut et dont il fut député.

En 2007, René de Laportalière publie (sous le pseudonyme d'Emile Jappi) "Les Lunettes à Frédéric, ou : le Voyage au bout de l'Etat", un petit livre qui contient de nombreux clins d’œil à Frédéric Bastiat, inventeur de célèbres lunettes, qui permettent de « voir ce qui ne se voit pas ».

Littérature secondaire

Liens externes

En français

  • L'édition Guillaumin (1862) en six volumes des Œuvres complètes de Frédéric Bastiat est entièrement disponible en version numérique sur le site Gallica (bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France) :

En anglais

Articles connexes

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