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Multiplicateur keynésien

De Wikiberal.

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Le multiplicateur keynésien ou multiplicateur d'investissement est une théorie de Kahn reprise par John Maynard Keynes selon laquelle l'investissement public a un effet démultiplié sur l'activité économique et sur l'emploi. Plus précisément, les keynésiens le définissent comme le rapport entre une variation des dépenses publiques et la variation consécutive du revenu global. C'est l'un des soubassements idéologiques des politiques de relance financées par l'emprunt.

Si l'investissement a en effet un multiplicateur, apparent, il est erroné de croire qu'encourager l'investissement public de manière artificielle permettra d'avoir des effets positifs, comme l'ont montré de très nombreux économistes.

Sommaire

Un concept faux

Effet d'éviction

Searchtool-80%.png Article connexe : Effet d'éviction.

Dans un article de 1974, "Ricardian Equivalence Hypothesis", le macro-économiste Robert Barro a montré que le multiplicateur keynésien ne pouvait pas avoir les vertus que lui prêtent les tenants de Keynes. Financer un plan de relance par de la dette ou des impôts publics ne change rien: la dette est un impôt futur et les ménages épargnent davantage pour se prémunir de ces hausses d'impôts futures, au détriment de la consommation. Le multiplicateur est, au mieux, unitaire.

La question a suscité de nombreux débats et études depuis 1974. Une étude de Matthew Shapiro et Joel Slemrod a montré qu'en 2001, les baisses d'impôts temporaires du gouvernement américain avaient été très largement utilisées pour épargner en prévision de la hausse des impôts future[1]

Il serait cependant faux de dire que personne ne gagne dans ces cas là : la dette n'étant remboursée que plus tard, ceux qui meurent avant ce remboursement ont eu les bénéfices sans les coûts. C'est ce qui fait dire à l'économiste Tim Harford qu'un plan de relance n'est rien d'autre qu'une « taxe sur les adolescents »[1].

Importations

Dans les économies ouvertes, ce mécanisme est rendu encore plus inefficace par les importations: bien souvent les politiques de relance ne servent qu'à financer l'achat de biens importés et donc à soutenir les économies étrangères tout en creusant la dette publique. Ce fut par exemple ce qu'il advint avec la politique de relance socialiste en France au début des années 1980, pendant que les autres pays développés se réformaient.

Stabilité

Enfin, Milton Friedman et David Meiselman ont montré, dans leur article "The Relative Stability of Monetary Velocity and the Investment Multiplier in the United States, 1897-1958", que si ce multiplicateur existait réellement, sa valeur était beaucoup plus instable et sujette à variations que celle de la vitesse de la circulation de la monnaie, ruinant ainsi tout espoir de bâtir des plans de relance sur autre chose que des chiffres arbitraires.

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Tim Harford, "Why a tax cut just isn’t fair on teenagers", Financial Times, 31 mai 2008, [lire en ligne]

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes

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