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Antal E. Fekete

De Wikiberal
Antal E. Fekete
Économiste, scientifique

Dates 1932 -
Antal E. Fekete
Tendance Libéral classique
Origine Hongrie Hongrie
Articles internes Liste de tous les articles

Citation « Les économistes actuels sont des charlatans, des bonimenteurs qui, tout en se délectant de leur propre gloire, sont totalement incapables de prévoir un effondrement financier, même quand ils le regardent fixement dans les yeux, comme l'a montré leur misérable performance de 2007. (...) Ils conduisent le monde vers un désastre monétaire et économique sans précédent. »
inter lib.org sur Antal E. Fekete

Antal E. Fekete (prononcer "Fékété"), né à Budapest (Hongrie) en 1932, est un partisan de l'étalon-or et un critique de l'actuel système monétaire.

Il immigra au Canada en 1956. En plus d'enseigner au Canada, il a travaillé au bureau de Washington DC du représentant au Congrès, W. E. Dannemeyer pendant cinq ans sur la réforme monétaire et budgétaire jusqu'en 1990. Il fut professeur de mathématiques et de statistiques à la Memorial University of Newfoundland (Canada) de 1958 à 1993. Il a enseigné en tant que professeur d'économie à l'Université Francisco Marroquin à Guatemala City en 1996. Depuis 2001, il est professeur-consultant à l'Université Sapientia, Cluj-Napoca, en Roumanie. En 1996, Antal Fekete a remporté le premier prix du Concours international des thèses sur les devises parrainé par la Banque Lips Ltd de Suisse (banque créée par Ferdinand Lips).

Présentation

Même s'il peut être rattaché à l'École autrichienne d'économie (il se réclame de Carl Menger et de Ludwig von Mises, tout en critiquant certains points de vue de ce dernier), partageant le soutien autrichien à l'étalon-or, son point de vue sur les réserves fractionnaires bancaires est différent de celui de Murray Rothbard. L'or est davantage pour lui un moyen de conserver de la valeur qu'un moyen d'échange. La monnaie a une nature duale : elle doit permettre de transférer de la valeur dans l'espace comme dans le temps. De là découlent deux types de monnaies, historiquement illustrés par la coexistence de la monnaie bétail (pecus, dont est dérivé le terme pécuniaire) et de la monnaie sel (sal, dont est dérivé le terme salaire), puis de la monnaie argent et de la monnaie or, le premier type de monnaie étant destiné davantage à l'échange et le second à la conservation de la valeur. Il rejette la proposition rothbardienne d'étalon-or à 100 % :

Ce dont nous avons besoin est d'un étalon-or rendu élastique grâce à la circulation d'effets réels[1].

En effet, Fekete est partisan de la doctrine des effets[2] réels (Real Bills Doctrine), théorie de création monétaire de l'économie classique (élaborée notamment par Adam Smith), aujourd'hui supplantée par la théorie quantitative de la monnaie. L'idée fondamentale de la doctrine est que n'importe quel bien (et pas seulement un stock de métal précieux tel que l'or ou l'argent) peut servir de base à l'émission monétaire ; il suffit pour cela qu'il ait une valeur suffisante, et qu'il puisse être liquidé assez rapidement pour fournir la contrepartie nécessaire pour rembourser les billets de banque émis. La monnaie correspond à la fraction du capital mis en circulation. Les effets réels ne sont pas de nature inflationniste, puisqu'ils apparaissent en même temps que de nouvelles marchandises apparaissent, et disparaissent du marché lors du paiement final (en or) ; ils circulent spontanément et ne nécessitent même pas de banque, puisque ce ne sont que des reconnaissances de dette[3].

Le système de réserves fractionnaires est donc tout à fait viable pourvu qu'il repose sur l'étalon-or et sur les effets échangeables en contrepartie des prêts. Il y a un système de réserves fractionnaires honnête et un système de réserves fractionnaires malhonnête, celui que pratiquent les banques depuis la fin de l'étalon-or, en connivence avec les gouvernements qui utilisent le système bancaire pour écouler la dette publique.

Fekete voit un danger dans la chute des taux d'intérêt, qui selon lui peut provoquer une déflation plutôt qu'une hyperinflation, ainsi qu'une destruction de capital, particulièrement dans un régime de monnaie non convertible, problèmes critiques notamment pour les fonds de pension ; l'étalon-or est pour lui un moyen de se protéger de la déflation et de la baisse des taux d'intérêt, et l'or devrait être une alternative aux obligations d’État.

Il distingue entre "monnaie non convertible" et "monnaie à cours forcé" (monnaie-fiat), la première (comme le dollar) subit un accroissement apparemment moins arbitraire et moins occulte que la seconde puisque cet accroissement s'opère par les opérations d'open-market (achats nets de Bons du Trésor par la FED) ; la nouvelle monnaie s’épand sur le marché obligataire sans risque de "fuite vers les biens réels" et contribue à la poursuite de la chute des taux d’intérêts. Le mécanisme de "cavalerie" dure plus longtemps avec le premier type de monnaie, cette fausse monnaie explique le décrochage entre "économie réelle" et "économie financière".

Dans son livre Le Retour au Standard Or (2011), il affirme que le standard-or va remplacer l'argent-papier, et que l'économie mondiale est condamnée à exploser.

Suivi du marché des métaux

Fekete est un observateur attentif du marché de l'or et de l'argent. Ces marchés lui permettent de mesurer le degré de dévalorisation des monnaies-fiat. Il analyse principalement le phénomène de "déport" (backwardation[4]) lié aux contrats à terme (futures) sur ces deux marchés, signalant une perte de confiance dans les monnaies-fiat[5] : l'or est conservé précieusement par ceux qui en possèdent, en vertu de la loi de Gresham. Antal Fekete affirme que ce phénomène a accompagné la chute de l'Empire romain. En cas de « backwardation permanente » il devient impossible d’acheter de l’or : le prix de l’or en dollars devient si élevé qu’il ne peut plus être déterminé dans aucune monnaie-fiat : l'or redevient la véritable monnaie et les monnaies fiduciaires existantes disparaissent.

Publications

  • 1985, Real Linear Algebra ISBN 9780824772383
  • 2007,
    • The Paradox of interest revisited, Revue Bancaire
    • Interest and Discount, Revue Bancaire
  • 2011, Le Retour au Standard Or, Le Jardin des Livres, ISBN 2914569890
  • Borrowing Short and Lending Long: Illiquidity and Credit Collapse (Monograph, Committee for Monetary Research and Education, 1983)
  • Resumption of Gold Convertibility of The US Currency (Monograph, Committee for Monetary Research and Education, 1984)
  • Irredeemable Currency: The Destroyer of Capital (Monograph, Committee for Monetary Research and Education, 1985)
  • Deflation: Retrospect and Prospect (Monograph, Committee for Monetary Research and Education, 1986)
  • Signature of Partitions and Divisors (1965)
  • Substitution of Power Series (1965)

Citations

  • « Les économistes actuels sont des charlatans, des bonimenteurs qui, tout en se délectant de leur propre gloire, sont totalement incapables de prévoir un effondrement financier, même quand ils le regardent fixement dans les yeux, comme l'a montré leur misérable performance de 2007. Pire encore, ils sont même totalement incapables d'admettre leurs propres erreurs. Ils sont une malédiction jetée sur le corps politique et des verrues sur le corps académique. Ils conduisent le monde vers un désastre monétaire et économique sans précédent. »
  • « Sans la réintroduction de l'or comme extincteur ultime de la dette, la Tour de la Dette va continuer sa croissance explosive. Et quand elle sera renversée, elle enterrera l'économie mondiale sous ses décombres. »
  • « La dette ne peut créer que du faux capital. »
  • « La théorie quantitative de la monnaie reste une fausse doctrine car elle décrit l'économie par un modèle linéaire, alors que le monde marche selon un modèle fortement non linéaire. »
  • « Le gouvernement américain a appliqué sa recette Ponzi au marché obligataire. La seule différence est que les enjeux sont beaucoup plus élevés : ceux de l'économie américaine, non, de l'économie mondiale ! »
  • « Aucune expérience de système d'échanges économiques reposant sur l'argent papier ne s'est bien terminée, l'Histoire nous le montre. Le taux d'échec est de 100 % pour les billets papier. »
  • « La cause sous-jacente de la crise financière mondiale est l'endettement sans limite. L'or est le seul moyen d'éteindre ultimement la dette. Depuis qu'on l'a expulsé du système monétaire international, la dette totale mondiale ne peut que croître, jamais se contracter. Pour arrêter cette croissance cancéreuse de l'endettement, l'or doit être rétabli dans sa position antérieure de gardien de la qualité de la dette. » [6]

Notes et références

  1. Dr. Antal Fekete Discusses the Controversial Real Bills Doctrine and Free-Banking
  2. Un effet est une promesse écrite de payer un fournisseur à une date donnée (moins de 90 jours). Cet effet peut lui-même être utilisé par le fournisseur pour payer ses propres fournisseurs. L'effet peut aussi être transformé en monnaie par son escompte avant sa maturité.
  3. Fekete indique que telle était la situation à Manchester au XIXe siècle ou dans les cités-états italiennes de la Renaissance. Un abus d'émission de tels effets entre deux commerçants de connivence était selon Fekete sanctionné par le marché qui mettait les coupables sur liste noire et refusait leurs effets.
  4. Ce phénomène survient quand le prix des échéances futures est inférieur au prix au comptant (parce que les vendeurs se font rares). L'inverse est le contango, qui correspond à une situation "normale" selon Antal Fekete, qui s'oppose là-dessus à Keynes qui soutenait l'opinion inverse (normalité du déport, anomalie du contango) Voir Acrobat-7 acidtux software.png [pdf]MY CRUSADE TO FEND OFF PERMANENT GOLD BACKWARDATION.
  5. Voir par exemple son article du 4 décembre 2008 : RED ALERT: GOLD BACKWARDATION!!!Acrobat-7 acidtux software.png [pdf].
  6. American bases in Germany and the Gold basisAcrobat-7 acidtux software.png [pdf]

Liens externes