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Dignité

De Wikiberal

Le concept de dignité humaine est invoqué en philosophie, religion et en droit. Il fait référence à une qualité qui serait liée à l'essence même de chaque homme. Selon le philosophe Paul Ricœur, cette notion renvoie à l’idée que « quelque chose est dû à l'être humain du fait qu'il est humain ».

Le libéralisme voit d'abord la dignité humaine dans le respect de l'autonomie de la personne, alors que l'étatisme moraliste utilise cette notion de façon beaucoup plus vague et arbitraire à seule fin de restreindre les libertés ou d'augmenter la coercition.

Les libertariens renvoient à la propriété de soi-même, à la règle du consentement, à l'éthique minimale libérale, à l'inaliénabilité de la volonté humaine.

Citations

  • Il se pourrait que l'argument de la "nécessité de protéger la dignité humaine" soit plus politique que conceptuel ou éthique. Ce serait un de ces mots pompeux qu'on jette à la face du public pour l'impressionner, sans souci de cohérence ou de justification. (Ruwen Ogien, L'éthique aujourd'hui, chap. 10)
  • L'homme, et en général tout être raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volonté puisse user à son gré ; dans toutes ses actions, aussi bien dans celles qui le concernent lui-même que dans celles qui concernent d'autres êtres raisonnables, il doit toujours être considéré en même temps comme fin. (...) Toutes les personnes humaines, possédant une dignité qui leur est propre, sont également des fins en soi. Ainsi, ni les inégalités naturelles ni les hiérarchies sociales indispensables ne doivent aboutir à subordonner un être humain aux autres comme un simple moyen l'est à une fin, ni l'empêcher de réaliser dans la mesure de ses moyens intellectuels et moraux, le plein épanouissement de ses facultés. (Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs)
  • Le signe le plus universel des temps modernes : l'homme a incroyablement perdu en dignité à ses propres yeux. Longtemps point central et héros de la tragédie de l'existence en général ; ensuite s'efforçant au moins de prouver sa parenté avec l'aspect décisif et valable en soi de l'existence comme le font tous les métaphysiciens qui veulent maintenir la dignité de l'homme, avec leur croyance que les valeurs morales sont des valeurs cardinales. Celui qui a laissé tomber Dieu se raccroche avec d'autant plus de rigueur à la croyance en la morale. (Friedrich Nietzsche, Fragments posthumes)
  • Le premier paradoxe de la dignité, c'est bien d'être plus facile à défendre qu'à expliquer. Ce qui la bafoue et la menace est clair, facile à exprimer. Ce qui la constitue, en elle-même, demeure en revanche malaisé à formuler, même à concevoir. On se trouve donc face à une notion fondatrice qui est finalement plus intuitive que conceptuelle. Son évidence est partout ressentie, ce qui la met en péril est immédiatement visible, sinon il n'y aurait pas d'homme révolté, personne ne se lèverait contre l'humiliation, l'inhumain et l'injuste. Pourtant, elle n'est jamais exprimée en termes positifs. (Roger Pol-Droit)

Liens externes

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