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Entrepreneuriat naissant

De Wikiberal

Le concept d'entrepreneuriat naissant fait référence à la création d'une nouvelle entreprise vue sous le plan d'un processus. Pour les théoriciens évolutionnaires, ce processus est analogue à la création biologique. Généralement, on distingue quatre étapes (la conception, la gestation, l"enfance et l'adolescence), avec trois transitions.

Les différentes phases de l'entrepreneuriat naissant

La première transition commence lorsque une ou plusieurs personnes commencent à consacrer du temps et à rassembler des ressources pour la création d'une nouvelle entreprise. Si la nouvelle entreprise s'effectue dans un démarrage indépendant, on parle d'entrepreneurs naissants. Si l'entrepreneuriat se produit dans le contexte d'une organisation déjà existante, ces personnes sont considérées comme des intrapreneurs naissants. Les autres personnes ayant une expérience récente de démarrage entrepreneurial constituent l'une des sources de capital social les plus pertinentes pour les entrepreneurs en phase initiale de création d'entreprise. Ces relations sociales peuvent non seulement accroître directement la capacité de reconnaissance des opportunités, en favorisant l'accès à de nouvelles ressources rares, mais ce capital social, également, permet l'accès aux réseaux sociaux d'entrepreneurs déjà établis.

La deuxième transition se produit lorsque le processus de gestation est terminé et lorsque la nouvelle entreprise commence soit une activité d'exploitation, soit lorsque les entrepreneurs naissants abandonnent leurs efforts et que le projet est mort-né.

La troisième transition est représentée par le passage de l'enfance à l'adolescence. Si le changement est réussi, la nouvelle entreprise se transforme en nouvelle entreprise établie.

Généralement, l'entrepreneuriat naissant concerne les deux premières transitions lorsque un ou plusieurs entrepreneurs ont déjà activé une tentative de démarrage pour leur nouvelle entreprise, sans dépasser une période de 12 mois et dont le démarrage n'a toujours pas de flux de trésorerie mensuels positifs pour couvrir les dépenses et les salaires du gestionnaire pendant plus de trois mois.

Découvertes empiriques sur l'entrepreneuriat naissant

Cette approche est souvent soutenue par des scientifiques positivistes qui s'appuient sur une méthodologie qui leur permet d'identifier les entrepreneurs naissants de façon empirique. C'est pourquoi, ils refusent de considérer un entrepreneur naissant la personne qui n'entre pas dans leur cadre de sélection puisque cela mettrait à mal leur modèles de tests statistiques. Par exemple, une personne qui veut se lancer dans l'entrepreneuriat mais qui n'a pas fait les démarches pour ceci n'est pas acceptée dans leurs calculs économétriques.

Selon les calculs du GEM (Global Entrepreneurship Monitor), il y avait en 2003, 14,689 millions d'entrepreneurs naissants aux USA, 1,843 million en Allemagne et 1,271 million au Royaume-Uni. Dans ces statistiques, on observe que la France n'est pas un pays pour les entrepreneurs naissants relativement aux autres pays. En effet, alors qu'au Venezuela, en 2003, un adulte sur cinq était un entrepreneur naissant, la proportion était de 1/12 aux USA, 1/29 en Allemagne et au Royaume-Uni mais seulement de 1/111 en France. Ceci revient à dire qu'au Vénézuela, il y a fort à parier que durant la journée vous auriez salué au moins un entrepreneur naissant; alors qu'en France vous ne pouvez pas les rencontrer facilement, sauf par hasard, car ils sont bien isolés. Ceci transparait dans la transmission de la culture de l'esprit d'entreprise. Au Venezuela, un entrepreneur naissant va plus facilement rencontrer des personnes dans son entourage qui ont déjà vécu son type d'expérience alors qu'en France, un entrepreneur est marginalisé dans la culture nationale de l'esprit d'entreprise.

Les recherches empiriques ont permis de constater également que l'expérience[1] de travail dans une entreprise à la fois jeune et petite est statistiquement significative et économiquement importante pour la décision d'un individu pour devenir un entrepreneur naissant. Le taux de présence de start-up dans une région tend à être positivement lié à la part des employés travaillant dans les petites entreprises ou à la proportion de petites entreprises parmi toutes les entreprises de la même région. Une explication théorique de cette régularité empirique soutient que travailler dans une petite entreprise tend à fournir aux employés une expérience beaucoup plus pertinente pour le démarrage d'une nouvelle entreprise (par exemple, les contacts avec les clients et avec le propriétaire de l'entreprise, lequel fournit un modèle à suivre) que de travailler dans une grande entreprise. Grâce aux contacts étroits avec un entrepreneur, les employés d'une jeune entreprise ont la possibilité de recueillir des informations sur la transition de l'emploi rémunéré vers un travail indépendant avec tous ses problèmes et ses solutions possibles. En outre, certaines thèses viennent à avancer, sans preuve formelle, que la qualité de l'emploi tend à être plus faible dans les petites entreprises notamment pour ce qui concernent les salaires, les avantages sociaux, la sécurité de l'emploi, la participation dans l'entreprise ou pour les possibilités d'amélioration de ses compétences.

Le marketing entrepreneurial de l'entrepreneur naissant

Le principal défi auquel est confronté l'entrepreneur naissant est de faire concurrence à des entreprises plus grandes, mieux connues et plus ingénieuses. Comment une start-up avec un petit personnel, un budget limité et une base de clientèle minime peut-elle rivaliser avec les géants de leur industrie ? Par leur nature même, les entreprises en démarrage peuvent être plus souples et adoptés un marketing moins orthodoxes que leurs principaux concurrents.

Étant donné que le marketing est un outil disponible pour toute entreprise qui souhaite investir dans celui-ci, il est l'un des meilleurs moyens pour les sociétés émergentes de définir leur image dans l'esprit des consommateurs. En effet, le marketing est un domaine où les entrepreneurs peuvent réellement définir une identité unique pour eux-mêmes. Le marketing entrepreneurial est moins axé sur une stratégie de marketing unique et plus sur un esprit de marketing qui se différencie des pratiques traditionnelles du marketing. Les principes fondamentaux du marketing sont généralement conçus pour des grandes entreprises et bien établies et non pour les start-ups. Le marketing entrepreneurial utilise une trousse à outils de nouvelles pratiques de marketing peu orthodoxe afin d'aider les entreprises émergentes à s'imposer sur des marchés encombrés.

Annexes

Notes et références

  1. B. Bird, 1993, "Demographic Approaches to Entrepreneurship: the Role of Experience and Background", Advances in Entrepreneurship, Firm Emergence, and Growth, Vol 1, pp11-48

Bibliographie

  • 1998, G. A. Alsos, E. Ljunggren, "Does the Business Start-Up Process Differ by Gender? A Longitudinal Study of Nascent Entrepreneurs", In: "Frontiers of Entrepreneurship Research", Babson College, Wellesley, MA
  • 2000, Per Davidsson, F. Delmar, "Where do they come from? Prevalence and characteristics of nascent entrepreneurs", Entrepreneurship & regional development, 12 (1), pp1-23
  • 2003, Per Davidsson, B. Honig, "The role of social and human capital amoung nascent entrepreneurs", Journal of business venturing, 18 (3), pp301-331
  • 2004, Nancy M. Carter, William B. Gartner, P. G. Greene, P. D. Reynolds, "The prevalence of nascent entrepreneurs in the United States: Evidence from the panel study of entrepreneurial dynamics", Small Business Economics, 23(4), pp263-284
  • 2005,
    • P. Arenius, Maria Minniti, "Perceptual Variables and Nascent Entrepreneurship", Small Business Economics, 24(3), pp233–247
    • P. Reynolds, A. van Stel, A. Roy Thurik, S. Wennekers, "Nascent entrepreneurship and the level of economic development", Small Business Economics, 24(3), pp293–309
  • 2006, Noel J. Lindsay, Wendy A. Lindsay, Anton Jordaan, Kevin Hindle, "Opportunity recognition attitudes of nascent indigenous entrepreneurs", International Journal of Entrepreneurship and Small Business, Vol 3, n°1, pp56-75
  • 2007,
    • P. Arenius, Maria Minniti, "Perceptual Variables and Nascent Entrepreneurship", Small Business Economics
    • Joachim Wagner, "Nascent Entrepreneurs", In: S. Parker, dir., "The life cycle of entrepreneurial ventures", Springer, pp15-37
    • Joachim Wagner, "What a Difference a Y makes – Female and Male Nascent Entrepreneurs in Germany", Small Business Economics, 28(1), pp1–21
  • 2012, A. Bullough, K. G. Kroeck, M. Renko, "Expectancy Theory and Nascent Entrepreneurship", Small Business Economics, 39(3), pp667–684

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