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Kaléidoscope

De Wikiberal

Un kaléidoscope (du grec kalos « beau », eidos « image » et skopein « regarder ») est un tube de miroirs réfléchissant à l'infini et en couleurs la lumière extérieure. Le kaléidoscope a inspiré de nombreux philosophes : il possède à la fois un nombre fini d'éléments dans un espace fini (clos) et autorise pourtant un nombre indéfini de combinaisons, illustrant concrètement la façon dont on peut créer quelque chose de nouveau par un simple réagencement de ce qui existait déjà auparavant. Arthur Schopenhauer nie ainsi que l'histoire raconte du nouveau : « elle est comme le kaléidoscope : chaque tour nous présente une configuration nouvelle, et cependant ce sont, à dire vrai, les mêmes éléments qui passent toujours sous nos yeux. »

Le kaléidoscope est une métaphore inventée par George Shackle et reprise par les subjectivistes radicaux dont son membre éminent, Ludwig Lachmann pour représenter le processus du marché.

La société, dans laquelle nous vivons, est une société kaléidoscopique, entremêlant des moments ou des intervalles d'ordre, de confiance, d'harmonie et de beauté avec des intervalles soudains de désintégrations en cascade. La vision sous-jacente de l'économie de marché adoptée par George Shackle et Ludwig Lachmann est une comparaison du processus de marché avec la dynamique d'un kaléidoscope. Comme de nombreux auteurs de l'école autrichienne, les subjectivistes radicaux renoncent à l'utilisation d'un langage de la mécanique newtonienne, en condamnant l'utilisation de certaines métaphores mécaniques (et sans sujet agissant) dans la construction des théories économiques. Ludwig Lachmann préfère la métaphore plus pertinente du kaléidoscope de Shackle lorsqu'il indique que le marché n'est pas une horloge mécanique.

Le kaléidoscope de verre coloré représente la structure complexe des prix, lesquels sont déterminés par les acheteurs et les vendeurs sur les marchés des matières premières et par les spéculateurs à la hausse (les bulls : les taureaux) et les spéculateurs à la baisse (les bears : les ours) sur les marchés financiers. L'image à l'intérieur du kaléidoscope donne une image instantanée d'ordre et de beauté, mais pas de longévité. Car, le modèle utilisé ne peut pas durer très longtemps. Le passage du temps est nécessairement marqué par la découverte de nouvelles informations sous la forme d'anticipations satisfaites ou d'attentes déçues de la part des investisseurs. La nature du processus du marché est ainsi faite.

Ces découvertes de nouvelles informations peuvent transformer des spéculateurs à la hausse en spéculateurs à la baisse, et inversement. Un nouveau modèle de prix se dégage sans que les détails de la nouvelle structure ne puissent être prédits uniquement à partir de l'ancien schéma ou de la somme des connaissances qu'il sous-tendait. La découverte de nouvelles informations est inévitable tant que le processus du marché se déroule. Il n'a pas d'équivalent dans la mécanique newtonienne, précisent les subjectivistes radicaux. Les positions futures des aiguilles d'une pendule peuvent être calculées à partir de leur position actuelle, de leur masse, et des forces qui agissent sur elles. La position à laquelle la pendule arrive enfin au repos n'est pas le résultat d'un processus, comme Ludwig Lachmann utilise le terme.

Bibliographie

  • 1974, George Shackle, "Keynesian Kaleidics: The Evolution of a General Political Economy", Edinburgh: Edinburgh University Press
  • 2013, Todd H. Chiles, S. R. Elias, T. G. Zarankin, D. M. Vultee, "The kaleidic world of entrepreneurs: Building and grounding a metaphor for creative imagination", Qualitative Research in Organizations and Management, 8(3), pp276-307

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