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Laissez Faire City

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Dans les années 1990, un projet libertarien, avec une vision constructiviste et planifiée s'est monté afin de créer une ville sans impôts ni bureaucratie. Pour cela, des aventuriers financiers inspirés par la romancière Ayn Rand, à la recherche d'un nouveau paradis fiscal, ont tenté d'établir une utopie capitaliste dans la jungle costaricienne.

L'inspiratrice de Laissez Faire City

La conception de Laissez Faire City a été inspirée par la romancière Ayn Rand auteure dans les années 1940 et 1950 de deux romans populaires, "The Fountainhead" et "Atlas Shrugged". Ce dernier décrit une société tellement alourdie par le socialisme que les créateurs de richesse, les entrepreneurs, se sont enfuis dans une vallée lointaine où ils ont construit une ville que la romancière a dénommée Atlantis et qui fonctionnait selon des principes moraux et économiques, respectivement par l'objectivisme et le libre marché (Laissez-faire).

"Atlas Shrugged" s'est vendu aux États-Unis dans des proportions extraordinaires battant tous les records de vente jamais atteints et suscitant une dévotion passionnée chez ses lecteurs. Cela est devenu un phénomène littéraire dépassant les limites de la fiction romanesque et dynamisant une nouvelle portée éthique et sociétale. Mais personne n'avait sérieusement envisagé de concrétiser les écrits d'Ayn Rand jusqu'à ce que des investisseurs du monde entier se rencontrent lors d'un voyage en Argentine, au Chili et au Pérou durant l'hiver 1994-1995.

Parmi ces voyageurs, beaucoup ont découvert qu'ils avaient un intérêt commun pour les écrits d'Ayn Rand, notamment Michael Lynch, médecin en Floride, qui fut le catalyseur entre tous et qui a permis la réalisation finale du projet entrepreneurial.

Le programme marketing pour attirer des investisseurs à Laissez Faire City

Ce que certains pourraient désigner comme des doux rêveurs du libre marché aux yeux écarquillés et remplis de rêves et de dollars ont alors encouragé des investisseurs du monde entier, principalement américains et britanniques, à soutenir cette utopie capitaliste quelque part dans la jungle torride du Costa Rica. Les partisans du projet disaient que cette ville futuriste combinerait le dynamisme économique de Hong Kong avec la beauté scintillante de Las Vegas. Tout un programme.

Pour attirer de nouveaux résidents, les promoteurs du projet usaient de leur talent marketing en diffusant de la publicité dans la presse économique internationale, notamment The Economist. Investir dans le paradis de Laissez Faire City, argumentaient-ils, c'était en devenir immédiatement citoyen. Ainsi, chacun pourrait vivre et faire des affaires sans les lourdes obligations de payer des impôts, remplir des formulaires administratifs en multiples exemplaires ou se conformer à de vieilles règles de vie d'un ancien monde. Sur les plans immobiliers attractifs dessinés par les futuristes architectes urbains, on pouvait voir que les gens vivraient dans des ranchs isolés de la ville et se rendraient en hélicoptère à leurs bureaux situés dans des tours climatisées modernes qui ressemblaient un peu à des assainisseurs d'air géants. L'idéal des fondateurs de Laissez Faire City était de créer non seulement une communauté de personnes partageant les mêmes idées de libre marché, mais de façon plus ambitieuse une cité-État souveraine, avec sa propre citoyenneté, sa propre monnaie, sa propre gouvernance et ses propres passeports, libre de tout contrôle étatique extérieur.

Des débuts prometteurs

Les investisseurs ont enregistré une fiducie (Trust) à Moscou et au Costa Rica en janvier 1995. Ils ont nommé un responsable (fiduciaire), Mikhail Largin, un ancien diplomate soviétique. Ils espéraient convaincre le Costa Rica de leur louer la souveraineté sur 100 miles (160 km) carrés de terres pendant 50 ans. Le groupe financier comptait déjà 60 membres fondateurs à ses débuts, dont chacun avait versé 5 000 dollars US.

Le projet devait commencer rapidement avec les premiers bâtiments, un hôtel et un centre d'accueil pour les visiteurs. Michael Lynch envisageait une économie basée en grande partie sur les industries financières et de services, avec un peu de fabrication légère.

En attendant la construction finale du projet, Sonny Vleisides, rédacteur en chef du Laissez Faire City Times, envoyait, à chaque fondateur potentiel, le bulletin créé spécialement par le consortium. Cependant, l'utopie immobilière a eu des difficultés à décoller. Il y avait les problèmes des résidents existants et des structures politiques et juridiques à résoudre. Michael Lynch admettait que même une cité-État libertarienne a besoin de règles pour fonctionner. Et, solliciter l'entrée de nouveaux investisseurs impliquait le risque de voir des opérateurs imprudents entrer et salir le nom de la ville. Une politique d'immigration restrictive était donc nécessaire. Au final, le projet constructiviste, faussement appelé libertarien, de Laissez Faire City n'a jamais vu concrètement le jour. Les fondateurs du trust changèrent leur approche et mirent l'accent sur le développement des entreprises du cyberespace, en aidant leurs clients à accéder aux libertés virtuelles. Mais le projet n'a pas survécu. Néanmoins cet échec a servi de leçon à d'autres projets comme le seasteading.

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