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Monnaie-promesse

De Wikiberal

Une monnaie-promesse est une monnaie dont la valeur est constituée uniquement par la promesse d'une banque libre, et plus généralement du monnayeur qui l'a émise. Chaque support monétaire est alors une promesse, un contrat du monnayeur qui l'a émis.

Introduction

Une monnaie est soit une monnaie-marchandise, soit une monnaie-promesse, soit une monnaie-fiat.

Monnaie-promesse

Une banque libre crée de la monnaie selon un certain contrat de monnaie. Ce contrat de monnaie utilise un valorimètre, étalon de mesure de la valeur de la monnaie. Par exemple l'or est un bon valorimètre de monnaie. Chaque support monétaire est une preuve de l'existence d'un contrat, d'une promesse de la banque. Ce contrat, dit contrat de monnaie, est un contrat commercial ordinaire.

Le support monétaire est ainsi une information prouvant l'existence d'un contrat qui oblige la banque. L'existence d'un contrat peut être prouvée soit par un texte signé, soit par un billet de banque, soit par une pièce de petite monnaie, soit un chiffre sur un compte bancaire informatique. Ces supports monétaires sont des informations. Une telle information sert à prouver l'existence d'une obligation de la banque. La nature d'une monnaie-promesse est d'être une promesse.

Une monnaie a plusieurs supports monétaires différents. Chacun de ces supports monétaires d'une même monnaie sont substituables les uns par les autres. La nature de la monnaie ne diffère pas selon le support choisi. C'est ainsi que la nature de la monnaie-promesse est d'être une promesse. La valeur d'une promesse dépend uniquement de la fiabilité de l'émetteur de cette promesse. La nature d'une promesse ne diffère pas selon que cette promesse est prouvée par un contrat sur papier ou par un contrat informatique. De même, la nature de la monnaie ne diffère pas selon la forme de cette monnaie. Il n'y a pas de différence de nature entre la monnaie fiduciaire, c'est-à-dire les billets, et la monnaie scripturale, c'est à dire les nombres dans un compte bancaire.

C'est un abus de langage de dire qu'un papier signé prouvant un contrat serait un "contrat". Ce papier signé n'est pas un contrat, mais le procès-verbal du contrat. Le contrat est ici une promesse, et non pas un papier. Cependant, le langage courant confond le "contrat" et l'échange des promesses constitutives du contrat.

Monnaie sans privilège

Une banque libre émettant une monnaie-promesse ne bénéficie d'aucun privilège de l'État. L’État s'abstient de taxer les échanges utilisant cette monnaie-promesse. Cette absence de taxation ne constitue pas un privilège étatique.

Destruction de monnaie-promesse

Une promesse envers soi-même est nulle. Une promesse du monnayeur n'a aucune valeur lorsqu'elle est détenue par le monnayeur lui-même. Une monnaie-promesse a de la valeur entre les mains de tous, sauf entre les mains du monnayeur. Ainsi un individu remet au monnayeur un support monétaire de monnaie-promesse. La valeur de ce support devient donc aussitôt nulle entre les mains du monnayeur. La monnaie-promesse est ainsi détruite.

Contrat de monnaie-promesse

Chaque support monétaire est une promesse de la banque de remettre de l'or. Cette promesse est un contrat unilatéral. L'or-métal n'est pas échangé. Les supports monétaires sont échangés. Chaque support monétaire est une promesse de la banque, une obligation de la banque. Cette promesse peut être matérialisée par un billet de banque, par une pièce métallique, ou par un compte bancaire informatique.

Chaque banque libre organise sa gestion afin de pouvoir honorer sa promesse de remettre l'or promis.

Substitut monétaire

Une monnaie utilisant des substituts monétaires est une monnaie-promesse. Son contrat de monnaie dit que tout substitut monétaire correspond à une certaine masse d'or possédée par la banque. Le contrat de monnaie dit aussi que l'utilisateur d'un support monétaire pourra obtenir l'or substitué promis. Un substitut monétaire est un support monétaire.

Le contrat de monnaie d'un substitut monétaire est identique à un contrat de monnaie d'un certificat de dépôt d'or. Dans les deux cas, le valorimètre est l'or.

L'or promis est physiquement dans les coffres de la banque. Sauf cambriolage de son stock d'or, elle pourra remettre l'or promis. C'est alors une banque sans réserves fractionnaires, une banque 100 % or.

Le taux d'intérêt d'un prêt de substituts monétaires inclut deux facteurs de coûts. Le premier facteur de coût est le coût de la protection d'un stock d'or. Le deuxième facteur de coût est le coût d'opportunité de l'immobilisation financière d'un stock d'or stérile. Ce coût d'opportunité est celui que rapporterait un capital productif et ayant même valeur que le stock d'or.

Le taux de prêt des substituts monétaires est donc nécessairement supérieur au taux d'un prêt d'or.

Banque libre sans or

Une banque libre sans or préférera posséder dix fois plus d'actifs boursiers que la masse monétaire émise. Lorsqu'elle devra honorer sa promesse, elle vendra alors quelques-uns de ses actifs suffisamment liquides pour en obtenir de l'or. Une telle banque libre sans or émet de la monnaie équivalente à l'or. Cette monnaie est une monnaie-promesse.

Dans le cas hypothétique où aucun utilisateur ne demande que son support monétaire soit échangé contre l'or promis, le gain de la banque est la somme de deux sources de revenus. La première source de revenu de la banque est les intérêts perçus des emprunteurs. La deuxième source de revenu de la banque est le revenu d'un capital productif d'une valeur égal à la masse monétaire prêtée.

Dans un autre cas hypothétique, si tous les supports monétaires émis sont convertis en or, le capital de la banque se réduit du montant de la masse monétaire émise et convertie. Le revenu de la banque est alors le montant des intérêts perçus.

Si un tiers des supports monétaires sont convertis en or, la banque a donc conservé un capital productif égal au deux tiers de la masse monétaire. Le gain de la banque est alors la somme de deux sources de revenu. D'une part la banque reçoit le taux d'intérêt de la masse monétaire prêtée. D'autre part, la banque reçoit aussi le revenu produit par un capital productif de égal aux deux tiers de la masse monétaire.

Moins les support monétaires seront convertis en or, meilleur sera le revenu de la banque.

Monnaie-indice

Un valorimètre de monnaie peut utiliser un indice. Une banque libre peut choisir valablement un tel valorimètre de monnaie. Cet indice peut être un indice des prix moyens de certaines marchandises. Cet indice est évalué par un cabinet d'experts, indépendant de la banque. Le valorimètre d'une monnaie peut être fondé sur un tel indice des prix.

Une variation excessive de la monnaie par rapport à ce valorimètre serait une faute de la banque émettrice. Un tribunal condamnerait alors la banque à verser des dommages et intérêts aux utilisateurs de monnaie lésés. Le montant de ce dommage serait égal à la différence de cours entre cette monnaie et l'indice des prix.

Une monnaie-indice est une monnaie-promesse.

Création de monnaie-promesse

Un monnayeur émet de la monnaie-promesse. Il peut créer une plus grande quantité de monnaie-promesse à condition qu'il puisse honorer sa promesse. Le monnayeur fait en sorte de posséder les actifs nécessaires pour honorer son contrat de monnaie.

Les actifs possédés par un monnayeur de monnaie-promesse dépendent de la nature de son contrat de monnaie, et en particulier du valorimètre de cette monnaie. Ces actifs dépendent de la nature de ses obligations envers les utilisateurs de sa monnaie-promesse.

Par exemple, le contrat de monnaie d'une monnaie-promesse stipule un versement d'or à l'utilisateur de monnaie sous un certain délai. Le contrat de monnaie stipule les pénalités en cas de dépassement du délai maximal. Le monnayeur devra posséder de l'or avant ce délai maximal. Le monnayeur possède un peu d'or, d'autres actifs liquides, comme des actions cotées en Bourse. et des actifs peu ou pas liquides. Certains actifs ont une bonne vendabilité, sans être très liquides. Certains actifs ont une mauvaise vendabilité mais procurent un revenu. Ainsi certaines reconnaissances de dette procurent un bon revenu, mais sont peu vendables.

Le monnayeur choisit ses actifs en fonction du délai maximal de versement de l'or, et en fonction du montant des pénalités de retard. Si le délai maximal est immédiat et que les pénalités sont très élevées, le monnayeur aurait intérêt à posséder autant d'or que la masse monétaire émise.

Traductions

  • en anglais monnaie-promesse est 'representative money' ou 'credit money'

Voir aussi

Liens externes


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