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Monopole universitaire

De Wikiberal

Le monopole universitaire désigne le monopole que s'est octroyé l'État en matière d'enseignement universitaire. Les libéraux en ont été les critiques les plus virulents, soulignant le danger à confier à une seule autorité l'ensemble de l'éducation d'un pays. Les catholiques ont été également très actifs contre le monopole universitaire. Charles de Montalembert, catholique et libéral, le qualifia de « communisme intellectuel ».

Présentation

Le monopole fut instauré par Napoléon Bonaparte en 1806, par une loi qui entérine la création de l'université impériale ou Université : mais attention, ce terme désigne à l'époque l'Éducation nationale et non l'enseignement supérieur comme aujourd'hui. L'État prenait en main une partie de l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur, laissant le reste à la charge des communes. Ce monopole fut supprimé par la loi Falloux du 15 mars 1850 puis en 1875 par le libéral Édouard Laboulaye mais rétabli par la suite par Jules Ferry.

Ferry octroya par la loi du 18 mars 1880 à l'État, l’exclusivité dans la délivrance des diplômes de l’enseignement supérieur. Le titre d'université était et reste strictement réservé aux organismes publics, alors que dans le reste du monde peuvent exister des universités privées telles l'université de Buckingham ou l'université Francisco Marroquin. Ainsi, la loi du 18 mars 1880 énonce-t-elle dans ses articles quatre et cinq :

« Les établissements libres d'enseignement supérieur ne pourront, en aucun cas, prendre le titre d'universités. Les certificats d'études qu'on y jugera à propos de décerner aux élèves ne pourront porter les titres de baccalauréat, de licence ou de doctorat. […] Les titres ou grades universitaires ne peuvent être attribués qu'aux personnes qui les ont obtenus après les examens ou concours réglementaires subis devant les professeurs ou jurys de l'État[1]. »

Seules les universités catholiques, fondées avant l'interdiction, peuvent porter le titre d'université. Cette interdiction, sans fondement autre que la volonté étatique de pouvoir contrôler l'enseignement à sa convenance, fausse complètement l'émulation que les organismes privés pourraient exercer sur l'université publique, au bénéfice des élèves. Ainsi, au Royaume-Uni, l'université de Buckingham est elle considérée selon la National Student Survey de l'institut de sondage Mori comme l'université répondant le mieux aux besoins de ses élèves. Plus petite qu'une université classique, elle répond aussi davantage aux besoins exprimés par ses élèves, permettant l'acquisition de certains diplômes en deux ans au lieu de trois. Comme l'explique le doyen de Buckingham, le professeur Terence Kealey, « nous sommes les seuls à travailler en priorité pour les étudiants. Les autres privilégient d’abord les objectifs du gouvernement ». De même, au Guatémala, l'université Francisco Marroquin est-elle devenu en une trentaine d'années la meilleure université du pays, au plus grand bénéfice de la population locale et du pays.

Parmi les personnalités s'y opposant aujourd'hui, on nommera Philippe Nemo ou Michel Leter.

Citations

  • « Que l’État garde donc son Université, si bon lui semble, mais qu’il nous laisse, ainsi que la Charte l’y oblige, la liberté d’en rester dehors, sans être frappés d’incapacité et d’ilotisme. » (Charles de Montalembert, Du devoir des catholiques dans la question de la liberté de l’enseignement)
  • « De tous les monopoles, le pire c'est celui de l'enseignement  » (Frédéric Bastiat)

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes

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