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Pellegrino Rossi

De Wikiberal
Pellegrino Rossi
juriste et homme politique

Dates 1787-1848
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Tendance libéral classique
Origine Italie Italie puis France France
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Pellegrino Rossi

Pellegrino Rossi né à Carrare dans le duché de Modène, le 13 juillet 1787, assassiné à Rome le 15 novembre 1848, est un juriste et homme politique italien naturalisé français. Il a joué un rôle, successivement en Italie, en Suisse et en France, avant de finir, tragiquement, dans sa première patrie. Il fut le successeur de Jean-Baptiste Say au collège de France.

Biographie

Il s'est formé à l'économie politique, dès ses débuts d'études universitaires à la faculté de Bologne auprès de Luigi Valeriani[1]. Docteur en droit de Bologne, où il est nommé professeur en 1814, il doit fuir l'Italie en avril 1815 devant les armées autrichiennes.

Il se réfugie à Genève, dont il acquiert la bourgeoisie en 1820 ; l'année précédente, il était devenu le premier professeur catholique à l'Académie. Il y enseigne le droit civil, le droit constitutionnel et l'économie politique ; il donne aussi un cours d'histoire romaine et (1831) d'histoire suisse. Il fréquente le salon de Madame de Staël à Coppet.

Dans son activité parlementaire genevoise aussi bien que dans son enseignement, ses écrits et son mandat, bref mais essentiel, sur le plan fédéral, Rossi s'est défini comme un libéral modéré, un patriote et un fédéraliste.

Membre du Conseil représentatif dès 1820 - le premier dont le français n'était pas la langue maternelle -, il est désigné en 1832 comme l'un des deux députés du canton à la Diète fédérale ; il fait partie de la Commission chargée de la révision du Pacte fédéral ; nommé rapporteur le 22 novembre, il dépose son rapport, qui fut d'emblée appelé le pacte Rossi, le 15 décembre déjà. Partisan d'une « marche mesurée », d'une « allure sage et réglée », il appartient à cette génération de libéraux genevois qui conduisent la République vers une plus grande ouverture sans qu'une révolution soit nécessaire. Sa conviction que la Confédération doit s'acheminer vers une plus grande unité sans renier ni abandonner son fédéralisme (« En Suisse, la séparation est naturelle, la fusion rationnelle, son histoire est le développement de ces principes : ni séparation complète, ni fusion absolue »), s'est concrétisée dans le projet de nouveau Pacte, équilibré et réaliste.

Son auteur le défend devant la Diète de Zurich au printemps 1833 ; lors de la discussion, le projet se heurte à une opposition provenant de tous les azimuts : trop centralisateur pour les uns (les ultra-conservateurs, soit Neuchâtel, Bâle-Ville et les Waldstätten), trop timide pour les radicaux, qualifié d' « œuvre des doctrinaires des cantons romands » ou de tremplin pour les ambitions personnelles de Rossi, il succombe définitivement en juillet après le vote négatif du canton directeur de Lucerne.

Envoyé à Paris pour une mission diplomatique, Rossi quitte alors le territoire et le service de la Suisse pour une nouvelle carrière en France sous la Monarchie de Juillet : professeur d'économie politique au Collège de France (1833), titulaire de la nouvelle chaire de droit constitutionnel en 1834 - son cours connaît des débuts tumultueux et se voit suspendu au bout de trois jours -, membre de l'Institut en 1836, il reçoit la nationalité française en 1838; l'année suivante, le roi Louis-Philippe le nomme Pair de France - il sera même comte en 1846 ; il devient ambassadeur auprès du Saint-Siège.

Privé de sa chaire et de son poste par la révolution de février 1848, il reste dans la Ville éternelle et, après un premier refus en juillet, accepte le 15 septembre de constituer le gouvernement de Pie IX, où il dirige les ministères de l'Intérieur et des Finances. Deux mois plus tard très exactement, il est assassiné d'un coup de poignard ; sa mort ouvre la voie à l'émeute, à la fuite du pape, à la proclamation de la République romaine.

Annexes

Notes et références

  1. Luigi Valeriani (1758-1828) considéré par la tradition italienne comme un des précurseurs de l'analyse mathématique en économie

Oeuvres

  • 1825. Traité de droit pénal, 3 vol.
  • 1839. Cours d’économie politique, 2 vol.
  • 1845. Préface au traité de Malthus sur la population.
  • 1857. Mélanges d’économie politique, d’histoire et de philosophie, 2 vol.
  • 1859. Traité du droit constitutionnel français, 2 vol
  • 1866-1867. Cours de droit constitutionnel publié par A. Porée, 4 vol.
  • S.d. Annales de législation et de jurisprudence, 5 vol., Genève.

Bibliographie

  • Notice sur la vie et les travaux de M. Pellegrino Rossi, par M. Mignet, séance de l’Académie des Sciences morales et politiques du 24 novembre 1849.
  • Alfred Dufour, Hommage à Pellegrino Rossi (1787-1848), Bâle et Genève 1998

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