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Pragmatisme

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Le terme de pragmatisme vient du mot grec pragma (pratique), et couvre plusieurs sens désignant en général un mouvement de pensée mixte introduit en philosophie, selon William James, par Charles Peirce en 1878.

Pour les pragmatistes, la connaissance doit servir à résoudre des problèmes concrets, et pas seulement dans l'objectif d'être accumulée afin d'augmenter le savoir. Cette doctrine philosophique est représentée par William James[1], John Dewey, George Mead[2], A. Bain et Charles Sanders Peirce[3]. Ils appuient leurs analyses sur la pratique, les actions, les usages afin d'élaborer des concepts qui sont aussi des outils de vérification de ces mêmes concepts mais aussi des instruments de progression de ces concepts en modifiant les habitudes, les pratiques, les actions.

Dans le langage populaire, le pragmatisme est souvent confondu avec un alibi mercantile ou un utilitarisme étroit. Pour Charles Peirce, la préoccupation épistémologique est avant tout de promouvoir une philosophie qui soit une méthode de clarification des idées[4]. Sa philosophie renoue avec le réalisme pratique de Duns Scot[5] car il fait valoir que les concepts sont des "habitudes d'action".

Le pragmatisme de William James

Le pragmatisme de William James se base sur une psychologie et une philosophie de l'action. Il estimait que les individus sont essentiellement des "animaux pratiques" dont l'esprit les aide à s'adapter à leur environnement. Les êtres humains naissent avec des «réactions» qui forment la base du développement humain.

  • La réaction de curiosité : une impulsion vers la cognition. William James pense que les humains sont naturellement amenés à apprendre.
  • La réaction naturelle du Droit de propriété. Les gens ont un instinct pour s'approprier leurs propres idées, en faisant des associations d'idées qui peuvent devenir des routines.
  • La réaction de l'émulation, c'est à dire une impulsion à imiter les autres. Parce que les gens ne veulent pas se considérer comme inférieurs aux autres, le ressort le plus actif de l'action humaine provient de l'observation et de la tentation d'imiter l'autre action humaine. William James anticipe en ceci, la théorie de l'apprentissage vicariant d'Albert Bandura.

Lorsque les gens prêtent attention à ce qui les intéresse, le résultat est l'aperception, c'est à dire l'acte de placer une chose dans l'esprit. La compréhension du réel provient de la capacité de l'homme à intégrer de nouveaux concepts et de nouvelles expériences à ce qu'il a déjà appris.

Notes et références

  1. Pour William James (New York 1841-1910 Chocorua), « Le vrai consiste simplement dans ce qui est avantageux pour la pensée»
  2. George Herbert Mead (1863-1931)
  3. Au pragmatisme, Charles Sanders Peirce (1839-1914) préfère utiliser le terme de pragmaticisme/
  4. "Considérer quels sont les effets pratiques que nous pensons pouvoir être produits par l'objet de notre conception. La conception de tous ces effets est la conception complète de l'objet" ("Comment rendre nos idées claires", Revue philosophique, 1879.)
  5. Duns Scot était un théologien anglais, adversaire de Thomas d'Aquin, vers 1270-1308.

Bibliographie

  • 1907, William James, Pragmatism. New York : Longmans, Green
  • 1964, H. S. Thayer, Pragmatism, In: D J. O'Connor, dir., A critical history of western philosophy, New York : The Free Press
  • 1971, Gérard Deledalle, "Le pragmatisme, textes choisis", Paris, Bordas
  • 1980, C. Kates, Pragmatics and semantics : An empiricist theory. Ithaca, NY : Cornell University Press
  • 1981, K. O. Appel, Charles S. Peirce: From Pragmatism to Pragmaticism, Amberst, MA: University of Massachusetts Press
  • 1993, Claudine Thiercelin, C.S. Peirce et le pragmatisme, Paris, PUF (coll. Philosophies)
  • 2010, Heidi White, « William James’s Pragmatism », European Journal of Pragmatism and American Philosophy, , II-1 | 2010

Citations

  • La vérité d'une idée n'est pas une propriété qui se trouverait lui être inhérente et qui resterait inactive. La vérité est un événement qui se produit pour une idée. Celle-ci devient vraie, elle est rendue vraie par les événements. Sa vérité est en fait un événement, un processus : à savoir le processus qui consiste à se vérifier elle-même, sa véri-fication. Sa validité est le processus de sa validation. (William James)

Liens externes

  • (fr)Pragmata, revue d'études pragmatistes de l’association francophone d’études pragmatistes

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