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John Dewey

De Wikiberal

John Dewey (né à Burlington, dans le Vermont, aux USA en 1859- décédé en 1952 à New York) était un philosophe fonctionnaliste, psychopédagogue américain et fondateur de l'École de Chicago de psychologie. il est diplômé de l’université en 1879 et exerce brièvement les fonctions d’instituteur. À l’université John Hopkins, il reprend des études de philosophie. Il est alors influencé par le philosophe George S. Morris, idéaliste néo-hégélien. En 1884, il soutient sa thèse sur la psychologie de Kant. Il suit le courant du pragmatisme pour lequel la signification est liée à son contexte d’usage, à son environnement, à une expérience en cours. Le sens d'une action est toujours située. John Dewey adopte une vision politique de la pédagogie. Pour lui, l'école est un moyen de transformer la société et de faire advenir une véritable démocratie.

L'école laboratoire

Il ouvre l'école laboratoire en janvier 1896 dont le cœur du projet est de relier en un même lieu recherche et application (université et école élémentaire). L’école est un laboratoire où les élèves mettent en pratique la vie communautaire. Des valeurs structurantes comme la coopération, le partage des objectifs, la mise en commun des ressources comme des connaissances, le développement de l’autonomie et de la perspicacité sociale sont au cœur de sa vision pédagogique. Il s'écarte donc d'une vision économique stricte qui lierait la valeur marchande à la valeur qu'un individu peut produire dans la société. Il pose pour principe que pour motiver un individu, le sens d'une activité prime sur les bénéfices que cette activité peut engendrer.

La classe s'organise sous forme de projets qui mettent en avant les compétences des métiers anciens ou des activités quotidiennes : cuisine, couture, petite menuiserie, bricolage... Par exemple, les enfants créent une ferme miniature en faisant pousser des céréales qu'ils revendent sur le marché local. Les compétences se mettent en route lorsqu'il y aune recherche de connaissances. Par exemple, l'enfant éprouve le besoin de lire lorsque son activité l'exige. L’apprentissage des fondamentaux : lire, écrire compter est toujours présent mais c'est la méthode de mise en place qui est différente. L'école traditionnelle a pour habitude de punir, d'exclure ou de mal noter. John Dewey, reprend à rebrousse poils cette approche. Pour lui, c’est l’intérêt pour une tâche qui motive l'enfant à apprendre et non la crainte de l'autorité.

Il s'est intéressé aux techniques d’apprentissage plus stimulantes que l'approche classique. Dans son approche pédagogique par projet, l'enseignant propose aux étudiants des activités (ou projets) qui les impliquent davantage. Ainsi, les élèves s’approprient plus aisément une notion et apprennent bien plus vite qu’avec des techniques pédagogiques classiques.

John Dewey proposa la pédagogie progressive afin de résoudre les problèmes de l’école en milieu industriel à la fin du XIXe siècle. Il élabore une nouvelle théorie qu'il nomme instrumentalisme qui s’apparente au pragmatisme de Charles Peirce. Il met l’enfant et ses activités au centre de ses préoccupations. C'est pourquoi il lie l'expérience de vie avec l'expérience d’apprentissage. En effet, toute expérience vécue dans un domaine particulier est un apprentissage qui enrichit le reste de nos expériences potentielles à venir.

L'enquête

Pour John Dewey, l'enquête donne du sens à l'action. Elle se manifeste à l'individu tout d'abord lorsqu'il rencontre une difficulté (par exemple une promenade bloquée par un fossé qui s'interpose devant un marcheur). La situation implique un questionnement (Que dois-je faire ? Dois-je sauter par-dessus le fossé en un seul bond ?). L'enquête implique donc l'émergence d'une première idée de résolution du problème. Puis, l'enquête se poursuit en vérifiant si l'idée de résoudre ce problème correspond à la réalité des faits (Est-ce que le fossé n'est pas trop large pour mes capacités de sauteur ?). Vient alors une deuxième propriété de l'enquête, la persistance. Ce n'est pas parce que al première idée n'a pas abouti à la résolution du problème qu'il faut abandonner l'enquête. Vient donc une deuxième idée de résoudre le problème (Il y a peut-être un passage plus étroit franchissable un peu plus loin). La question nécessite une observation des faits. Le fait permet aussi d'engendrer une idée. par exemple, le fait de voir un tronc d'arbre sur le chemin peut nous donner l'idée de déplacer celui-ci entre les deux bords de la falaise. Alors, entre en jeu l'action qui vérifie et confirme le processus de l'enquête.

Pour John Dewey, la réussite de nos actions donne du sens si une idée est vraie ou non. Il n'y a donc pas de nature vraie de l'idée par essence mais la réalité se révèle par des actions en conformité avec les idées qui les engendrent. John Dewey précise que l’environnement dans lequel naît l'expérience de l'action est de nature biologique et culturelle. Aussi, les relations entre ces deux sphères ne peuvent se faire que par le langage pour qu'il existe une continuité culturelle et organique entre les êtres et leur environnement. La participation de l’individu avec son milieu, indique John Dewey, commence dès sa naissance de façon infra-consciente. L'expérience façonne continuellement les capacités de l’individu. Elle modèle ses idées, crée des habitudes et éveille ses sentiments et ses émotions.

Annexes

Publications

  • 1910, "The Influence of Darwin on Philosophy and Other Essays in Contemporary Philosophy", New York: Holt
  • 1967, "Logique, la théorie de l’enquête", Paris, puf, traduit par G. Deledalle
  • 2004, "Comment nous pensons", Paris, Le Seuil collection: Les Empêcheurs de penser en rond, traduit par O. Decroly

Littérature secondaire

  • 1936, Frank Knight, “Pragmatism and Social Action” [Commentaire du livre de John Dewey, "Liberalism and Social Action"], International Journal of Ethics, Vol 48, January, pp229-236
    • Repris en 1947, In: Frank Knight, dir. "Freedom and Reform", New York: Harper & Brothers, pp44-54
  • 1966, A. C. Edwards, K. C. Mayhew, "The Dewey School", New York, Atherton
  • 1993, R. S. Westbrook, "John Dewey", Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée, Paris, UNESCO, pp277-293
  • 1995, Gérard Deledalle, "La théorie pédagogique de John Dewey", In: Gérard Deledalle, dir., "John Dewey", Paris: Presses Universitaires de France, « Education et formation / Pédagogues et pédagogies », pp7-44
  • 2002, Richard Posner, "Dewey and democracy: A critique", Transactional viewpoints, 1(3), pp1–4
  • 2003,
    • J.-.P. Cometti, dir. "John Dewey. Reconstruction en philosophie. Œuvres philosophiques, tome I", traduit par P. Di Masio, Presses universitaires de Pau, Éditions grapphic
    • J.-.P. Cometti, dir. "John Dewey. Le public et ses problèmes, Œuvres philosophiques, tome II", traduit par J. Zask, Presses universitaires de Pau, Éditions grapphic
  • 2005,
    • J.-P. Cometti, dir., "John Dewey. L’art comme expérience, Œuvres philosophiques, tome III", traduit par C. Domino, F. Gaspari, C. Mari, N. Murzilli, C. Pichevin, J. Piwnico, G. Tiberghien, Presses universitaires de Pau, Farrago
    • Masato Kimura, "Schutz ha Dewey “Ronrigaku”wo dou yondaka." [How did Schutz read Dewey's “Logic”?], Wasedadaigaku Daigakuin Bungaku Kenkyuuka Kiyou [Bulletin of the Graduate Division of Literature of Waseda University], Vol 50, n°1, pp91-100
  • 2010, Emmanuelle Rozier, "John Dewey, une pédagogie de l'expérience", La lettre de l'enfance et de l'adolescence? Vol 2010/2-3, n°° 80-81, pp23-30
  • 2017, Matthias Pepin, "Le développement de compétences à l’école primaire au regard de la théorie de l’enquête de Dewey", Éducation & Francophonie, vol 44, n°2, pp19-39