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André Arnoux

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André Arnoux
Entrepreneur

Dates 1895-1971
André Arnoux
Tendance Libéral classique
Nationalité France France
Articles internes Autres articles sur André Arnoux

Citation
Interwikis sur André Arnoux

André Arnoux, né à Paris le 20 mars 1895 et mort le 6 juin 1971, est un entrepreneur français. Il se fit connaître à partir de 1916 par des communications à l'Académie des Sciences, proposant des inventions qui furent jugées aussitôt utiles pour la défense de la France, alors en guerre.

Biographie d'André Arnoux

L'industriel

Sous son action, l'usine fondée par son père prit rapidement une extension considérable pour atteindre à la fin de la décennie 1960, à Paris, une surface de 15 000 mètres carrés. Elle employait 1 200 personnes, dont plus de 100 ingénieurs et techniciens. Une nouvelle usine fut mise en activité à Conches dans l'Eure.

Il fit prendre à la Société plus de 400 brevets, dont un grand nombre d'entre eux déposés à l'étranger. Il a aussi enrichi la gamme française de la Mesure d'appareils originaux et ingénieux, dont certains sont à ce point réputés que le nom de la firme les distingue et les désigne, dans le vocabulaire industriel.

Le chef d'entreprise

André Arnoux s'est distingué pour sa passion entrepreneuriale. Il a toujours été attentif aux rapports humains au sein de son entreprise où tous les problèmes du travail ont été réglés, sans qu'il n'y ait jamais eu de grèves.

S'il s'est distingué par un esprit d'invention hors pair, il s'est aussi distingué par le goût et le talent de l'organisation des ensembles humains et la portée hautement philosophique de sa réflexion. Cet industriel respecté incarnait remarquablement le "philosophe en action" comme Gaston Berger aimait à qualifier le chef d'entreprise dont il avait proposé le modèle en 1954 dans une conférence remarquée.

Écoutons André Arnoux paraphraser Paul de Tarse à propos du comportement moral du chef d'entreprise : « D'abord un grand secret : aime-les tous. Sans la charité tu n'es qu'une calebasse sonore ». Et plus loin : « Ne méprise personne. Cet insignifiant mal habillé est un grand savant, cet infirme a parcouru le monde, ce vulgaire est un héros ». Et cette phrase que Saint-Exupéry n'eût pas désavouée : « Un chef, c'est une machine à souffrir pour le bien d'autrui ».

Le fondateur de l'ALEPS

André Arnoux a été, en 1966, un des fondateurs de l'Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS), qui a fêté en 2016 son cinquantième anniversaire.

Il a créé en 1967 un prix littéraire, le Grand Prix André Arnoux, pour distinguer un ouvrage mettant en relief le rôle de la liberté économique comme facteur du progrès social et de la promotion de l'homme. Son intention du fondateur était d'encourager les recherches théoriques et pratiques dans cette direction, ainsi que l'information du public en cette matière. Les cinq membres du jury étaient élus par le conseil d'administration de l'ALEPS et devaient choisir le lauréat. Par exemple, le Grand prix André Arnoux de l'année 1967 alla à Jacques Rueff et celui de 1968 à Maurice Allais .

L'homme de lettres.

André Arnoux a été aussi homme de lettres. Il a écrit des ouvrages dont plusieurs sont consacrés aux problèmes des rapports sociaux et à la morale pratique.

On découvre ainsi le moraliste dans La voie du bonheur (Pratique de la vie) (1944), dans Livre de la tendresse (1961) et dans Livre de la plénitude (1963, préfacé par le Général Weygand)) (trois ouvrages publiés par les Nouvelles éditions latines), le conteur dans Le crabe mou (1929, Didier) ou dans les fractures du bassin chez les solipèdes (1935), le poète dans Petites Choses pour le cœur (1934, Nouvelles éditions latines), l'homme des méditations dans L'appel intérieur (éditions Albatros), le romancier dans les joies, l'amour, l'effort (1949), La fiancée morte et dans Pitjim (1970) (trois ouvrages publiés par les Nouvelles éditions latines).

L'un de ses ouvrages a été couronné par l'Institut.

André Arnoux était aussi Commandeur de la Légion d'Honneur.

Un philosophe de la vie

Tel est l'intitulé d'un hommage rendu à André Arnoux par l'historien Claude Harmel en 1973 et dont les lignes suivent.

« Si les historiens de l'industrie, au lieu de s'en tenir aux phénomènes généraux, daignaient s'intéresser un peu plus à la personne de ceux qui créèrent les entreprises et qui les conduisirent depuis [un peu plus] de deux siècles que l'ère industrielle a commencé pour nous, ils découvriraient non sans surprise peut-être que nombre de ces industriels en qui ils ne voient de loin que des ingénieurs, des financiers, des conducteurs d'hommes - quand ce n'est pas le simple reflet des lois économiques - ont été aussi non seulement des hommes cultivés (et quelquefois de grande culture), mais également des penseurs et des écrivains originaux.
« André Arnoux était de ceux-là.
« Homme d'affaires, technicien, patron, il le fut autant que nul autre, avec passion et avec bonheur : son succès en témoigne, mais on lui avait donné à choisir, et à supposer que les diverses parties de son activité fussent séparables, il aurait sans doute préféré son œuvre littéraire à son œuvre industrielle.
« A la vérité, ce choix eût été pour une part très injuste, car sans l'œuvre industrielle, l'œuvre littéraire ne présenterait vraisemblablement par la même densité humaine, mais André Arnoux devait plus ou moins clairement sentir que celle de ses œuvres dont il paraissait faire le moins de cas se retrouvait largement dans l'autre.
« Il a montré dans deux romans La fiancée morte, Pitjim, qu'il savait lui aussi mettre en œuvre les drames et les plaisirs de la vie privée, des rapports entre les êtres, qui forment ce qu'on appelle la vie sentimentale.
« Son expérience de l'âme humaine dépassait largement ce cadre où se meuvent presque exclusivement tant d'écrivains, un peu comme s'ils tournaient la meule (et heureusement pour eux que le grain qu'il broie est plein de substance).
« Plus qu'un romancier, André Arnoux était un moraliste, un moraliste dans l'acception qu'on donnait de ce mot aux dix-septième siècle, au moins pour une bonne part, un observateur et un analyste du comportement des hommes, mais un observateur et un analyste qui, de son analyse et de ses observations dégagent un enseignement, une sagesse. Ce qui fait le prix de La voie du bonheur (Pratique de la vie), du Livre de la plénitude, du Livre de la tendresse, c'est que l'homme dont ils parlent et pour qui ils parlent n'est pas seulement saisi, observé, comme on dit, "dans le monde", dans les salons, sur le terrain de golf ou en famille. Il l'est dans sa vie professionnelle, dans des rapports sociaux qui soumettent la nature humaine à d'autres pressions, à d'autres exigences que la vie privée ou la vie mondaine.
« De prime abord, on pourrait croire le contraire.
« En effet, André Arnoux était, quant aux style, un classique. Non seulement il aimait présenter sa pensée, en aphorismes à la manière antique ("c'est par l'affirmation que l'opinion se forge") en phrases ramassées qui font balle et qui, d'ailleurs, très curieusement, frappent l'intelligence autant qu'une démonstration en même temps qu'elles émeuvent la sensibilité, mais il évitait les personnalités, les précisions si l'on peut dire trop localisantes, et il donnait à l'idée un tour impersonnel, universel comme on disait au Grand Siècle. Ses affirmations semblent donc découler de quelque vérité éternelle, d'une science de l'homme puisée dans la contemplation de l'Idée de l'Homme. Mais ce n'est qu'une apparence.
« Regardons de plus près : c'est l'homme concret, c'est l'homme de tous les jours qui a fourni la matière de ces pensées et celui qui les formule a eu à se faire une place et à la garder parmi ses pairs - qui sont aussi des adversaires, des concurrents - à commander des hommes, et à les commander là où l'obéissance n'est pas de droit, comme dans l'armée, mais où l'autorité se conquiert de nouveau chaque jour. Le cheminement du moraliste n'est pas allé de l'idée au fait, mais du fait à l'idée.
« Assurément, c'est son expérience directe à la fois de chef d'hommes et de combattant industriel (car le chef d'entreprise est constamment en guerre dans une économie de marché) qui a inspiré à André Arnoux sa hiérarchie des qualités de l'homme. Sa sensibilité, son goût de l'émotion auraient pu l'inciter à donner à l'affectivité la première place : il lui assigne le troisième rang, après l'intelligence, et, quelque passion qu'il eût pour celle-ci, c'est au caractère qu'il donnait le pas sur les deux autres. Être d'abord, comprendre ensuite, sentir enfin : c'était sa règle et son conseil. 'L'émotion, c'est de l'énergie dégradée'. 'La volonté passe avant l'intelligence, car s'il faut prévoir, il faut avant tout agir'. Pensées d'homme d'action qui, s'il aime savourer tous les délices de l'affectivité dans l'intimité de la vie personnelle, sait en demeurer le maître et ne lui permet jamais d'empiéter sur l'intelligence, encore moins sur la volonté : elle les sert, et sans doute leur manquerait-il beaucoup sans cette servante, mais elle doit rester à son rang.
« Beaucoup s'étonneront aujourd'hui qu'on fasse résider l'être dans la volonté : les philosophies à la mode le situe, elles, dans les forces obscures de la sensibilité auxquelles il suffirait de s'abandonner pour s'épanouir. Rien n'était plus loin de la pensée d'André Arnoux. Curieux de tout, il n'ignorait pas ce qu'on appelle la psychologie des profondeurs, et à l'occasion lui faisait des emprunts fructueux : il n'en maintenait pas moins avec fermeté le primat de la volonté. L'homme est parce qu'il veut. Sinon, il n'est qu'une épave ballottée au gré d'impressions et de forces qui sont en lui sans doute, mais qui lui sont cependant étrangères, du moins tant qu'il ne les domine pas ou ne les apprivoise. Mais on sent qu'elles passeront bientôt, les philosophies à la mode, car les esprits, qu'une pensée rationaliste desséchée laissait insatisfaits, ont cédé à la séduction des forces irrationnelles, mais leurs délices les effraient et les lassent, et ils cherchent aujourd'hui une pensée, une morale, disons une règle de vie, qui, comme celle d'André Arnoux, tout en faisant sa large place à la sensibilité, restitue la première à la volonté. » (Claude Harmel, 1973)

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