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Annie Kriegel

De Wikiberal
Annie Kriegel
Historien

Dates 1926 - 1995
Annie Kriegel.jpg
Tendance Anticommunisme
Origine France France
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Annie Kriegel

Annie Kriegel, née Annie Becker le 9 septembre 1926 à Paris et décédée le 26 août 1995 dans la même ville, est une universitaire, historienne, sociologue et éditorialiste française. Ancienne communiste, elle change de position après les événements qui secouent les démocraties populaires d'Europe de l'Est en 1956. Elle devint progressivement une critique particulièrement lucide du communisme et une spécialiste reconnue de cette idéologie.

Présentation

Elle nait dans une famille juive alsacienne, installée à Paris depuis 1870[1]. C'est la sœur de l'historien Jean-Jacques Becker.

Elle échappe de juste à la rafle du Vél' d'Hiv', le 16 juillet 1942. Elle fuit en zone Sud et s'engage dans la Résistance la même année : elle rejoint à seize ans la Jeunesse communiste de la Main d'Œuvre Immigrée (M.O.I.). Elle expliquera dans ses Mémoires que cette adhésion était alors presque le fruit du hasard et qu'elle aurait pu rejoindre la résistance gaulliste. Ces derniers cependant « avaient une finalité militaire et n’acceptaient pas de volontaires féminines, de surcroît si jeunes. »[2]

À la Libération, normalienne, elle entre « en communisme » et adhère au Parti communiste français. Elle obtient avec brio son doctorat d'histoire et, parallèlement, devient responsable de la section idéologie de la fédération de Paris (Seine à l'époque), pendant la période du stalinisme triomphant. Elle exerce des fonctions de permanente du Parti de 1948 à 1954, avec en particulier la charge de veiller sur les intellectuels du parti, dont, par exemple, François Furet. Elle est à la tête de La Nouvelle Critique, la revue idéologique du parti[1].

Elle prend ensuite ses distances, avant de quitter le Parti en 1956, à la suite des révélations sur le stalinisme du XXe congrès du PCUS. Devenue ensuite éditorialiste au Figaro, son regard s'est fait de plus en plus critique sur le passé du communisme français.

Par la suite, elle consacre son travail à l'histoire du communisme, dont elle devient une des plus acerbes critiques. Dans les années 1970, ses travaux sur la naissance du PCF font partie des premières recherches sur ce sujet sensible : ce segment de l'histoire devient un champ de recherche à part entière. En 1982, elle fonde avec Stéphane Courtois la revue Communisme. Douze ans plus tôt, elle avait également participé à la création de la revue Commentaire[3].

Elle fut, presque jusqu'à la fin de sa vie, professeur de sociologie politique à l'université de Paris X - Nanterre. Elle y enseignait depuis 1969.

Elle avait épousé Guy Besse, dont elle divorça, puis Arthur Kriegel, frère du militant communiste Maurice Kriegel-Valrimont.

Il existe un congrès d'histoire, fondé après sa mort, qui porte son nom. L'historien Emmanuel Le Roy Ladurie, Pascal Cauchy, Patrick Guis et Arthur Kriegel en font notamment partie.

Travaux

Elle a principalement travaillé sur le communisme et ses déclinaisons soviétiques ou françaises. Elle a en particulier écrit en 1972 un ouvrage sur Les Grand Procès dans les systèmes communistes. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur le PCF et ses adhérents ou sympathisants, sujet qu'elle connaissait de l'intérieur et pouvait observer de l'extérieur. Ses travaux ont été salués par les universitaires. Ainsi Robert Paxton, spécialiste de l'histoire française enseignant à Columbia dit de son ouvrage sur Les Communistes Français : It is « the most probing single work on the French Communist Party, and perhaps on any Western Communist party »[4].

C'est elle qui a lancé les premières recherches en France sur l'instrumentalisation de l'antifascisme par le mouvement communiste international. Elle publia un article à retentissement dans la revue Commentaire, article intitulé « Sur l'antifascisme »[5].

Elle a également écrit plusieurs ouvrages sur le judaïsme.

Œuvres

  • 1964, 1920. Le Congrès de Tours. Naissance du PCF, Paris, Julliard, ISBN 2070288811.
  • 1968,
    • a. Les Communistes français : essai d'ethnographie politique, Paris, Seuil.
      • Traduction anglaise en 1972, The French Communists
    • b. Le pain et les roses:Jalons pour une Histoire des Socialismes, Paris, PUF
  • 1972, Les Grands Procès dans les systèmes communistes, Paris, Gallimard, ISBN 2070352560.
  • 1974, Communismes au miroir français, Paris, Gallimard, ISBN 2070289737.
  • 1977, Les Juifs et le monde moderne.
  • 1982, Israël est-il coupable ?.
  • 1984,
    • a. Le Système communiste mondial.
    • b. Réflexion sur les questions juives
  • 1991, Ce que j’ai cru comprendre (mémoires), Paris, Robert Laffont 842 p.
  • 1996, Le Sacrifice du fils dans les trois monothéismes (participation), Éditions du Cerf.
  • 1997, Eugen Fried. Le grand secret du PCF, Paris, Le Seuil, coll. « Archives du communisme », avec Stéphane Courtois

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Article Annie Kriegel de l'Encyclopædia Universalis
  2. Michelle-Irène Brudny, "Annie Kriegel (1926-1995) et l’histoire du XXe siècle. Quelques jalons", Archives juives, Volume 38 2005/1
  3. Entretien avec Jean-Claude Casanova sur Commentaire
  4. « Annie Kriegel, 68, Historian; French Expert on Communism », The New York Times, 6 septembre 1995, [lire en ligne]
  5. Annie Kriegel, « Sur l'antifascisme », Commentaire, 1990, N°50

Voir aussi

Bibliographie

  • 1992, Stéphane Courtois, Annie Kriegel, Shmuel Trigano, Marc Lazar, Rigueur Et Passion: Mélanges Offerts En Hommage à Annie Kriegel, Le Cerf/Age d'homme
  • 2005, Michelle-Irène Brudny, "Annie Kriegel (1926-1995) et l’histoire du XXe siècle. Quelques jalons", Archives juives, Volume 38 2005/1

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