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Entrepreneur lifestyle

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L’entrepreneur "lifestyle" met en place une stratégie de vie afin de répondre à un besoin d’épanouissement personnel (équilibre familial, cadre de vie, assouvissement d'une passion). Pour ceci, il affirme son besoin d’indépendance et de maîtrise de son projet en évitant de se faire contrôler par des actionnaires et des détenteurs de capitaux externes. Il établit une nuance primordiale entre faire du profit et en rechercher la maximisation. Il anticipe des objectifs de croissance en adéquation avec les besoins financiers de son projet de vie.

Une orientation vers une croissance de son bien-être

L’entrepreneur "lifestyle" se caractérise par son auto-efficacité entrepreneuriale. Il a confiance dans sa capacité à produire une offre singulière. Il arrive facilement à combiner des ressources produites grâce à sa capitalisation d’expériences et grâce à son énergie provenant de sa passion entrepreneuriale. Par conséquent, il se différencie de l'entrepreneur orienté vers la croissance[1]. Il ne s'exclut pas de découvrir ou d'exploiter une opportunité de marché mais cela ne constitue pas son moteur de progression. L'entrepreneur lifestyle crée peu d’emplois car ce n'est pas son critère de réussite. Il n'est pas non plus dans la même démarche que l’entrepreneuriat social, dont le but est de contribuer à améliorer le bien-être social et économique d'un pan de la société.

L’entrepreneur "lifestyle" est plutôt une personne éprise de liberté et d’évasion. Pour elle, la croissance ne reflète pas forcément la création de valeur effective d’une entreprise. Faire du profit est une nécessité, un gain existentiel, mais n'est pas une contrainte de maximisation.

Une évolution de l'individu face aux rigidités du monde du travail

Le comportement de l'entrepreneur(e) lifestyle face au monde du travail moderne correspond à son besoin de se sentir plus libre. Il/elle préfère travailler en solo ou avec des alter ego plutôt que de faire croître sa masse salariale sans mesure. Il/elle tend donc à éviter les relations hiérarchiques. C'est la raison pour laquelle, bien souvent, son unique salarié(e) est son conjoint/sa conjointe. Le statut du salariat implique une relation de subordination du salarié vis à vis de l'employeur ce qui est contraire à la philosophie et au besoin de liberté que veut souvent diffuser l'entrepreneur lifestyle autour de lui.

L'apport du digital dans le développement de l'entrepreneur lifestyle

L'entrepreneur choisit son territoire comme un cadre agréable à vivre. Par exemple, il peut choisir de s'installer sur une île tropicale s'il apprécie la plongée sous-marine durant ses loisirs. Ce choix ne correspond pas forcément avec un avantage propice au développement de son entreprise. Sa zone de chalandise ou les coûts logistiques ne sont pas pris en compte qu'en deuxième ressort mais ceux-ci ne peuvent pas être occultés pour autant. À défaut de proximité physique avec son marché, l'entrepreneur se positionne en proximité de relations grâce à l'utilisation intensive des nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC). Il est certain que l’économie digitale a fortement favorisé ce mode d’entrepreneuriat en aidant l'entrepreneur à s’organiser dans son travail en fonction de son choix de mode de vie.

Un entrepreneur intégré dans un réseau

Il combine passion entrepreneuriale et passion personnelle. C'est la raison pour laquelle on rencontre ce type d'entrepreneur dans l'artisanat et le tourisme. Le partage de sa passion et des valeurs communes créent et consolident le ciment de la relation qu'il noue avec ses clients, ses fournisseurs et autres partenaires économiques.

L'entrepreneur lifestyle s'engage dans des réseaux associatifs en tissant des liens informels. Les individus ne sont pas monolithiques mais des êtres composites qui sont implantés dans de multiples réseaux et tribus. Ils construisent des réseaux personnels qui sont interconnectés.

Annexes

Notes et références

  1. L'entrepreneuriat axé sur la croissance est une forme d'orientation entrepreneuriale qui cherche à créer et à développer des entreprises qui stimuleront la croissance de la productivité, créeront de nouveaux emplois, augmenteront l'innovation, favoriseront l'internationalisation des entreprises et réaliseront une croissance économique durable au sein d'une nation ou d'une région entière ou alors dans un secteur d'activité donné. Les entreprises dénommées les gazelles font partie de cette catégorie. Ce sont des entreprises qui ont au moins entre cinq et dix ans avec une croissance annuelle moyenne supérieure à vingt pour cent par an sur une période de trois à cinq ans. Elles ont au minimum dix employés au début de la période d'observation.  De nos jours, l'éducation à l'entrepreneuriat (EE) est soutenue par les pouvoirs publics sous le prétexte que l'entrepreneuriat est bénéfique pour l'économie de toute société. Or, il s'agit d'un faux prétexte qui mène inexorablement à l'intervention publique. Il existe une hypothèse tacite qui établit des liens entre la fourniture de l'éducation entrepreneuriale et la croissance économique promise, par la découverte ou par la création de nouvelles opportunités, par l'accroissement de l'emploi et par l'amélioration du développement économique dans son ensemble. Les politiques politiques favorisent donc l'entrepreneur de la firme entrepreneuriale aux dépens de l’entrepreneur lifestyle.
    • 1994, V. B. Laetz, G. R. Merz, P. B. Weber, "Linking small business management with entrepreneurial growth", Journal of Small Business Management, 32(4), pp48–60
    • 1997, P. P. McDougall, D. L. Sexton, N. B. Upton, L. E. Wacholtz, "Learning needs of growth–oriented entrepreneurs", Journal of Business Venturing, 12(1), pp1–8

Bibliographie

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  • 2002, M. Henricks, "Not just a living: the complete guide to creating a business that give you a life", Perseus Books Group.
  • 2004, R. Komppula, "Success and Growth in Rural Tourism Micro-Businesses in Finland: Financial or Life-Style Objectives?", In: R. Thomas, dir., "Small Firms in Tourism. International Perspectives", Amsterdam, Elsevier Science, pp115-138
  • 2006,
    • B. Beaver, A. Maritz, "The New Zealand lifestyle entrepreneur", Human capital, Regional Frontiers of Entrepreneurship Research, pp741-754
    • R. Fuloria, S. Marcketti, L. Niehm, "An exploratory study of lifestyle entrepreneurship and its relationship to life quality", Family and Consumer Sciences Research Journal, vol 34, n°3, pp241-259
  • 2014, A. Badulescu, D. Badulescu, "Is there evidence of a European lifestyle entrepreneur in tourism", Annals of University of Oreada, Economic Science, vol 23, n°1, pp49-56
  • 2016, Marie Gomez-Breysse, "L’entrepreneur « lifestyle »", Revue de l’Entrepreneuriat, Vol 15, n°3-4, pp231-256