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Gerald Gunderson

De Wikiberal

Gerald A. Gunderson est professeur d'économie d'entreprise (Chaire Shelby Cullom Davis) et directeur de la fondation "Shelby Cullom Davis" au Trinity College de Hartford, dans le Connecticut, aux Etats-Unis, fonctions qu'il assume depuis 1982.

Il est titulaire[1] d'un doctorat en économie de l'Université de Washington (1967), avec une thèse ("The Social Savings of Steamships") en histoire économique supervisée par Douglass North, lauréat du prix Nobel. Il a occupé des postes de professeur à l'Université du Massachusetts à Amherst (1967-1974), au Mount Holyoke College (1975) et à l'Université North Carolina State (1975- 1978).

Gerald Gunderson a publié de nombreux articles universitaires, y compris des études sur les causes de la guerre civile américaine, sur les causes de la disparition de l'Empire romain, sur l'esclavage et sur les modèles de l'entrepreneuriat. Il a également écrit des colonnes dans plus de vingt journaux aux États-Unis, dont le Wall Street Journal.

Il a travaillé avec les associations professionnelles nationales concernant l'histoire de l'entrepreneuriat, sur les systèmes de l'entreprise privée, sur l'éducation économique et sur les politiques publiques.

Il a été président de l'Association de l'Enseignement des Entreprises Privées (Association of Private Enterprise Education) et jusqu'à récemment, il était rédacteur en chef du Journal de l'entreprise privée. Il a été membre fondateur et membre du Conseil d'administration ainsi que le directeur de l'Academic Advisory Board de l'Institut d'études Yankee des politiques publiques. Il a reçu le prix de la "Freedom Foundation for Excellence in Enterprise" pour l'enseignement privé en 1980. En 1996, il a été nommé par le gouverneur à la commission d'amélioration de l'éducation pour développer des solutions de l'école publique dans le Connecticut.

L'information interne génère l'innovation de l'esprit entrepreneurial (entrepreneurship)

En 1989, Gerald Gunderson écrit un livre : "Les créateurs de richesse : une histoire entrepreneuriale des États-Unis". Il a examiné plus de quarante entrepreneurs sur une période s'étalant sur près de quatre siècles, ce qui constitue un échantillon exceptionnellement vaste et diversifié pour une telle étude. Il a complété sa recherche avec un article paru en 1990. S'appuyant sur le modèle de Joseph Schumpeter, il s'en écarte néanmoins avec quelques amendements.

Les prémisses du modèle de Schumpeter considèrent que les entrepreneurs assument un niveau exceptionnellement élevé de risque, qu'ils assemblent de grandes quantités de capitaux, et qu'ils mettent en œuvre des innovations assez puissantes pour restructurer les grandes industries. En cas de succès, les entreprises deviennent très puissantes en détruisant les industries concurrentes et elles reconstituent une grande partie du milieu social. Par un effet de levier, ces changements mettent en danger des entreprises avec la manifestation de défaillances spectaculaires. C'est le principe de la destruction créatrice. En conséquence, les entrepreneurs deviennent des leaders héroïques attirant l'attention générale, et particulièrement celle des médias.

Malgré l'attrait intrinsèque du modèle de Schumpeter, Gerald Gunderson nuance l'utilisation négative des contradicteurs de Joseph Schumpeter qui ont légèrement caricaturé son approche notamment l'effet désastreux au niveau social. Il présente ces différents arguments :

  • Le rôle héroïque des entrepreneurs ne constitue qu'une petite partie du nombre total des entrepreneurs
  • Les entrepreneurs opèrent dans tous les secteurs de l'économie et ne se limitent pas aux secteurs en croissance, comme la High tech, où les changements semblent les plus importants. Le territoire de l'entrepreneur innovant se prolonge bien au-delà du développement de l'ingénierie ou des connaissances techniques et il inclut les arrangements institutionnels et sociaux. L'innovation prend en compte les compétences et les préférences des individus.
  • La plupart des innovations s'effectuent de façon progressive et non de façon violente et radicale. Les grandes innovations nécessitent des décennies pour porter leurs fruits. La technologie est complexe et les interactions avec les consommateurs et les fournisseurs se multiplient également dans un processus de complexité, ce qui nécessite de nombreuses itérations pour affiner et fournir des services de manière appropriée.

Alors que dans le modèle de Schumpeter, l'innovation semble aller de soi et déroule son chemin vers le succès inévitable, le témoignage de nombreux entrepreneurs insiste sur la persistance pour arriver au succès d'une innovation. L'entrepreneur poursuit ses efforts avec patience et résilience. Plutôt que de percées schumpétériennes, l'entrepreneur fait face à des problèmes qui s'amenuisent peu à peu, et non radicalement et immédiatement. L'échec n'est pas tant une défaite qu'une opportunité suggérant des changements et des modifications bénéfiques. Tout problème vécu par un entrepreneur est donc une opportunité déguisée.

L'innovation schumpéterienne suggère des droits de propriété sur les innovations afin que l'entrepreneur tire profit de son invention. Cependant, Gerald Gunderson[2], affirme qu'il n'en est rien car l'innovation est un processus de découverte :

"Puisque l'information pertinente se développe progressivement, il est difficile pour quelqu'un en dehors de l'action de la copier [l'innovation] sans passer par un processus comparable, un processus sous-tendu par la découverte. Les innovations sont moins appropriables que ce qui est généralement admis".[3]

L'innovation se fonde naturellement sur la connaissance tacite de l'entrepreneur, et plus particulièrement sur l'empathie des goûts de ses futurs clients et consommateurs :

"En effet, les goûts personnels de l'entrepreneur pour les caractéristiques du produit attrayant sont une alternative très efficace pour obtenir l'information subtile et complexe pour, précisément, savoir ce qui réussit sur ​​le marché, les sensations passionnées de Ben [Cohen] et Jerry [Greenfield] sur la crème glacée, par exemple, se sont avérées un bien meilleur guide pour savoir comment les clients vont réagir à une nouvelle offre [de glaces] que de vastes rapports par des chimistes sur la texture, l'âcreté, et les matières grasses"[4].

La forte dépendance de l'innovation d'un produit ou d'un service avec l’information idiosyncrasique, avec l'apprentissage par l'expérience et avec le jugement intuitif rend très difficile la copie par un concurrent potentiel.

"Le paradoxe de la nature dispersée de l'information est que, bien que des combinaisons utiles sont souvent reconstituées à partir de sources disparates, la grande majorité de l'information n'est pas pertinente, en effet, elle est un obstacle à tout effort entrepreneurial donné. Les entrepreneurs contrôlent presque toujours cette dichotomie en développant une vision claire du service précis qu'ils tentent de créer[5].

L'effort déployé par l'entrepreneur dans la recherche et dans la mise en œuvre d'opportunités est récompensé par trois éléments, une motivation extrinsèque qui est le revenu obtenu et deux motivations intrinsèques : l'indépendance et la fierté dans la création. Quelles que soient ses capacités innées, une grande partie de la réussite d'un entrepreneur dépend de l'effort qu'il ou elle met en action dans le développement de ses compétences. Il n'existe pas d'entrepreneur né.

Les études sur l'entrepreneuriat, nous signale Gerald Gunderson, ont trop confondu la notion de risque avec les conséquences du risque. L'action de l'entrepreneur ne consiste pas à parier au casino. Il ne mise pas une fois et en ressort vainqueur ou perdant. La résolution des problèmes que rencontre l'entrepreneur lui permettent de les résoudre successivement et de façon graduelle, et non en une seule fois. L'entrepreneur vend un produit ou un service et il couvre une partie de ses charges en utilisant le marché comme un laboratoire réel afin de s'améliorer. Dans le langage courant le risque est souvent imbriqué avec l'incertitude, c'est-à-dire, sur le plan psychologique, avec l'inconfort de l'inconnu. Pourtant, le risque ne porte pas en lui-même un caractère agréable ou désagréable. L'aversion au risque par l'incapacité de s'engager dans l'action adéquate est plus dangereuse que ce que fait l'entrepreneur en se préparant, en patientant et en agissant de façon appropriée au bon moment.

Notes et références

  1. (M.A., en 1965 et B.A., en 1962 à l'université de Washington également)
  2. Gerald Gunderson utilise un argument hayékien sur le processus de découverte sans portant le citer
  3. Gerald Gunderson, 1990, "Thinking about Entrepreneurs: Models, Assumptions and Evidence", In: Calvin Kent, dir., "Entrepreneurship Education: Current Practices and Future Prospects", Westport: Quorom books
  4. Gerald Gunderson, 1990, "Thinking about Entrepreneurs: Models, Assumptions and Evidence", In: Calvin Kent, dir., "Entrepreneurship Education: Current Practices and Future Prospects", Westport: Quorom books
  5. Gerald Gunderson, 1990, "Thinking about Entrepreneurs: Models, Assumptions and Evidence", In: Calvin Kent, dir., "Entrepreneurship Education: Current Practices and Future Prospects", Westport: Quorom books


Publications

  • 1969, "Issues in the Measurement of American Dairy Farming Productivity, 1850-1960 - A Comment", The Journal of Economic History, Vol XXIX, n°3, September
  • 1970, "The Nature of Social Saving", The Economic History Review, 2nd Series, Vol XXIII, n°2, August
  • 1972, "Southern Antebellum Income Reconsidered", Explorations in Economic History, Winter,
  • 1974, "The Origins of the American Civil War", The Journal of Economic History, Vol XXXIV, n°4, December
  • 1976,
    • a. "A New Economic History of America", McGraw-Hill
    • b. "Economic Change and the Demise of the Roman Empire", Explorations in Economic History, Winter
    • c. "Reply to Professor Gallman", Explorations in Economic History, Winter
  • 1977, "Economic Trends in the late Middle Ages: A test of the Common Case for Diminishing Returns", Social Science History, December
  • 1980, "Slavery", In: Glenn Porter, dir., "The Encyclopedia of American Economic History", New York: Charles Scribner's Sons
  • 1981,
    • a. "Economic Behavior in the Ancient World", In: R. Ransom, R. Sutch et G. Walton, dir., "Explorations in the New Economic History", Academic Press
    • b. "American Economic History: World War II and After", In: "Encyclopedia of Economics and Business", New York: Marcel Dekker, Inc.,
  • 1986,
    • a. "Creating America: The Entrepreneurship of Beginning", Journal of Private Enterprise, Vol 2
    • b. "Informing Society: The Search for the Source of Cooperation", The Future of Private Enterprise, Business Publishing Division, Georgia State University
  • 1987, "Turnpikes: The Private Road to Improvement", The Wall Street Journal, 5 juin
    • Repris en 1987, World Highways Newsletter
  • 1989,
    • a. "The Wealth Creators: An Entrepreneurial History of the United States", New York: E.P. Dutton - Truman Talley Books
      • Nouvelle édition en 1991, Plume Paperback
      • Réimprimé en 2004, avec un nouveau titre, "An Entrepreneurial History of America", Beard Press
    • b. "Privatization and the 19th-century turnpike", Cato Journal, 9(1), pp191–200
  • 1992, "Rejoinder: The Theory of Rome", Explorations in Economic History, Vol 29
  • 1994, "Comments on Mark Casson's paper “Cultural Factors in Innovation: An Economic Analysis”, In: Yuichi Shionoya et Mark Perlman, dir., "Innovation in Technology, Industries, and Institutions: Studies in Schumpeterian Perspectives", The University of Michigan Press, (papier présenté à la conférenc international sur Joseph Schumpeter, à Kyoto, au Japon, en août 1992)
  • 1999, commentaire du livre de Karl Moore et David Lewis, "Birth of the Multinational: 2000 Years of Ancient Business History, from Ashur to Augustus", Copenhagen: Copenhagen Business School Press
  • 2000,
    • a. "Doing or Viewing: Entrepreneurs and the Role of Information", In: Francis W. Rushing, dir., "The Visible Hand: The Challenge to Private Enterprise in the 21st Century", Ramsey Chair of Private Enterprise, Georgia State University
    • b. "Gresham’s Law of Hartford Development", Yankee Institute Public Policy Report, Mars,
    • c. "Learning from Education’s Consumers: Improving Connecticut’s Schools", Yankee Institute Public Policy Report
    • d. "Suing HMOs Could Make Matters Worse", The Hartford Courant, 23 septembre
    • e. "Limiting Drug Prices Would Be Very Expensive", The Hartford Courant, 22 mars
  • 2012, "The General Theory of Entrepreneurship", The Journal of Global Business and International Management, Janvier
  • 2013, “Ecopreneurship”, In: S. O. Idowu, N. Capaldi, L. Zu, A. Das Gupta, dir., "Encyclopedia of Corporate Social Responsibility", Springer, pp909-915

Littérature secondaire