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Second Empire

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Le Second Empire est un régime politique dont l'origine se trouve dans le coup d'état du 2 décembre 1851, même s'il naît officiellement en novembre 1852, Louis Napoléon Bonaparte devenant Napoléon III et qui trouve sa fin dans le désastre de Sedan en 1870. Le régime illustre cette forme de césarisme démocratique propre à la France que l'on appelle le bonapartisme mais il connaît néanmoins dans ses dernières années une évolution libérale.

Blason du Second Empire

Le césarisme démocratique

Le régime bonapartiste a pour source légitime la souveraineté populaire mais cette démocratie s'incarne dans un chef. La nuit même du coup d'État, Louis-Napoléon Bonaparte rétablit le suffrage universel restreint par la Seconde République et assoit son pouvoir par deux plébiscites en moins d'une année. Les 21 et 22 décembre 1851, le coup d'État est approuvé et il reçoit délégation pour établir la Constitution du 14 janvier 1852 qui prolonge son pouvoir de dix ans comme président de la République, puis il fait ratifier le rétablissement de l'Empire les 20 et 21 novembre 1852.

Ce suffrage universel est soigneusement encadré par la pratique de la candidature officielle, les limitations des libertés d'expression et de réunion, la censure et le contrôle de l'Université. Le pouvoir exécutif a seul l'initiative des lois tandis que le Corps législatif discute et vote les projets de lois et l'impôt.

Napoléon III se veut l'homme de la Nation contre le système des partis. Par sa politique de grands travaux (chemins de fer, transformation de Paris par Haussmann), le régime entend stimuler l'emploi et élever les salaires. La politique italienne mécontentant les catholiques et le libre-échange imposé par le traité de 1860 irritant de nombreux industriels acquis au protectionnisme, le régime s'efforce de montrer une image plus sociale par le vote de la loi du 25 mai 1864 qui légalise les coalitions, rendant ainsi légale la grève. Le droit de réunion et d'association existe de fait et l'article du Code civil établissant l'inégalité du maître et de l'ouvrier est aboli (1866). Néanmoins, les ouvriers sont de plus en plus gagnés par l'opposition républicaine. C'est surtout la paysannerie qui constitue la partie de la population la plus favorable à l'Empire, son sort s'étant sensiblement amélioré grâce à la hausse des prix agricoles.

La politique de grandeur

Le régime mène une politique de grandeur et se trouve entraîné dans une suite de conflits qui vont le conduire à sa perte. Aux guerres heureuses, en Crimée (1855), en Chine (1857), en Italie (1859-1860) qui permettent l'annexion de Nice et de la Savoie, va succéder la problématique expédition au Mexique (1862-1867) qui s'achève par un échec cuisant. Cette politique active est très contradictoire : l'empereur soutient le Piémont-Sardaigne contre l'Autriche, favorisant l'unité italienne, puis il devient le défenseur du pouvoir pontifical, s'aliénant les Italiens sans regagner la confiance des catholiques. En même temps, le principe de nationalité favorise la constitution d'une unité allemande autour de la Prusse qui devait être fatale au Second Empire.

Sources

  • Serge Bernstein et Michel Winock (dir.), L'Invention de la démocratie 1789-1914 volume 3 de l' Histoire de la France politique, Points Histoire 2002, 620 p.
  • Alain Plessis, De la fête impériale au mur des Fédérés 1852-1871 volume 9 de la Nouvelle Histoire de la France contemporaine, Points Histoire 1976, 253 p.
  • François Caron, La France des patriotes 1851-1918 tome 5 de Histoire de France, Fayard 1985, 665 p.
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