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Troy Lynch

De Wikiberal

Troy Lynch est Maître de conférences associé à la Faculté de Droit et de Gestion de Melbourne en Australie et membre de l'association : "History of Economic Thought Society of Australia". Ses recherches ont porté sur la théorie des cycles d'affaires (Master ès Lettres), en finance et en économie (Diplôme universitaire en économie : Bachelor of Economics). Il a été employé comme analyste dans un certain nombre de sociétés de fonds de gestion. Il a obtenu son doctorat à La Trobe University, en Australie en 2010 avec une thèse supervisée par John King, portant sur l'analyse théiste des théories autrichienne du capital et de l'intérêt.

L'influence de Cornelius van Til

A partir de l'ontologie et de l'épistémologie développée par Cornelius Van Til, Troy Lynch tente d'expliquer la position philosophique de l'école autrichienne et de la pertinence réaliste épistémologique de ses théories économiques dont plus précisément celle "du capital et de l'intérêt". Cornelius Van Til était un philosophe chrétien néerlandais qui a écrit dans la tradition théologique de Saint Augustin ainsi que sur la théologie de la Réforme. Il a développé une vision du monde théiste (ontologie, épistémologie et éthique) fondée sur les saintes écritures, dans laquelle le personnage de Dieu est celui qui possède la connaissance exhaustive (y compris la cohérence interne de cette connaissance), laquelle connaissance éternelle se suffit à elle-même. Par ailleurs, l'ordre créé (y compris l'humanité) est temporel (ou historique) et, par conséquent, la connaissance humaine est dérivée (mais pas exhaustive) de la connaissance divine. Cette connaissance est vraie dans la mesure où elle est en accord avec les connaissances révélées par Dieu et de son plan.

L'ontologie comme fondement de l'epistémologie

Troy Lynch présente l'objet de la connaissance, comme la raison d'être du chercheur, constitué d'un fait abstrait ou spirituel, physique ou mental. Et, il pose comme principe que la recherche s'appuie sur une ontologie qui dispose de deux perspectives, une position théiste et une autre non-théiste. Il sépare également les deux positions en vertu de l'émergence des faits. Le hasard selon Troy Lynch explique l'émergence des faits pour les non-théistes et la présence de Dieu pour les théistes. Pour les non-théistes, les faits existent par eux-mêmes et l'expérience humaine des faits est immédiate. Les lois de la logique sont également opératoires par hasard dans l'univers et elles dictent ce qui est acceptable, ce qui est possible ou ce qui est probable. La raison théiste suppose qu'aucun fait ne peut exister en dehors de l'existence de Dieu, prise comme fait ultime présupposé.

A partir de cette prémisse, Troy Lynch classe la position de l'école autrichienne dans la catégorie non-théiste. Il explique son choix du fait que les leaders autrichiens (Carl Menger, Ludwig von Mises, Friedrich Hayek) supposent l'auto-existence d'un territoire spatio-temporel et l'auto-existence d'universaux, comme la loi universelle de cause à effet, ainsi que la structure logique de l'esprit humain. Ces propositions ontologiques, précise-t-il sont leurs conditions théoriques pour leur fondation épistémologique.

S'appuyant toujours sur une position théiste, Troy Lynch prétend que la connaissance ne peut être développée qu'à partir d'une vision du monde qui suppose que les universaux éternels existent dans la Trinité ontologique de l'être divin (Le père, le fils et le saint esprit). Un individu ne peut pas relier des indications concrètes de son expérience humaine à une autre et donc il n'est pas possible de produire des universaux éternels. Cependant, l'école autrichienne fournit une solution par l'intermédiaire de l'existence a priori de l'univers physique, ainsi que des lois universelles, comme la causalité et la logique. Ceci permet de fournir un moyen pour l'individu de rendre intelligible l'expérience humaine.

Troy Lynch, toutefois, soutient que les principaux leaders de l'école autrichienne présentent différentes épistémologies et ontologies, qui sont en conflit avec leur adoption partagée de l'individualisme méthodologique et du subjectivisme. Et, il affirme que les différences en épistémologie émergent de la présence d'ontologies distinctes. Pourtant, il désigne la théorie du capital et de l'intérêt de Ludwig von Mises comme la théorie représentative de l'école autrichienne. Car Ludwig von Mises a inclus des éléments de Carl Menger, d'Eugen Böhm-Bawerk, et une partie du travail de Frank Fetter dans le cadre de son épistémologie de la praxéologie et qu'il a affirmé une théorie de l'intérêt basée sur une préférence temporelle pure.

Tenant absolument à faire reposer la connaissance sur une justification (divine), Troy Lynch refoule la position autrichienne qui ne justifie pas l'existence des universaux mais qui les prend pour acquis (a priori à la connaissance). Il en conclut que les théories autrichiennes de la réalité et de la connaissance ne peuvent pas justifier l'utilisation de théorèmes économiques universels. Submergé par la foi plus que par la raison, Troy Lynch en conclut que l'autorité d'universaux repose sur la croyance en Dieu (de la chrétienneté) et non pas, comme les Autrichiens le suggèrent, sur l'individu.

Publications

  • 2005, commentaire du livre de David Reisman, "Schumpeter’s Market: Enterprise and Evolution", History of Economics Review, n°42, pp130-133
  • 2010,
    • a. "A Theistic Analysis of the Austrian Theories of Capital and Interest", Journal of the History of Economic Thought, Vol 32, n°4, pp615-617
    • b. Ph.D. Thesis Summary: A theistic analysis of the Austrian theories of capital and interest, Erasmus Journal for Philosophy and Economics, Vol 3, n°2, Autumn, pp151-153
    • c. avec D. Cavagnoli, "‘Innovative Teaching Practice to Produce Innovative Graduates: A Framework’", The Quantitative Analysis of Teaching and Learning in Higher Education: Forum Proceedings, Teaching and Learning Unit, Faculty of Business and Economics, The University of Melbourne, Victoria 3010, pp111-130
    • d. "‘The Categorical Requisite of Mises’s Pure Time-Preference Theory of Interest’", History of Economics Review.

Liens externes