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Culture

De Wikiberal.

Max Weber a fait valoir dans son livre, l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, que le fondement culturel de la doctrine calviniste, c'est à dire, la recherche du salut personnel par le travail, était un fondement essentiel pour la réussite économique.

Toutefois, les fondements culturels favorisant le développement économique ne sont, en aucune façon, limités à la culture occidentale. Une culture qui valorise la méritocratie, une culture qui respecte la réalisation par le travail, une culture qui célèbre l'autonomie, une culture qui récompense l'esprit d'entreprise et qui encourage l'éducation seront des dispositions naturelles pour le développement de la force de travail productive. Par exemple les cultures qui mettent l'accent sur les liens familiaux et sur la foi religieuse, auront tendance à favoriser l'épargne et l'investissement au lieu de la consommation courante. Ces cultures sont alors favorables à une perspective à long terme et à la gratification différée de soi.

'Les techniques d'éducation des enfants dans la culture occidentale qui renforcent la valeur de confiance en soi peuvent avoir tendance à favoriser le comportement entrepreneurial audacieux lorsque ceux-ci deviennent adultes. La structure des liens de parenté entre de nombreuses tribus africaines fournit les réseaux par lesquels les hommes et femmes d'affaires peuvent acquérir la formation et le capital de démarrage. La philosophie confucianiste, qui privilégie les projets de long terme sur des résultats à courte vue, peut, en partie, servir d'explication du niveau d'épargne élevé dans certaines sociétés asiatiques. Différentes sociétés peuvent souligner divers aspects des marchés en s'appuyant sur leur avantage comparatif culturel unique'[1].

La culture entrepreneuriale dépend à la fois des motivations intrinséques mais également des motivations extrinséques des individus. L'ensemble des valeurs éthiques, de tradition, de coutumes, de pratiques, produit de l'évolution des motivations intrinséques, façonne l'évolution des comportements entrepreneuriaux. L'erreur a souvent été de considérer qu'il existait de bonnes et de mauvaises cultures. Et, en corrolaire, qu'une société ne peut se développer qu'en adoptant des cultures qui réussissent ou qui ont réussi dans le passé. Le pouvoir politique s'est souvent emparé du pouvoir de diriger ces valeurs culturelles afin de renforcer l'efficacité des comportements entrepreneuriaux, sans hélas, comprendre la nature et l'évolution des institutions.

A Singapour, par exemple, il existe une culture d'entreprise, provenant de l'habitude des habitants confrontés à la survie économique d'une région ne bénéficiant pas beaucoup de ressources naturelles, dont un faible approvisionnement en eau de source. Suite à la décolonisation de l'après-guerre, le pouvoir local a instauré une culture d'autorité. Par désir de stabilité politique, ce qui est un élément important de la culture d'entreprise, et de la peur de la "contamination communiste" sur la péninsule malaisienne, le pouvoir bureaucratique et autoritaire a imposé de nouvelles formes de règles. Toutefois, ces contraintes appliquées à l'économie, ne posent-elles pas des limites à l'évolution de l'économie ? Par exemple, les entrepreneurs arrivent-ils, dans une économie internationale basée sur la dispersion de la connaissance, à faire émerger rapidement des innovations malgré les contraintes bureaucratiques ? Christopher Lingle, a démontré que la culture d'autorité est incompatible avec l'évolution institutionnelle de la culture d'entreprise, car le pouvoir politique a créé ses propres règles de survie. En limitant la liberté d'expression, le pouvoir attaque en diffamation tous ses contradicteurs afin de gagner en procès et les mettre en faillite économique (peine financière très importante et répétitive).

Cette analyse de la relation entre coûts de transaction et culture d'entreprise a été effectuée par le mouvement de l'économie néo-institutionnelle (Ronald Coase, Oliver Williamson, Douglass North, Hernando de Soto). Dans certains pays en voie de développement, par exemple, la culture de la corruption est très pénalisante pour les entrepreneurs. Liée à la culture bureaucratique, une toute petite démarche admnistrative peut devenir une entrave financière ou temporelle. Certaines cultures accroissent donc les coûts de transaction. De même, nous signale Hernando de Soto, dans son livre, The mystery of Capital, l'absence d'une culture de formalisation d'appropriation accroît les coûts de transaction et pénalise la culture d'entreprise. Pour Oliver Williamson, le niveau d'intrégation social comme les institutions informelles, les normes, les coutumes, les traditions ou les religions représente le niveau fondamental d'analyse pour le scientifique. Une société n'est pas un tout culturel homogène. Par le jeu des migrations, des déplacements touristiques, des échanges commerciaux et de la communication personnelle internationale et virtuelle (internet), les individus et groupes d'individus déplacent leur valeurs culturelles. Par exemple, afin de lutter contre un système de prêts bancaire formaliste, synonyme de coûts de transaction élevés (envoi de dossier, filtrage prévisionnel économique, accompagnement des projets et coût d'application des contrats), certaines communautés ont mis en place des procédés alternatifs basés sur la confiance et le monitoring collaboratif d'individus appartenant à un groupe très resseré et bénéficiant d'accord de prêt sur un pool de capital. Les mêmes personnes pourraient très bien solliciter le système bancaire traditionnel. Mais, elles optent pour la solution culturelle minimisant leur coût de transaction. Aussi tout homme politique doit prendre en considération le degré par lequel la culture de l'entreprise est présente s'il désire prendre des mesures touchant de près ou de loin à la mise en place ou à la réforme des institutions monopolistiques.

Les valeurs culturelles qui réussissent sont celles qui bénéficient le mieux à celles et ceux qui les adoptent. L'Etat n'a pas à protéger certaines valeurs culturelles par rapport à d'autres. Si sa présence se justifie dans une culture non monopolistique, il doit laisser libre l'adoption et l'émergence de comportements. Dans le cas où les pratiques de discriminations[2] ne sont pas agressives (sinon la justice doit être saisie), une culture de non discrimination bénéficiera à celles et à ceux qui choisissent d'utiliser les talents discriminés en fonction de la nature et de l'évolution de leur organisation. Si l'imagination créatrice se montre plus pertinente que la culture de discrimination, elle sera adoptée de façon beaucoup plus forte par les producteurs de discrimination, pour certains pour des raisons d'efficacité, pour d'autres par mimétisme ou par opportunisme.

Sommaire

Notes et références

  1. “Western child-rearing techniques which reinforce the value of self-reliance may tend to foster bold entrepreneurial behavior in adulthood. Kinship structure among many African tribes provides the networks through which business people can acquire training and start-up capital. Confucian philosophy which values long-term planning over short-sighted results may in part account for the high savings rate in some Asian societies. Different societies can emphasize varying aspects of markets by drawing upon their unique comparative cultural advantage.” Don Lavoie et Emily Chamlee-Wright, 2001, Culture and Enterprise : The Development, Representation and Morality of Business, p65
  2. (protectionisme, minorité ethnique, genre et orientation sexuelle, âge, pratique religieuse, syndicale et politique, etc.)

Bibliographie

  • Clifford Geertz, 1978, The bazaar economy: Information and search in peasant marketing, American Economic Review 68(2), 28–32.
  • Clifford Geertz, 1979, Meaning and Order in Moroccan Society, Cambridge University Press, chapître sur : The Bazaar Economy in Sefrou
  • Geert Hofstede, 2001, Culture's Consequences, Comparing Values, Behaviors, Institutions, and Organizations Across Nations Thousand Oaks CA: Sage Publications
  • Don Lavoie et Emily Chamlee-Wright, 2001, Culture and Enterprise : The Development, Representation and Morality of Business. Florence, KY, USA: Routledge
  • Pin-Quan Ng, 2006, The Culture of Success: Cultural Foundations for Competitiveness in the Global Economy, working paper, Columbia University, December
  • Scott Shane, 1992, Why do some societies invent more than others?, Journal of Business Venturing, Vol. 7 pp.29 -

Liens externes

Voir aussi

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