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Loi du plus faible

De Wikiberal

La loi du plus fort ou son renversement, la loi du plus faible, ont exactement le même fondement moral : le collectivisme, la soumission des intérêts particuliers aux intérêts d'un groupe, l'avènement des faux droits.

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Droit du plus fort ou droit du plus faible, dans le sens où un droit puisse découler uniquement du fait qu'on est le plus fort ou le plus faible, ne sont pas des notions juridiquement acceptables, le libéralisme ne définissant pas le droit en termes de rapports de force (ce qui ne signifie pas que le droit ne puisse pas être appliqué par la force).

La loi du plus faible s'exprime par exemple avec le "politiquement correct", la reconnaissance du faible comme victime d'un fort, forcément coupable. Si je suis pauvre c'est la faute des riches, si j'habite un pays du Tiers-Monde, je suis un opprimé, si je suis une femme, je suis victime du machisme des hommes, etc. On pourrait, adoptant le point de vue de Nietzsche (qui affirmait : "Il faut protéger le fort du faible"), caractériser cette victimisation comme l'expression d'une volonté de puissance négative, d'une haine de soi-même, d'un ressentiment qui peut aussi aboutir à la violence (le terrorisme en est le meilleur exemple).

Il ne faut pas confondre la loi du plus faible et le "droit du plus faible", qui est le respect des minorités dans leurs droits légitimes (c'est dans ce sens qu'Alain Madelin a écrit Le Droit du plus faible). Dans un cas, on ne cherche qu'à dominer en renversant les rôles, dans l'autre on répond à l'exigence d'isonomie.

Citations

  • Certes, le droit du plus fort est exécrable. Mais en quoi le droit du plus faible lui serait-il supérieur ? Dans l’un ou l’autre cas, il ne s’agit aucunement de droits. Ce ne sont que des abus. Les uns abusent de leur force et les autres de leur faiblesse, les uns comme les autres comptant sur notre lâcheté. (Pierre Lance)
  • La démocratie libérale, c'est le droit du plus faible, le droit de la minorité, et celui de la plus petite des minorités : la personne humaine. (Alain Madelin)
  • L’histoire nous apprend que la pensée libérale, contrairement à sa caricature, est apparue avec l’idée de protéger les faibles contre les puissants, avec l’affirmation que la personne possède, en tant que telle, des droits opposables à tout pouvoir. Ainsi, la pensée libérale entend protéger la plus petite des minorités, la personne humaine, contre les arbitraires possibles du pouvoir, fût-il un pouvoir démocratique. (Alain Madelin, Psychanalyse de l’antilibéralisme, "La démocratie redevient libérale")
  • Selon une idéologie que l’écrivain Joseph Sobran qualifie de "victimologie officielle", certains groupes d’individus sont désignés comme Victimes d’État, on pourrait dire "Victimes en carte". Ces groupes, toujours plus nombreux, sont censés être, ou avoir été, les victimes d’autres groupes appelés Oppresseurs officiels. Le devoir de l’État est alors de déverser richesses, emplois, postes et privilèges innombrables sur la tête des Victimes aux dépens, bien entendu, des prétendus Oppresseurs. C’est une forme particulièrement grotesque de réparation ou de compensation puisque les "Oppresseurs" n’ont personnellement fait aucun tort à quiconque et que les "Victimes" n’ont jamais souffert de leur fait. Privilèges et pénalités sont distribués sous le seul prétexte que de groupes similaires pourraient avoir été des victimes ou des oppresseurs dans le passé – un passé parfois fort lointain. Par-dessus le marché, on n’a jamais fait mention d’une date à laquelle cesseraient ces "réparations", apparemment destinées à se perpétuer à jamais, ou du moins jusqu’à ce que la communauté des Victimes soit déclarée en tous points "égale" à celle des Oppresseurs. Comme c’est la "nouvelle classe dirigeante" qui devrait faire cette déclaration, alors qu’elle est installée dans un système de redistributions massives, tout en prélevant au passage de coquets pourcentages en "frais de dossier", on peut être sûr que le bulletin de victoire finale ne sera jamais publié. A ce jour, l’ensemble des Victimes officielles inclut (je tiens à rappeler qu’étant moi-même Juif je suis une Victime Officielle, et donc officiellement autorisé à dire ces choses) : les Noirs, les Juifs, les Asiatiques, les femmes, les jeunes, les vieillards, les "sans-abri", les homosexuels et – dernière catégorie – les "handicapés". Ce qui permet d’identifier les Oppresseurs comme étant des Blancs mâles, d’âge moyen, hétérosexuels, chrétiens, non handicapés et ayant un logement. (Murray Rothbard, postface à l’édition française de L’éthique de la liberté)
  • Celui qui souffre d'un complexe d'infériorité crie à la discrimination, le paranoïaque se lamente d'être persécuté. Si je ne suis pas bien, c'est la faute de ceux qui m'entourent. Les thèses de chacune de ces deux sociétés sont diamétralement opposées : en U.R.S.S., l'homme a systématiquement tort, l'État toujours raison. Ici, l'homme est persuadé qu'il a le droit d'être toujours heureux. S'il tombe malade, c'est que les bien-portants lui doivent des comptes, si l'on est pauvre, ce sont les riches qui en sont coupables. Égocentrisme purement infantile, refus tout aussi infantile d'accepter la moindre limitation. (Vladimir Boukovski, Cette lancinante douleur de la liberté, Laffont, 1981)
  • Tout se passe comme si nos sociétés avaient oublié le sens même de victime et d’agresseur pour ne plus fournir qu’au second un droit exorbitant de se défendre de toutes les façons possibles, et au premier, le droit de subir, aussi silencieusement que possible. (Henry Trèsétroy, Le Droit de se Défendre, Libres ! 100 idées, 100 auteurs)
  • Un jour que j’avais mal aux dents, la réalité des choses m’est apparue dans toute sa cruauté. J’ai réalisé que l’être humain est une victime. Et puisque j’étais un humain, j’étais moi aussi une victime. Pas seulement la victime d’une simple rage de dents, non, mais d’un principe universel, dont la rage de dents n’est qu’une manifestation particulièrement douloureuse. J’étais une victime de la vie ! Car la vie est injuste. Elle vous en met plein les dents. (Oskar Freysinger, Antifa, 2011)
  • Le nihilisme comme symptôme de ce que les ratés n'ont plus de consolation : de ce qu'ils détruisent pour être détruits, de ce que, détachés de la morale, ils n'ont plus de raison de « se sacrifier » de ce qu'ils se placent sur le terrain du principe contraire et veulent aussi de leur côté la puissance, en obligeant les puissants à être leurs bourreaux. (Friedrich Nietzsche, Fragments posthumes)
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