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William Stanley Jevons

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William Stanley Jevons
Économiste

Dates 1835 - 1882
William Stanley Jevons
Tendance Marginaliste
Nationalité Royaume-Uni Royaume-Uni
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Citation
Interwikis sur William Stanley Jevons

William Stanley Jevons (1er septembre 1835 - 13 août 1882) est un économiste et logicien anglais. Il exposa, dans son livre The Theory of Political Economy (1871) la version « finale » de la théorie de l'utilité marginale de la valeur. Les travaux de Jevons, parallèllement à la découverte similaire faite par Carl Menger à Vienne, cette même année et par Léon Walras en Suisse en 1874, marqua l'ouverture d'une nouvelle ère de la pensée économique.

Biographie de William Stanley Jevons

Son père, Thomas Jevons, était un marchand de fer. C'était également un homme féru de sciences et auteur sur des questions de droit et d'économie. Sa mère était la fille de l'historien, écrivain et botaniste William Roscoe.

Il étudie à partir de quinze ans à l'University College School. Alors qu'il n'a que dix-huit ans, on lui propose de travailler en Australie, poste qu'il accepte en juin 1854. Il y restera cinq ans avant de revenir, à nouveau pour étudier à University College London. Alors qu'il s'intéressait principalement à la chimie et aux matières scientifiques, il se tourne vers les sciences morales, tout en restant versé dans les sciences naturelles. Il continuera toute sa vie à écrire sur les questions scientifiques. Ses études achevées, il rejoint Owens College à Manchester pour y enseigner. En 1862, il publie General Mathematical Theory of Political Economy dans lequel il développe les idées marginalistes, puis en 1863 A Serious Fall in the Value of Gold. Pour Jevons, l'utilité ou la valeur d'un produit pour le consommateur est inversement proportionnelle aux nombres d'unités du produits que ce dernier possède déjà.

Il accède à la célébrité en 1865, quand il publie The Coal Question, dans lequel il attire l'attention sur l'épuisement progressif des ressources de charbon du pays.

C'est en 1866 qu'il obtient un poste d'enseignant titulaire, en charge de l'enseignement de la logique de la philosophie morale. L'année suivante, il épouse Harriet Ann Taylor. Son ouvrage majeur sur la logique et la méthode scientifique est publié en 1874 : Principles of Science. En 1876, il change de poste et va enseigner l'économie politique à University College à Londres. Sa santé, déjà médiocre, se détériore, au point qu'il doit abandonner son travail en 1880. Il meurt le 13 août 1882 dans un accident de baignade près de Hastings. Il est également l'auteur de The Theory of Political Economy (1871) et de The State in Relation to Labour (1882).

Auteur prolifique, il était alors parmi les auteurs les plus renommés d'Angleterre, tant comme logicien que comme économistes. Cela fit dire à Alfred Marshall que ses travaux en économie « seront reconnus comme les plus importants des derniers cent ans, exceptés ceux de Ricardo ». Il était membre de la Royal Society[1].

Travaux

La théorie de l'utilité

C'est relativement tôt dans sa carrière que Jevons développa les idées qui allaient le rendre célèbre. La théorie de l'utilité était déjà formulée en 1860; dès 1861 il avait écrit que « on montrera que la philosophie consiste uniquement en la détermination de la probabilité des choses », soit le fondement de ses idées sur la substitution des produits. Selon sa théorie de l'utilité, le degré d'utilité d'un produit est une fonction continue de la quantité de produits disponibles. Pour lui, l'économie est donc essentiellement une science mathématique, comme il le développe dans son article de 1862 "A General Mathematical Theory of Political Economy".

C'est lors de la publication de son Theory of Political Economy en 1871 que Jevons découvre les applications des mathématiques à l'économie politique faites plus tôt par Augustin Cournot ou Hermann Gossen. A la même époque Carl Menger (École autrichienne) et Léon Walras (École de Lausanne) développent une théorie de l'utilité proche de celle de Jevons. Gossen est probablement celui qui a mis à jour en premier le lien entre valeur d'échange et utilité, sans que pour autant cela ne réduise l'importance de l'apport de Jevons. Jevons va plus loin, de façon en partie exagérée d'ailleurs, écrivant que toute la valeur provient de cette valeur d'échange dépend uniquement de l'utilité. Avec cette « révolution marginaliste » de Jevons, Walras et Menger, l'école néoclassique prend naissance.

Par ailleurs, il convient de remarquer que Jevons ne distingue pas Utilité ordinale et Utilité cardinale. Le concept d'utilité ordinale se fonde sur l'idée que les utilités des différents produits peuvent être comparés et classés sur une échelle de préférence. L'utilité cardinale, plus précise, se fonde sur l'idée que l'on peut mesurer précisément cette utilité, comme une masse sur une balance.

The Coal Question et autres œuvres

Ce n'est cependant pas comme théoricien que Jevons se fit connaître mais en tant que commentateur brillant de l'actualité économique. A Serious Fall in the Value of Gold (1863) et The Coal Question (1865) le font entrer dans le cercle des commentateurs réputés. Cependant, a posteriori, son ouvrage sur la question du charbon fut très loin de la réalité. Jevons y prévoyait la fin de la croissance de l'industrie anglaise en raison de l'épuisement du charbon. De même que les tenants du Pic de Hubbert aujourd'hui ou Thomas Malthus auparavant, Jevons avait oublié le rôle majeur du progrès technique, permettant d'exploiter mieux les ressources actuelles et d'en utiliser de nouvelles.

Parmi ses ouvrages d'économie, on peut mentionner Money and the Mechanism of Exchange (1875), écrit à destination du grand public. On lui doit également un Primer on Political Economy (1878), The State in Relation to Labour (1882), et deux œuvres posthumes, Methods of Social Reform and Investigations in Currency and Finance.

On parle de "paradoxe de Jevons" (ou "effet rebond") pour expliquer le fait que l'introduction de technologies plus efficaces en matière d'énergie peut conduire à une augmentation de la consommation totale de l'énergie. Dans son livre de 1865, Sur la question du charbon, Jevons remarque que les améliorations technologiques (telles que la machine à vapeur de James Watt) et les gains de rentabilité ont conduit à un accroissement de la consommation totale de charbon, plutôt qu'à une réduction.

Logique

Ses travaux dans le champ de la logique furent aussi bien accueillis que ses travaux économiques. En 1864, il publie Pure Logic; or, the Logic of Quality apart from Quantity, qui s'inspire des travaux de George Boole[2], père du système booléen. Dans les années qui suivirent, il s'attacha à la construction d'une machine logique, appelée Logic Piano, qu'il présenta à la Royal Society en 1870. Cette machine permettait d'arriver mécaniquement aux conclusions induites par un jeu de prémisses. Cette machine découle de ce qu'il considérait comme le « grand et universel principe de tout raisonnement » qu'il exposa en 1869 sous le titre The Substitution of Similars. L'idée est que comme dans les équations d'algèbre, il est possible dans les problèmes de logique de substituer à un énoncé un élément doté des mêmes propriétés.

Dans les années qui suivirent, il fit apparaître ses Elementary Lessons on Logic qui devint bientôt le texte élémentaire de logique en langue anglaise le plus lu. Dans un texte plus ambitieux paru en 1874, sous le titre The Principle of Science, il énonce et développe l'idée que l'induction est simplement l'inverse de la déduction. Toutefois comme il est difficile de tenir compte de toutes les causes possibles, Jevons en déduit que les lois générales sont au mieux seulement probables. Pour lui, les probabilités servent à mesurer des anticipations rationnelles (rational expectation).

Citations

  • « La liberté du commerce peut être considérée comme un axiome fondamental de l’économie politique. [...] Nous pouvons nous réjouir d’enquêtes de bonne foi sur l’état du commerce, et les causes de notre dépression actuelle, mais nous ne pouvons pas plus nous attendre à voir nos opinions sur le libre-échange affectées par une telle enquête, que la Société Mathématique pourrait espérer voir les axiomes d’Euclide réfutés lors de l’investigation d’un problème complexe. »
  • « All classes of society are trades unionists at heart, and differ chefly in the boldness, ability and secrecy with which they pursue their respective interests. » (The State in Relation to Labour, 1882, p.vi[3])

Œuvres

- Troisième édition en 1906, A. W. Flux, ed, New York
- Nouvelle édition en 1965, Kelley Reprints
  • 1874, The Principles of Science: A Treatise on Logic and Scientific Method.
- Nouvelle édition en 1909, London: Macmillan
  • 1878, "Commercial Crises and Sunspots", Nature, Vol 19, n°472, pp33–37
  • 1879, "John Stuart Mill's Philosophy Tested. IV. Utilitarianism." Contemporary Review, Vol. 36, November, pp. 521-38
  • 1881, Richard Cantillon and the Nationality of Political Economy, Contemporary Review, janvier,
    • Repris en 1905, In: "Principles of Economics", Londres
    • Traduction en espagnol en 1950, "Richard Cantillon y la nacionalidad de la economía política”, In: "Richard Cantillon, Ensayo sobre la naturaleza del comercio en general", México: Fondo de Cultura Económica
  • 1883, Methods of Social Reform.
- Nouvelle édition en 1965, New York: Kelley Reprints
  • 1884, "Investigations in currency and finance", London: Macmillan

Informations complémentaires

Notes et références

  1. (en)Royal Society certificate of election 1872
    • George Boole, 1847, "The mathematical analysis of logic", Cambridge, Oxford, Blackwell
      • Nouvelle impression en 1951,
    • George Boole, 1854, "An investigation of the laws of thought, on which are founded the mathematical theories of logic and probabilities", Londres, Walton & Maberly
      • Nouvelle impression en 1961, New York, Dover Publications
  2. Citation reprise de l'Oxford Dictionnary of Quotations, Revised Fourth Edition, Oxford University Press, 1996, p.366

Littérature secondaire

  • 1889, Philip H. Wicksteed, On Certain Passages in Jevons' 'Theory of Political Economy', Quarterly Journal of Economics, Vol 3, pp293-314
  • 1936,
    • John Maynard Keynes, William Stanley Jevons, 1835-1882: A Centenary Allocution of his Life and Work as Economist and Statistician, Journal of the Royal Statistical Society, n.s., Vol. 99, (Part III, pp516-48
    • Lionel Robbins, The Place of Jevons in the History of Economic Thought, Manchester School of Economic and Social Studies, Vol 7, n°1, pp1-17
  • 1951, R. M. Robertson, "Jevons and his Precursors", Econometrica, Vol. 19, no. 3, July, pp229-249
  • 1960, R. D. C. Black, "Jevons and Cairnes", Economica, Vol xxvii
  • 1972,
    • M. Bowles, "The precursors of Jevons – the revolution that wasn’t", Manchester School, Vol 40, pp9–29
    • I. Steedman, Jevons' Theory of Capital and Interest, Manchester School of Economic and Social Studies, Vol. 40, no. 1, March, pp31-51
    • R. D. Collison Black, W.S. Jevons and the Foundation of Modern Economics, History of Political Economy, Vol. 4, no. 2, Summer, pp364-78
    • B. McClelland, "Jevons's philosophy of science", The Manchester School of Economic and Social Studies, 1, pp53-71
  • 1979, Klaus H. Hennings, "George Darwin, Jevons, and the Rate of Interest", History of Political Economy, Vol. 11, n°2, Summer, pp199-212
  • 1981, R. D. Collison Black, "W. S. Jevons, 1835-82", In: D. P. O'Brien, John R. Presley, dir., "Pioneers of modern economics in Britain", Totowa, New Jersey: Barnes & Noble books, pp1-35
  • 1982, Takashi Negishi, A Note on Jevons’ Law of Indifference and Competitive Equilibrium,” Manchester School of Economics and Social Studies, Vol. 50
  • 1987, Samuel Bostaph et Y. N. Shieh, "Jevons's Demand Curve", History of Political Economy, Vol 19, n°1, Spring, pp107-26
  • 1990, S. J. Peart, Jevons's Applications of Utilitarian Theory to Economic Policy, Utilitas, A Journal of Utilitarian Studies, Vol 2, n°2, pp281-306
  • 1995, R.D Collison Black, William S. Jevons and the Foundation of Modern Economics: Economic Theory and Policy in Context: The Selected Essays of R. D. Collison Black. Pp. xxxii, 261. M.E. Sharpe: Brookfield, Vt.
  • 1996, S. Peart, The Economics of W.S. Jevons, London: Routledge
  • 2000, J. Aldrich, The Jevonian Revolution in International Trade Theory, Journal of the History of Economic Thought, Vol. 22, n°1, March, pp65-84
  • 2002, I. Grattan-Guinness, ‘In Some Parts Rather Rough’: A Recently Discovered Manuscript Version of William Stanley Jevons’s ‘General Mathematical Theory of Political Economy’ (1862), History of Political Economy, Vol. 34, no. 4, Winter, pp685-726
  • 2003, Peter Groenewegen, Gianni Vaggi, "William Stanley Jevons, 1835–82: Utilitarianism and Economics", In: Peter Groenewegen, Gianni Vaggi, dir., "A Concise History of Economic Thought. From Mercantilism to Monetarism", Palgrave, pp203-210
  • 2005, H. Maas, "William Stanley Jevons and the Making of Modern Economics", Cambridge: Cambridge University Press

Voir aussi

Liens externes


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