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Aléa moral

De Wikiberal

L'aléa moral (moral hazard en anglais) désigne la possibilité qu'un assuré augmente sa prise de risque, par rapport à la situation où il supporterait entièrement les conséquences négatives des risques auxquels il s'expose. Le système bancaire actuel est un bon exemple de système où l'intervention de l'État incite les investisseurs à des prises de risque excessives.

Ce phénomène ressort du domaine de l'économie comportementale.

Les libéraux s'opposent systématiquement à cette déresponsabilisation des individus, qui est le propre d'une société socialiste[1].

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Assurances en général

Le fait d'être assuré peut modifier le comportement de la personne assurée : un armateur assuré pourra par exemple choisir un navire moins cher mais en plus mauvais état, un agriculteur indemnisé si sa récolte est faible aura une incitation à négliger ses cultures et un assuré social peut augmenter ses pratiques à risques (assurance santé) ou réduire ses efforts pour trouver du travail (assurance chômage).

L'exemple du marché bancaire

Les opérations de sauvetage opérées par les banques centrales en cas de crise financière peuvent amener les banques à se sentir protégées contre leurs propres imprudences et à prendre dans le futur plus de risques lors de l'octroi de crédit ou de l'exécution d'opérations de marché. C'est ce que certains résument par la formule privatisation des profits, nationalisation des pertes.

Le sauvetage par l'État de banques qui ont été mal gérées est très largement condamné par les libéraux de toute tendance. Ainsi, les libéraux ont été parmi les opposants les plus bruyants au plan Paulson de 2008 de 700 milliards de dollars ou aux différents sauvetages organisés par l'État fédéral ou ses agences. Ceux qui ont soutenu le plan Paulson comme le journal The Economist l'ont fait en soulignant le côté exceptionnel et non libéral de la démarche, motivée par la crainte que la faillite soit pire en terme de coûts pour la "collectivité" que le sauvetage. Cela n'empêchait pas le journal de noter, avec une dose de cynisme, que l'aléa moral restait d'actualité :

«Les esprits affûtés de Wall Street sont probablement déjà au travail pour tourner à leur avantage les nouveaux engagements pris par l'État. »
    — , The Economist, 29 mars 2008

Citations

  • « Certains expliquent l'échec des sociétés communistes par le problème d'“aléa moral” qui a conduit à une sorte d'irresponsabilité généralisée de leurs populations. » (Jean-Pierre Robin[2])
  • « La politique monétaire consistant à inonder le marché de liquidités et à brader le prix de l'argent dès que les professionnels éprouvent des difficultés ne constitue-t-elle pas en tant que telle un pousse au crime, un facteur déresponsabilisant ? C'est le procès qui est fait à Alan Greenspan, le légendaire patron de la Fed de 1987 à 2006, accusé d'avoir usé et abusé de cette recette tout au long de son règne. Que ce soit en septembre 1998, lors de la quasi-faillite du fonds spéculatif LTCM, et à nouveau à partir de 2001, avec l'éclatement de la bulle des valeurs technologiques, où le prix de l'argent est tombé jusqu'à 1%. Or il ne fait plus de doute que ces taux anormalement bas ont été à l'origine de la crise des crédits hypothécaires à hauts risques (subprime), laquelle se ramène ainsi à un problème d'"aléa moral". »[2]
  • « Il existe des risques non assurables parce qu'ils dépendent trop du contrôle des assurés potentiels sur les événements. Lorsque l’État se mêle de couvrir ces risques, il subventionne (par la force) le risque moral, c'est-à-dire l'incidence des sinistres provoqués par calcul. C'est ainsi que l'administration de la Sécurité sociale est une ruineuse machine à fabriquer du risque moral » (Pascal Salin, L'arbitraire fiscal)

Notes et références

  1. La fin des démocraties populaires. Les chemins du post-communisme, François Fejto, avec la collaboration d'Ewa Kulesza-Mietkowski, Seuil, 1992
  2. 2,0 et 2,1 "Renflouer les banques sans perdre son âme ?", Jean-Pierre Robin in Le Figaro, 17 mars 2008, [lire en ligne]

Voir aussi

Liens externes


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