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Alexandre Herculano

De Wikiberal
Alexandre Herculano
Historien, homme politique et écrivain

Dates 1810 - 1877
Alexandre Herculano.jpg
Tendance Libéral classique
Origine Portugal Portugal
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Alexandre Herculano

Alexandre Herculano de Carvalho e Araújo, né le 28 mars 1810 à Lisbonne et mort le 13 septembre 1877 à Santarém, est un historien et écrivain libéral portugais. « Promoteur et [ardent] défenseur des idées libérales, il vécut et lutta pour elles »[1].

Biographie

Il nait dans une famille modeste à Lisbonne. Il étudie, entre autres chez les Oratoriens, le latin, la logique et la rhétorique et les mathématiques. Jeune homme, il écrit des poésies et est un habitué des milieux littéraires, en particulier des salons de la marquise d'Alorna, la « Staël portugaise » selon ses termes.

Impliqué dans la tentative de pronunciamento d'août 1831 contre Michel du Portugal, monarque absolu, il doit fuir le pays et se réfugier en Angleterre et en France. En 1832, il fait partie des soldats de l'armée libérale qui, à partir de l'île de Terceira dans les Açores, débarquèrent près de Porto, ouvrant la guerre civile entre absolutistes et libéraux. Tout en étant impliqué dans les mouvements libéraux contre l'absolutisme pendant la guerre civile portugaise, il publie en 1832 un premier volume en vers, A Voz de Propheta. Deux ans plus tard, il en publie un second, A Harpa do Crente.

En 1837, il fonde le journal Panorama, tout en collaborant à Illustraco. Ces articles furent réunis ultérieurement dans Lendas e Narrativas. Il devient également libraire royal au palais d'Ajuda. Il fonda le club littéraire et politique du Gremio Literario avec Joao Batista Almeida Garrett. Il eut également une carrière politique non négligeable : député de Porto, maire de Belém et président de l'Académie.

Auteur romantique, il eut une très importante activité littéraire, publiant de nombreux romans historiques. Historien, il écrivit une histoire du Portugal des débuts de la monarchie à la fin du règne d'Alphonse III (1846-1853), une étude de l'Inquisition ou une histoire des monuments historiques du pays. Un de ses ouvrages les plus connus est un recueil des Légendes et récits du Portugal[2].

Son influence grandissante fit de lui une des autorités du débat d'idées et du débat politique dans le pays. Il publia de très nombreux pamphlets sur les questions de son temps.

Il se maria avec Mariana Hermínia de Meira en 1866 et n'eut pas d'enfants.

Idées

Impliqué dans les débats d'idées de son temps, il analysa, selon une dualité que Hayek devait plus tard expliciter, la division du mouvement libéral est partagé entre les tenants de la voie française, celle de la révolution, plus radicale et rationaliste, et ceux de la modération de la voie anglaise. Par ailleurs, dans une posture libérale qui rappelle celle de Tocqueville, il s'opposa fortement aux tendances centralisatrices, défendant le rôle des communes et l'individu.

Initialement soutien de l'Église catholique, il évolua vers une posture de plus en plus anticléricale.

Citation

  • « Plus le mécanisme de la société est complexe, plus il est nécessaire que les citoyens soient à même d'apprécier les conditions de l'existence sociale. Pour cela, d'après vos propres mots, et selon une phrase de Tocqueville, vous estimez que la meilleure méthode c'est la centralisation, celle qui régit la vie politique dans la capitale, qui annule la spontanéité, l'initiative des localités et l'indépendance des individus. Contrairement à vous, nous admettons qu'il y aura éternellement des intérêts individuels, locaux et généraux, tous différents les uns des autres [...] et que le système vrai sera celui qui pourra tous les concilier; nous croyons qu'il vaut mieux que les citoyens s'habituent à gérer leurs propres affaires ainsi que celles des localités afin de se familiariser avec la vie publique, plutôt que de les maintenir sous une tutelle enfantine. Étant donné que vous êtes pour le centralisme, vous croyez qu'il y des hommes, des groupes, des partis, ou autres, qui ont pour mission de stimuler le progrès; nous, en revanche, nous croyons que le progrès social ne peut venir que de la libre circulation des individus dans la sphère de leur activité légitime. Vous croyez en la civilisation imposée; nous ne croyons qu'en la civilisation proposée. Vous croyez aux Colbert, aux Aranda et aux Pombal et, je dirais même, à la civilisation de serre[3]; nous ne croyons qu'en celle qui découle des efforts collectifs des membres d'une société. »[4]

Notes et références

  1. Article Alexandre Herculano in Encyclopædia Universalis, Robert A. Lawton
  2. Alexandre Herculano, Légendes et récits du Portugal, Chandeigne, 2005, ISBN 2915540128
  3. C'est à dire artificielle, NdT
  4. Cité par José Manuel Moreira, « La pensée libérale au Portugal » in Histoire du libéralisme en Europe, Philippe Nemo et Jean Petitot (dir.), PUF, 2006

Publications choisies

  • 1832, A Voz de Propheta
  • 1834, A Harpa do Crente [La Harpe du croyant]
  • 1841, Teatro, Moral, Censura [La Voix du prophète]
  • 1843, O Bobo [Le Fou de la cour]
    • adapté au cinéma en 1987 par José Álvaro Morais dans un film du même nom
  • 1844,
    • a. Eurico
    • b. Da Instituição das Caixas Económicas
  • 1846 - 1853, Historia de Portugal
  • 1856 - 1873, Portugaliae Monumenta Historica
  • 1857, Do Estado dos Arquivos Eclesiásticos do Reino
  • 1858,
    • a. Do estado das classes servas na Península, desde o VIII até o XII Século
    • b. Manifesto da Associação Popular Promotora da Educação do Sexo Feminino [Manifeste de l'association populaire pour l'avancement de l'éducation des femmes]
  • 1870 - 1875, A Emigração [De l'émigration]

Bibliographie

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