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Discrimination

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La discrimination est pour les libéraux le corollaire, et non le contraire, de la tolérance. De la même façon qu'un libéral tolère tout comportement non agressif, il est en droit de choisir comment il traite autrui, tant qu'il respecte son intégrité corporelle et ses biens. Il peut donc choisir les personnes qu'il reçoit chez lui, qu'il embauche, qu'il fréquente, etc.

Sous l'influence du droit positif, le concept de discrimination a pris un sens négatif : il serait injuste ou illégitime de séparer un individu ou un groupe social des autres en le traitant plus mal, en fonction de ses préférences sexuelles, son âge, son sexe, son éducation, sa race, sa nationalité, sa profession, sa religion, etc. Or l'expression de cette discrimination n'est autre chose que le droit d'exercer sa liberté individuelle : toutes nos décisions, tous nos choix sont nécessairement discriminatoires.

Il convient de noter qu’outre la théorie de la discrimination fondée sur le goût, formulée par Gary Becker, il existe également une littérature sur la théorie statistique de la discrimination (voir Edmund Phelps 1972; Kenneth Arrow 1973). La théorie statistique de la discrimination se concentre sur les asymétries d'information auxquelles sont confrontées les entreprises. Étant donné que les entreprises disposent d'informations limitées, elles ont tendance à comprendre la productivité attendue des demandeurs d'emploi en fonction de caractéristiques observables. Gary Becker prend soin de montrer que l'érosion de la discrimination dépend non seulement du goût de la discrimination mais aussi des fonctions de production des entreprises[1].

Notes et références

  1. Il existe également une littérature sur l’existence et la persistance de la discrimination dans diverses structures industrielles.
    • 1971, P. B. Doeringer, M. J. Piore, "Internal labor market and manpower analysis", Heath, Lexington
    • 1995, D. A. Black, "Discrimination in an equilibrium search model", J Labor Econ, 13(2), pp309–334

Bibliographie

  • 1957, Gary Becker, "The economics of discrimination", The University of Chicago Press, Chicago
  • 1973, Kenneth J. Arrow, "The theory of discrimination", In: O. Ashenfelter, A. Rees, dir., "Discrimination in labor markets", Princeton University Press, Princeton, pp3–33
  • 1985, D. J. Cymrot, "Does competition lessen discrimination? Some evidence", J Hum Resour, 20(4), pp605–612
  • 1986, G. G. Cain, "The economic analysis of labor market discrimination: a survey", In: O. Ashenfelter, R. Layard, dir., "Handbook of labor economics", Elsevier Science Publishers B.V., North-Holland, pp693–785
  • 2010, Christopher Coyne, Justin P. Isaacs, Jeremy T. Schwartz, "Entrepreneurship and the taste for discrimination", Journal of Evolutionary Economics, Vol 20, pp609–627

Voir aussi

Liens externes

Citations

  • Si je dois tolérer autrui chez lui, chez moi j’ai le droit de refuser ou d’accorder le droit. Le propriétaire est tout puissant chez lui, tant qu’il respecte l’intégrité de ses invités et n’attente pas à leurs personnes ou biens. J’ai donc le droit de souhaiter ne recevoir aucun jaune, noir, blond ou musulman. Et j’ai aussi le droit de les aimer ou de les détester. Mais si j’ai le droit de discriminer, c’est que je peux pratiquer l’ostracisme. C’est-à-dire tolérer que l’autre ait le droit de vivre et d’exister, mais sans pour autant approuver ses choix ou ses actes. (Stéphane Geyres)
  • L’État moderne a privé les propriétaires privés du droit d’exclusion impliqué dans le concept même de propriété individuelle. La discrimination est rendue illégale : les employeurs ne peuvent embaucher qui ils veulent. Les propriétaires ne peuvent louer à qui leur plaît. (...) L’État a ainsi volé aux individus une grande partie de ce qui assurait leur protection physique. Ne pas avoir le droit d’exclure les autres signifie ne pas avoir le droit de se protéger. Le résultat de cette érosion des droits de la propriété par l’État démocratique est l’intégration forcée. (...) Les professeurs ne peuvent exclure les étudiants qui se comportent mal ; les employeurs sont condamnés à garder des employés nuls ; les propriétaires sont forcés de garder des locataires invivables ; les banques n’ont pas le droit d’éviter les clients à risque ; les clubs privés doivent accepter des membres contrairement à leurs statuts (...) Et pourtant, exclure quelqu’un de sa propriété est le seul moyen d’éviter des ennuis qui réduiraient la valeur de cette propriété. (Hans-Hermann Hoppe)
  • Les lois anti-discrimination sont un appel officiel à toutes les « victimes » pour qu’elles trouvent des fautes et se plaignent à l’État de leurs « oppresseurs » « préférés », et en particulier les plus riches d’entre eux, et de leurs machinations « oppressives », à savoir, leur « sexisme », leur « homophobie », « chauvinisme », « nativisme », « racisme », « xénophobie » et j’en passe ; et c’est à l’État de répondre à ces plaintes en remettant à leur place ces « oppresseurs ». (Hans-Hermann Hoppe, Bien comprendre le libertarianisme)
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