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Extrême droite
L'extrême droite, ensemble des partis, mouvements ou personnes représentant le spectre « le plus à droite » sur le marché politique, est hétérogène dans les idées, le temps et les pays. Sa définition n'est pas claire (il y en a de très nombreuses, parfois contradictoires) et le terme constitue selon Pierre-André Taguieff « une étiquette polémique plutôt qu'une catégorie conceptuellement élaborée[1] ».
De nombreux idéologues aux courants très divers peuvent être considérés d'extrême droite (mesurons par exemple l'écart programmatique entre Marine Le Pen et Javier Milei). Le qualificatif est généralement associé à une critique des idées visées.
Définition traditionnelle (depuis le second XXe siècle)
Les principales caractéristiques utilisées traditionnellement pour qualifier un mouvement d'extrême droite s'inspirent nécessairement d'une forme d'étatisme :
- le rejet de l'immigration, voire la xénophobie, et globalement la défense d'une société fermée ;
- un nationalisme exacerbé, la défense du protectionnisme et d'un « patriotisme économique » dirigiste, ainsi qu'une opposition franche à la mondialisation, perçue comme un fléau pour les cultures locales ;
- le recours à l'autoritarisme politique ;
- une posture antisystème, réelle ou dans le discours ;
- des positions conservatrices sur les sujets "sociétaux" qui sont des marqueurs généraux de la droite (partagés par la droite modérée) comme une opposition ferme à l'avortement, la gestation pour autrui ou la procréation médicalement assistée ;
- un désir de réprimer l'homosexualité, perçue comme une perversion morale.
Selon cette définition, l'extrême droite défend des programmes inspirés par l'étatisme, ce que combattent les libéraux et les libertariens. Le libéralisme se réclame du libre-échange et globalement de la société ouverte, défend une société du mouvement par opposition à une société figée, ou une limitation stricte du pouvoir politique, et non un recours à l'autoritarisme.
Le Rassemblement national en France ne coche pas toutes ces cases. En effet, ce parti, dans les années 2020 :
- est assez muet sur l'homosexualité et préfère appeler au définancement public de la « propagande LGBT »,
- ne prône pas une transition vers une forme de dictature,
- et n'a pas voté contre la constitutionnalisation du libre recours à l'avortement en 2024.
Définition contemporaine (années 2020)
Une définition plus large[2], qui émerge au début des années 2020 de manière assez consensuelle (reprise tant par la gauche que par les médias de référence et les publications scientifiques[3]), entend le terme d'extrême droite comme désignant l'ensemble des personnes qui défendent "radicalement" et "jusqu'au bout" des idées de droite, même modérée (par exemple le libéralisme économique).
En ce sens, le libertarien argentin Javier Milei, élu président de l'Argentine en 2023, est régulièrement décrit comme étant d'extrême droite[4],[5], malgré sa ferme opposition à l'autoritarisme et plus généralement à ce qu'il appelle "l'étatisme"[6], ainsi que son désintérêt total concernant la question homosexuelle (« LGBT ») - si l'on exclut son souhait de définancer la plupart des services publics associés - et sa gestion libérale de l'immigration[7]. Certains remarquent aussi la proximité du président argentin avec de nombreux chefs d'État et de gouvernement d'extrême droite nationaliste-protectionniste, liens que Milei explique par une aversion commune au « gauchisme ».
Classements alternatifs
Beaucoup préfèrent se référer au diagramme de Nolan pour positionner politiquement des idées, personnes ou mouvements. En effet, on peut tout à fait considérer que les mouvements altermondialistes ou antifa, qui défendent un protectionnisme agressif, un pouvoir public invasif et le recours à la violence, entrent dans la case typique des mouvements d'extrême droite.
Notes et références
- ↑ https://www.lepoint.fr/politique/ah-t-es-d-extreme-droite-toi-autopsie-d-une-guerre-semantique-centenaire-18-10-2021-2448253_20.php
- ↑ 2,0 et 2,1 https://theconversation.com/le-nouveau-president-argentin-javier-milei-est-il-dextreme-droite-la-reponse-nest-pas-simple-220320
- ↑ https://scholar.google.com/scholar?hl=fr&as_sdt=0%2C5&q=milei%20%22far%20right%22
- ↑ Élection en Argentine : le candidat d’extrême droite Javier Milei élu président
- ↑ Réactions. “Néonazi”, “raciste” : Javier Milei ciblé par les chefs d’État de gauche en Amérique latine, Courrier international, 22 novembre 2023
- ↑ https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/pourquoi-le-nouveau-president-de-l-argentine-javier-milei-n-est-pas-d-extreme-droite-985432.html
- ↑ https://www.generationlibre.eu/medias/javier-milei-nest-pas-dextreme-droite/
Voir aussi
- Théorème de Mario ou théorie du fer à cheval
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