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François de Wendel

De Wikiberal
Presse
Cet article a été mentionné dans les médias :

Là-bas si j'y suis, Daniel Mermet, France Inter, le 28 octobre 2008.

François de Wendel
Entrepreneur

Dates 1874 - 1949
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Tendance
Origine France France
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Citation
inter lib.org sur François de Wendel

François de Wendel est un entrepreneur français né et mort à Paris (5 mai 187412 septembre 1949). Il a incarné l’image du maître de forges conservateur et focalisé toutes les haines françaises à l’égard de l’entreprise.

Un patriote calomnié

Fils de l'industriel Henri de Wendel (Hayange, 24 mars 1844 - château de Vaugien, près de Paris, 10 octobre 1906), il grandit dans un contexte difficile pour la famille : face à l’annexion de la Moselle en 1871, la famille scinde ses avoirs entre Les Petit-fils de François de Wendel et Cie en Allemagne et la société de Wendel et Cie en France.

Il émigre en 1891 pour ne pas faire son service militaire en Allemagne. Ingénieur des Mines (promotion 1896), il devient gérant de les Petit-fils de François de Wendel en 1903. Il épouse Odette Humann, fille d’un amiral, en 1905.

La Première Guerre Mondiale posa un problème épineux à une famille dont les usines étaient situées dans deux pays belligérants et ennemis. Du point de vue de leur engagement personnel vis à vis du conflit, les Wendel, dont aucun n'a, en 1914, la nationalité allemande, s‘engagent du côté de la France pour laquelle plusieurs membres de la famille combattront. Leurs biens en Lorraine annexée sont confiés à un fondé de pouvoir allemand, Robert Pastor, qui réussira, jusqu'à la fin, à maintenir la propriété purement nominale de ses employeurs sur un ensemble industriel qui est intégré néanmoins à l‘effort de guerre du Reich. Quant aux biens du Bassin de Briey, occupé dès le début du conflit par l‘armée allemande, ils sont administrés sous contrôle allemand ; l‘usine de Joeuf est en partie démantelée.

La famille Wendel sera ainsi injustement soupçonnée de double jeu et de trahison. Plus tard, et sans plus de fondement, elle sera suspectée de liens troubles avec l’Allemagne nazie. François de Wendel pour qui Munich était « une défaite formidable » n’était pas un partisan du plutôt Hitler que Blum: « Il y a actuellement un danger bolchevique intérieur et un danger allemand extérieur. Pour moi le second est plus grand que le premier et je désapprouve nettement ceux qui règlent leur attitude sur la conception inverse ».

Les idées sociales d'un maître de forge

Il les a développées dans un discours à la fête du travail de Nancy, le 2 juillet 1933, où se manifeste l'influence d'un Frédéric Le Play. Parlant de ses ouvriers, il dit : « Ce sont eux qui m'ont appris mon métier ». Il précise : « Il ne suffit pas d'avoir de belles usines. Un plan quinquennal plus ou moins ruineux pour les finances d'un pays peut les donner. Il faut encore avoir les hommes qu'il faut pour faire marcher ces usines, pour faire tourner ces machines. Cela ne s'acquiert qu'avec du temps, de la patience et à condition que ceux qui commandent réalisent bien tout l'intérêt qu'ils ont, fût-ce au prix de sacrifices importants, à s'assurer la fidélité d'hommes choisis, attachés à l'entreprise dont ils vivent, ayant conscience de la place qu'ils y tiennent, considérant que leur usine est un peu leur chose.

« Du petit au grand, ajoutait-il, je crois à l'individu, à la personnalité avec tout ce que l'acquis de l'expérience peut lui ajouter de valeur et, puisque je me suis laissé aller à parler d'organisations industrielles à ceux que j'en considère comme les chevilles ouvrières, je dirai que je crois salutaire tout ce qui est de nature à atteindre l'individu, à lui faire sentir qu'il n'est pas un numéro, qu'on s'intéresse à lui, qu'on le connaît, qu'on le suit. Cela devient évidemment de plus en plus difficile au fur et à mesure que les affaires s'étendent et - ce n'est pas la moindre critique que je ferai aux très grandes entreprises - si leurs dirigeants n'y veillent pas très attentivement, les distances augmentent démesurément entre les chefs et leurs collaborateurs. Les rapports entre les uns et les autres deviennent de plus en plus administratifs... L'élan et l'unité de vues disparaissent.

« Placé par les circonstances à la tête d'une très grande affaire, je suis particulièrement conscient du danger que je signale et je ne vous cacherai pas que, depuis 30 ans que je la dirige, j'ai toujours été préoccupé de pallier l'inconvénient que je souligne et d'empêcher que les chefs ne fassent trop écran entre moi et des collaborateurs plus modestes.

Ce n'est pas que j'entendis passer des ordres directs au mépris de toute hiérarchie. Certes non. Cela aurait créé le désordre. Mais j'ai toujours cherché à connaître le plus grand nombre possible de mes collaborateurs, à me rapprocher d'eux, à établir entre eux et moi des liens de sympathie et d'affection personnels. »

Le mythe du mur d'argent

Naturalisé français, il s’engage tôt dans la vie politique, contre l’avis de sa famille : conseiller général de Briey en 1900, député en 1914, sénateur en 1932 en remplacement d’Albert Lebrun. Il siège dans plusieurs commissions dans les deux assemblées tout en étant assidu aux séances. Vice-président de la Fédération républicaine, il est proche d’Albert Lebrun et de Louis Marin. Président du Comité des Forges (1918-1940), régent (moins influent qu’on ne l’a dit) de la Banque de France (1913-1936), dont il a défendu en vain l’indépendance en 1936, il a incarné aux yeux de la gauche le mythe du mur d’argent et des deux cents familles, mythe toujours entretenu aujourd’hui par le Monde diplomatique et l’Humanité.

Il ne se rend pas à Vichy en juillet 1940, ne souhaitant pas voter les pleins pouvoirs à Pétain. Ce patriote a pourtant été systématiquement calomnié comme collaborateur.

Son fils Henri a été le dernier maître de forges de la dynastie. Son petit-neveu, Ernest-Antoine Seillère, a néanmoins pris la tête du groupe Wendel Investissement, qui n’a plus aucun lien avec la sidérurgie depuis la nationalisation de fait en 1978.

Bibliographie

Voir aussi

Citation

  • « En France, l’entreprise est suspecte, et la réussite privée est coupable. S’il s’agit d’une réussite familiale, le cas devient indéfendable... Rarement dynastie industrielle fut ainsi plus attaquée que le groupe Wendel qui célèbre ses trois siècles d’activité économique. » (Rémi Kauffer, Le Figaro Magazine, 11 décembre 2004)
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