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Intégration verticale

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En économie, et particullièrement en Microéconomie et en science du management, l'intégration verticale est associée de façon maladroite aux concepts de filière, de Trust ou de concentration économique. Il s'agit pour une entreprise de contrôler par l'achat (Droit de propriété) ou par accords de partenariat d'autres sociétés qui complètent les différents stades de production et de distribution de ses produits ou services.

L'intégration verticale peut s'exercer en amont ou en aval. Dans le premier cas, l'entreprise tentera de maîtriser les entreprises qui réalisent une activité précédant la sienne. Dans le second cas, elle contrôlera les entreprises qui succèdent à sa propre activité. L'intégration verticale se différencie de l'intégration horizontale. Car, dans ce dernier cas, l'entreprise recherche à regrouper des entités de production ou de service similaires à la sienne afin d'obtenir des économies d'échelle et d'avoir une position de négociation forte par rapport aux entreprises en amont (fournisseurs) et en aval (distributeurs, consommateurs).

L'intégration verticale se justifie si les technologies sont interdépendantes entre les différentes unités. Sinon les coûts de transaction peuvent être élevés, s'il s'agit de passer d'une technologie à une autre dans un même groupe de production. L'organisation de la production joue également dans le processus d'intégration verticale. Dans les industries d'assemblage, la réalisation d’un produit fini peut passer par plusieurs unités, constituant différentes étapes technologiquement séparables et quelquefois interdépendantes. L'ensemble des constituants n'a pas une obligation de se situer sur le même espace (géographique et temporel). Dans les industries de flux tendus, le process de production fait succéder des opérations qui ont lieu à la suite l’une de l’autre.

Plusieurs théoriciens se sont penchés sur la justification de l'intégration verticale :

  • La théorie de Joe Bain qui justifie l'intégartion verticale en termes d’interdépendance des technologies[1]
  • La théorie de Stiegler qui est basée sur le cycle des produits. Les firmes d’une industrie naissante sont intégrées car elles sont handicapées par leur manque de moyens (financiers et notoriété) pour s’approvisionner à moindre coût sur le marché en produits intermédiaires
  • La théorie de Carlton, Blair et Kaserman, qui mettent l’accent sur l’aversion au risque des firmes quant à la prise en charge des variations de la demande
  • La théorie d'Alfred Chandler, qui privilégie les facteurs de sûreté des sources d’approvisionnement et d'économie de vitesse
  • La théorie d'Oliver Williamson montrant les risques d'opportunisme [hold up][2] si une entreprise ne tente pas d'atténuer ses coûts de transaction par une politique d'intégration verticale.

Notes et références

    • Joe S. Bain, 1948, Price and Production Policies, In: N. S. Ellis, dir., A Survey of Contemporary Economics. Homewood : Irwin. 1:129-173
    • Joe S. Bain, 1950, Workable Competition in Oligopoly : Theoretical Considerations and Some Empirical Evidence. American Economic Review. 40:35-54
    • Joe S. Bain, 1954, Economies of Scale, Concentration and the Condition of Entry in Twenty Manufacturing Industries. American Economic Review. 44:15-39
    • Joe S. Bain, 1968, Industrial Organization. New York: John Wiley
  1. Richard R. W. Brooks, 2016, "The holdup game", In: Claude Ménard, Elodie Bertrand, dir., "The Elgar Companion to Ronald H. Coase", Cheltenham : Edward Elgar Publishing, Incorporated, pp131-147

Bibliographie

  • 1971, Daniel A. Graham et John M. Vernon, “Profitability of Monopolization by Vertical Integration”, Journal of Political Economy, July/August, Vol 79, pp924–925
  • 1973, Richard Schmalensee, “A Note on the Theory of Vertical Integration”, Journal of Political Economy, March/April, 81, pp442–449
  • 1981, Fred WestŽ eld, “Vertical Integration: Does Product Price Rise or Fall?”, American Economic Review, 71:3, pp334–346
  • 1982, K. Monteverde et David J. Teece, Supplier Switching Costs and Vertical Integration in the Automobile Industry, Bell Journal of Economics, 13
  • 1983, John Stuckey, "Vertical Integration and Joint Ventures in the Aluminum Industry", Cambridge, MA, Harvard University Press
  • 1984,
    • a. E. Anderson et D. Schmittlein, Integration of the Sales Force : An Empirical Examination, Rand Journal of Economics, 15
    • b. Edward C. Gallick, "Exclusive Dealing and Vertical Integration: The Efficiency of Contracts in the Tuna Industry", Washington, DC, Bureau of Economics, Federal Trade Commission
  • 1985,
    • K. R. Harrigan, "Vertical integration and corporate strategy", Academy of Management Journal, Vol 28, pp397-425
    • Paul L. Joskow, Vertical Integration and Long-Term Contracts: The Case of Coal- Burning Electric Generation Plants, Journal of Law, Economics, and Organization, 1(1), pp33-80
    • James M. MacDonald, "Market Exchange or Vertical Integration: An Empirical Analysis", Review of Economics and Statistics, Vol 67, pp327-331
  • 1986,
    • Sanford J. Grossman et Oliver Hart, The Costs and Benefits of Ownership: A Theory of Vertical and Lateral Integration, Journal of Political Economy, 94, pp691-719
    • David J. Teece, Profiting from Technological Innovations : Implications for Integration, Collaborating, Licensing and Public Policy, Research Policy, 15
  • 1988,
    • Jean-François Hennart, "Upstream Vertical Integration in the Aluminum and Tin Industries", Journal of Economic Behavior and Organization, Vol 9, pp281-299
    • Paul L. Joskow, Asset Specificity and the Structure of Vertical Relationships: Empirical Evidence, Journal of Law, Economics, and Organization, 4, pp95
  • 1989,
    • a. Richard Langlois et Paul L. Robertson, Explaining Vertical Integration : Lessons from the American Automobile Industry, The Journal of Economic History, 49 (2)
    • b. Scott E. Masten, James W. Meehan Jr. et Edward A. Snyder, Vertical Integration in the U.S. Auto Industry, Journal of Economic Behavior and Organization, Vol 12, pp265-273
    • c. Martin Perry, “Vertical Integration”, In: R. Schmalensee and R. Willig, dir., Handbook of Industrial Organization, Amsterdam: North-Holland, pp183–255
  • 1991,
    • J. Kerkvliet, Efficiency and Vertical Integration : The Case of Mine-Mouth Electric Generating Plants, Journal of Industrial Economics
    • Marvin B. Lieberman, "Determinants of Vertical Integration: An Empirical Test", Journal of Industrial Economics, Vol 39, pp451-466
  • 1994, Richard D`Aveni et David J. Ravenscraft, Economies of Integration vs. Bureaucracy Costs: Does Vertical Integration Improve Performance?, Academy of Management Journal
  • 2005, E. Cacciatori, M. G. Jacobides, "The dynamic limits of specialization: vertical integration reconsidered", Organization Studies, 26(12), pp1851–1883
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