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William Lamb, Lord Melbourne

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William Lamb, 2e vicomte de Melbourne, né à Londres le 15 mars 1779 et mort dans le Hertfordshire le 24 novembre 1848 est un homme politique britannique, un des derniers représentants du courant aristocratique des whigs et connu surtout comme le mentor politique de la reine Victoria.

William Lamb, Lord Melbourne
Homme politique

Dates 1779-1848
2nd V Melbourne.jpg
Tendance Libéral-conservateur
Origine Royaume-Uni Royaume-Uni
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Lord Melbourne
Histoire du Royaume-Uni

Les débuts et l'homme privé

Sa famille faisait partie de l'aristocratie whig : son père n'a guère joué de rôle dans sa vie à la différence de sa mère, belle, intelligente et décidée, qui a poursuivi avec succès deux buts dans l'existence : s'élever socialement et assurer la réussite et le bonheur de ses enfants. Liée d'amitié avec la duchesse de Devonshire, le prince de Galles (futur George IV), et Lord Egremont, soupçonné d'être le père biologique de William, elle a encouragé les études de son fils à Eton et au Trinity College (Cambridge). Ce grand lecteur était passionné par la littérature, le théâtre et la religion.

Fils cadet, William ne pouvait rien espérer de l'héritage paternel et se lance dans le droit ; mais la mort de son frère aîné en 1805 fait de lui l'héritier du nom de famille et de la fortune. Son ascension sociale lui permet de se marier la même année avec Caroline Ponsonby, qu'il aimait, mais qui était socialement hors de sa portée. Le mariage va être désastreux : cultivée et volage, Caroline a de nombreuses liaisons, la plus célèbre étant celle avec lord Byron (également amant de la mère de William). La publication du roman autobiographique de Caroline, Glenarvon (1816), dans lequel elle décrit ses aventures amoureuses et la connivence de son mari devait ajouter à son humiliation. Ils se séparent légalement en 1825 et Caroline meurt en 1828. Leur fils souffre de graves retards de développement et meurt en 1836.

Lamb a une relation romantique, mais peut-être non consommée, à Dublin avec Lady Branden. Le mari le poursuit, sans succès, pour "conversation criminelle» avec sa femme mais le procès marque la fin de leur relation. Plus tard, en tant que Premier ministre il développe une relation amoureuse platonique avec Caroline Norton, écrivain mondain et petite-fille du dramaturge Sheridan. Il gagne de nouveau un procès civil très médiatisé intenté par le mari, et qui a inspiré Charles Dickens dans The Pickwick Papers. Melbourne s'est montré incapable de nouer une relation amoureuse mature ou d'assurer une vie de famille.

L'homme politique

Disciple de Charles James Fox, l'icône des whigs, il en partage les convictions : primauté du Parlement, tolérance religieuse, monarchie limitée, respect de la propriété privée et liberté civile. Il refuse l'évolution radicale vers une politique plus sociale et l'extension du droit de vote. Partisan d'une oligarchie aristocratique plutôt que de la démocratie, il se montre sceptique quant à la capacité de l'homme d'améliorer sa condition grâce à l'action du gouvernement.

Élu à la chambre des Communes en 1816 et réélu en 1819, il est proche de George Canning qui le nomme secrétaire général pour l'Irlande. Il montre un esprit tolérant dans ses fonctions et favorable à l'émancipation des catholiques(1827-28). Il démissionne, refusant de servir le gouvernement de Wellington.

Ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Lord Grey de 1830 à 1834, il s'oppose aux tentatives de syndicalisation des ouvriers agricoles visant à faire pression sur les grands propriétaires et obtenir un relèvement de leurs salaires (1834. Il soutient la condamnation de six d'entre eux à la déportation en Australie, ce qui provoque un tollé dans l'opinion publique. Les « Martyrs de Toldepuddle » seront graciés un an plus tard. Il ne se montre pas enthousiaste par la réforme électorale de 1832 qui supprime un certain nombre de "bourgs pourris".

Ce whig d'esprit conservateur et prudent succède à lord Grey en 1834, et montre une remarquable « capacité à ne rien faire à moins d'y être entraîné puis à en faire le moins possible » (Dorothy Marshall). Pour lui, l'important était moins de réaliser que d'empêcher la réalisation de choses néfastes. Il ne va guère apprécier l'aventureuse politique de son ministre des Affaires étrangères, lord Palmerston.

Si son premier gouvernement est éphémère, le roi Guillaume IV n'appréciant pas le rôle que continue à jouer dans l'ombre lord Grey, son successeur, Robert Peel, n'arrive pas à se maintenir.

Il va former un nouveau cabinet et rester au pouvoir jusqu'en 1841 et assurer ainsi une certaine stabilité dans une période d'incertitudes. Sa majorité est fragile car composite et dépendante du soutien des députés irlandais et des conservateurs les plus libéraux ; mais il sait montrer des qualités d'arbitre et de conciliateur. Quelques réformes sont cependant lancées : mise en œuvre de l'abolition de l'esclavage votée sous son prédécesseur (1834), loi pour réglementer le travail des femmes et des enfants, efforts en faveur de l'éducation, démocratisation du système postal, enregistrement des actes d'état-civil.

Il va surtout faire l'instruction politique de la jeune reine Victoria, lui apprenant le métier de monarque constitutionnel : sentiment de confiance en soi, respect de la monarchie, importance de faire son devoir, qualités peu présentes chez les précédents monarques de la maison de Hanovre. Jusqu'au mariage de la reine avec le prince Albert (1840), il va apparaître comme le roi « officieux » dans cette relation où se mêlent romance et politique. Victoria appréciait sa courtoisie et sa bonhommie et Melbourne trouvait chez cette jeune femme sensible un heureux contraste avec sa propre épouse, la scandaleuse lady Caroline Lamb. La reine soutient Melbourne et lui permet de se maintenir au pouvoir contre Robert Peel.

Son gouvernement va être victime des troubles au Canada dûs à l'antagonisme entre colons d'origine britannique et colons d'origine française, et surtout la question de la Jamaïque.

Après son retrait des affaires, la reine a continué un certain temps à correspondre avec lui mais il avait perdu son influence. Mélancolique et affaibli par la maladie, il disparaît discrètement, dernier représentant d'une époque disparue.

Liens externes

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