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Louis Rougier

De Wikiberal
Louis Rougier
Philosophe

Dates 1889-1982
Louis Rougier.jpg
Tendance libéral conservateur
Origine France France
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Louis Rougier

Louis Rougier (1889-1982), philosophe français, professeur de philosophie à l'université de Besançon, auteur de plus de 40 ouvrages portant sur l'épistémologie, l'histoire de la philosophie et de la religion, les sciences politiques, l'économie politique et l'histoire contemporaine.

Présentation

D'abord adversaire des idées libérales et détracteur du capitalisme, il est devenu l'un des promoteurs de ce que l'on a appelé le "néolibéralisme". Louis Rougier organise ainsi à Paris en août 1938 le Colloque Walter Lippmann, réunissant des patrons, des hauts fonctionnaires, des intellectuels et des économistes libéraux. L'objectif est de mettre en place une organisation internationale de libéraux en lutte contre le planisme. C'est ainsi que naît, en mars 1939, le Centre International d'Etudes pour la Rénovation du Libéralisme, qui, s'il disparaît avec l'entrée en guerre de la France, a pu réunir universitaires, dirigeants d'administration, entrepreneurs et syndicalistes, et a servi de modèle à la Société du Mont-Pèlerin, créée en 1947. Louis Rougier ne la rejoindra qu'en 1957, ses accointances connues avec le régime de Vichy l'ayant desservi auprès des membres de la "MPS".

Il exercera aussi une influence notable sur la (très peu libérale !) nouvelle droite, en raison de son antichristianisme jamais démenti, et sera même l'une des premières têtes pensantes du GRECE d'Alain de Benoist.

Il reste que, dans la présentation de son œuvre, Louis Rougier a indiqué lui-même les thèmes qu'il jugeait essentiels, à savoir :

  • I Théorie de la Connaissance.
  • II Logique.
  • III Philosophie scientifique.
  • IV Histoire des Philosophies des Religions.
  • V Science politique et Mystiques politiques.
  • VI Économie politique et Mystiques économiques.
  • VII Histoire contemporaine.

L’œuvre de Rougier présente néanmoins une grande unité, à la fois de méthode et d’objectifs. Dans la plupart des secteurs de ses travaux, Rougier recourt à une méthode qui lui vient en droite ligne de celle qu’il a apprise de Hilbert et qui gravite autour de ce qu’il aurait pu appeler la méthode des « systèmes déductifs ». Il s’agit souvent – c’est dans l’esprit sinon dans la lettre – d’« axiomatiser » (il utilise lui-même ce terme) le champ soumis à l’analyse, de manière à expliciter les principes qui le sous-tendent et, par la suite, à en débusquer les pseudo-problèmes. Cette analyse l’engage à son tour dans une étude des mentalités qui se rattachent au champ considéré.

En particulier, loin d’être un simple commentateur et médiateur du Cercle de Vienne, Rougier a développé sa pensée d’une manière autonome, principalement à partir des travaux de Hilbert, Russell et Poincaré. Surtout, il a plusieurs fois anticipé sur certaines grandes idées de l'empirisme logique. Cela n’empêche pas que, une fois le contact établi, les deux courants aient vogué de conserve. L’admiration que lui ont portée les Frank, Reichenbach ou Schlick est un bon témoignage de son originalité et de son indépendance de pensée.

Cependant, à partir des années 1940, ses opinions politiques s'éloignent du libéralisme pour se rapprocher de celles du régime de Vichy (bien qu'il passe la période de guerre aux États-Unis et ne soit pas compromis directement dans le vichysme). Sa pensée philosophique s'appauvrit et son talent se met au service de l'anti-gaullisme et de la réhabilitation du régime pétainiste. C'est un inspirateur assez lointain de la Nouvelle droite et du GRECE.

Le Génie de l'Occident

"Panorama des idées qui ont forgées la civilisation occidentale depuis plus de deux mille ans, ce livre nous conte comment la formation de notre culture a demandé de multiples efforts et suivi un chemin périlleux, qui aurait pu lui coûter la vie. La trajectoire de notre histoire culturelle permet d'observer que rien n'est déterminé, que les conquêtes d'une époque peuvent être éclipsées à la suivante, et renaître seulement par accident. Commençant avec le rationalisme grec et sa démocratie, qui se voit accompagnée de la liberté de pensée, il poursuit avec Rome et enchaîne sur l'esclavage dans les civilisations antiques. Après le christianisme et ses efforts en faveur de la réhabilitation des esclaves et du travail manuel, il rend compte des problèmes et des inventions qui jalonnent le Moyen-Age, préparant ainsi la Renaissance qui conduira elle-même à la révolution scientifique. Ainsi le monde ouvert de Galilée créera une nouvelle image du monde et avec elle la notion de progrès, jusqu'à la naissance de la mentalité capitaliste, en sa relation avec l'éthique protestante.
Enfin, le livre aborde le développement de la révolution économique, industrielle et politique qui mènent à la genèse de l'Occident, produit de la liberté de pensée. C'est ainsi, une histoire, raisonnée, du libéralisme, où il nous montre les racines mais aussi les difficultés de son éclosion.
Dans un second temps, il passe à la comparaison de la civilisation occidentale à celle de l'Orient: chinoise, hindoue, islamique, tout en dédiant un chapitre au risque du progrès. La conclusion rappelle que, tout comme il n'y a pas de déterminisme historique qui conduirait au progrès, il n'y a pas non plus de certitude que ce qui a été gagné se poursuivra sans luttes. C'est un livre qui tombe à pic, aujourd'hui que l'on parle de sociétés multiculturelles. Dans l'édition espagnole (El genio de Occidente, Unión Editorial. Madrid., 2001, 259 pages), la préface du livre est signée de Hayek, qui y souligne la solidité intellectuelle de l'auteur." (texte traduit d'une recension de Antonio López Campillo, pour Libertad Digital).

Citations

« Le libéralisme constructeur, qui est le libéralisme véritable, ne permet pas qu'on utilise la liberté pour tuer la liberté... Le libéralisme manchestérien (celui du « laissez faire, laissez passer ») se pourrait comparer à un régime routier qui laisserait les automobiles circuler sans code de la route. Les encombrements, les embarras de circulation, les accidents, seraient innombrables... L'État socialiste est semblable à un régime de circulation où une autorité centrale fixerait impérativement à chacun quand il doit sortir sa voiture, où il doit se rendre et par quel chemin... L'État véritablement libéral est celui où les automobilistes sont libres d'aller où bon leur semble, mais en respectant le code de la route... »
Les Mystiques économiques

Quelques jugements sur l’œuvre de Louis Rougier

  • A propos de Paralogismes du Rationalisme (1920)

« Les réflexions qui précèdent ne donnent qu'une idée bien imparfaite de tout ce qu'il y a de vigueur personnelle et de rigueur démonstrative dans les ouvrages de M. Rougier. Ces pages, au texte serré, ne renferment aucun verbiage inutile, aucune phraséologie creuse, et l'on ne sait ce qu'il faut le plus en admirer de l'érudition philosophique et scientifique ou de la sévérité des raisonnements. » (Arnold Raymond, Doyen de la Faculté des Lettres de Lausanne, La Revue de Théologie et de Philosophie, décembre 1920.)

  • A propos de La Scolastique et le Thomisme (1925)

« On n'imagine pas livre plus solidement charpenté, mieux équilibré dans l'ensemble et dans les détails de l'exposition et de la démonstration. Œuvre magistrale, originale et savante qui, sans doute, avec le récent ouvrage du même auteur, les Paralogismes du Rationalisme (Paris, Alcan, 1920), marquera une date dans l'histoire de la philosophie. » (A. LOISY, Professeur au Collège de France, Revue critique d'histoire et de littérature,1er septembre 1925.)

« L'auteur de ce gros livre s'est déjà fait connaître par plusieurs ouvrages considérables, dont l'un, les Paralogismes du Rationalisme, Essai sur la théorie de la connaissance (1920), l'a mis au premier rang de la jeune école philosophique française. Son information est immense et prodigieusement variée; elle vaut en profondeur autant qu'en étendue : il sait avant de penser, et sa réflexion procède des méthodes de l'histoire, de la critique, de l'expérience, plus que de celle de la spéculation pure. » (Ch. Guignebert, Professeur à la Sorbonne, Scientia, I-V, 1927.)

  • A propos de La matérialisation de l'énergie, essai sur la théorie de la relativité et sur la théorie des quanta (1919)

« Aujourd'hui, où l'étendue du savoir oblige à la spécialisation, les savants philosophes sont de plus en plus rares. Aussi, les philosophes modernes se sont-ils contentés de se mettre à la remorque des sciences physiques et naturelles. » « Le philosophe, auteur de l'ouvrage dont nous rendons compte, n'a pas voulu laisser à la science nouvelle qu'il analyse le temps d'être jugée et critiquée par les milieux scientifiques. Plus vite au courant que nombre de savants, il a recueilli les travaux dispersés dans des revues souvent difficiles à trouver et en a fait une brillante synthèse physico-philosophique. » (A. Hollard, Revue générale des Sciences, 15 mai 1920, p. 286-287.)

  • A propos de Créance morale de la France (1945)

« Ce qui nous frappe dans Créance morale de la France, c'est la probité intellectuelle et morale de son auteur... C'est la recherche de la vérité et de la justice qui le passionne, plutôt que la défense d'intérêts particuliers ou partisans.» (Pierre Courtines, Professor at Queens College, Le Messager de New York, 1er novembre 1945.)

  • A propos de l’œuvre de Louis Rougier

« Ce qui semble qualifier M. Rougier parmi les penseurs contemporains, c'est, sans doute, la variété de ses préoccupations, la richesse de son information, l'amplitude de sa culture qui lui permettent de se mouvoir avec aisance des sciences physiques aux sciences politiques et sociales. C'est aussi un certain art d'écrire qui fait de lui un humaniste.» (Anthologie des Philosophes français contemporains, Paris, 1931, p. 485.)

Bibliographie

B0.jpg Discussions sur le forum
Louis Rougier (for)
Louis Rougier, La France en marbre blanc
  • Celse ou le conflit de la civilisation antique et du christianisme primitif, 1916.
  • Les erreurs systématiques de l'intuition, 1919.
  • La matérialisation de l'énergie. Essai sur la théorie de la relativité et sur la théorie des quanta, 1919.
  • Paralogismes du Rationalisme. Essai sur la théorie de la connaissance, 1920.
  • En marge de Curie, de Carnot et d'Einstein. Etudes de philosophie scientifique, 1920.
  • Les Paralogismes du Rationalisme. Essai sur la théorie de la connaissance (Thèse de doctorat ès lettres - Prix Joseph Saillet de l'Académie des Sciences morales), 1920.
  • La Philosophie géométrique de Henri Poincaré, 1920
  • La Structure des théories déductives ; théorie nouvelle de la déduction, 1921
  • La Scolastique et le Thomisme, 1925.
  • La Mystique démocratique ; ses origines, ses illusions (Prix Joseph Saillet de l'Académie des Sciences morales et politiques), 1929.
  • Les Origines astronomiques de la croyance pythagoricienne en l'immortalité des âmes, 1932.
  • Actes du Congrès international de Philosophie scientifique, 1935
  • 1938,
    • a. Le Colloque Walter Lippmann (Paris, 26-30 août
    • b. Les Mystiques économiques ; comment l'on passe des démocraties libérales aux États totalitaires, Paris: Librairie de Médicis
      • 2e éd. revue et augmentée en 1949)
  • 1945, Créance morale de la France
  • Mission secrète à Londres. Les Accords Pétain-Churchill, 1946.
  • La défaite des vainqueurs, 1947.
  • La France en marbre blanc, 1947.
  • Traité de la connaissance, 1955.
  • La métaphysique et le langage, 1960.
  • Histoire d'une faillite : la Scolastique, 1966 - Préface de Jean-François Revel.
  • 1969, Le Génie de l'Occident
    • Traduction en espagnol en 2001, El genio de Occidente, Madrid: Unión Editorial

Archives Audio

Liens externes

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