Martin Luther

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Martin Luther
philosophe

Dates 1483-1546
Martin Luther
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Origine Allemagne Allemagne
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Martin Luther (10 novembre 1483, Eisleben - 18 février 1546, Eisleben) est un moine allemand qui s'est opposé à des dérives du catholicisme romain et a été l'initiateur du protestantisme (luthéranisme). Il a traduit la Bible en allemand, « la langue du peuple ». En 1517, il a présenté 95 thèses contre le trafic des indulgences, dont la publication marque, au moins symboliquement, le début de la Réforme.

Influence de Luther sur le développement du capitalisme

Luther va, selon Max Weber, apporter une importante transformation dans la représentation de l'activité professionnelle. Pour le catholicisme, l'action professionnelle dans le monde n'a pas de valeur positive pour la recherche du salut. Le retrait hors du monde, le refus de la recherche des biens de ce monde, sont, au contraire, fortement valorisés en tant que voies de salut. À l'inverse, pour Luther, l'activité professionnelle est une tâche que Dieu a donné à accomplir aux hommes : la profession devient une vocation (divine).

« L'unique moyen de vivre d'une manière agréable à Dieu n'est pas de dépasser la morale de la vie séculière par l'ascèse monastique, mais exclusivement d'accomplir dans le monde les devoirs correspondant à la place que l'existence assigne à l'individu dans la société, devoirs qui deviennent ainsi sa « vocation » ». (Note : vocation se dit en allemand Beruf qui signifie aussi métier.)

Luther, par sa doctrine du salut par la foi seule, et du Beruf, réhabilite ainsi la vie laïque et fait du travail une valeur. Mais cette insistance sur le labeur a pour conséquence qu'il devient une fin en soi. Si bien que la production en vient à être déconnectée de sa finalité qui est la satisfaction du consommateur.

L'absolutisme de Luther

La théologie luthérienne pose que Dieu sait de toute éternité quels sont les hommes qui seront sauvés. Cette caractéristique complète la conception pessimiste de Luther (qui renoue avec la tradition augustinienne), selon laquelle chaque homme est incapable d'œuvrer par lui-même à son salut. Seule la foi peut l'y aider.

Cette doctrine a pour conséquence que l'Église romaine est dénoncée comme une imposture faisant obstacle à la communauté des fidèles, confondue avec le peuple. Dès lors, pour Luther, l'influence de l'Église dans les affaires temporelles, et en particulier juridiques, doit être fermement combattue. C'est ainsi que le pouvoir temporel se voit promu comme unique détenteur du glaive de justice. C'est aux princes séculiers qu'il revient de défendre la foi contre les hérétiques, d'administrer les biens ecclésiastiques et de garantir la diffusion du message évangélique.

Étant donné que tout pouvoir émane de Dieu, exprimant donc les desseins de la Providence, Luther considère que l'obéissance au pouvoir temporel s'impose à tous. Les (faibles) limites à cette soumission quasi absolue sont de deux ordres :

  1. Loin de se fonder sur le Droit naturel, il avance que les Princes étant élus par la volonté divine ne sauraient l'enfreindre.
  2. La désobéissance est légitimée seulement en réaction au gouvernement d'un prince impie. Mais il ne s'agit pas pour Luther de promouvoir la désobéissance civile ni, encore moins, le droit de résistance à l'oppression. Le bon croyant doit résister passivement, en son for intérieur, quitte à endurer silencieusement la persécution. C'est pourquoi le théologien écrit : On ne doit pas résister à la tyrannie, mais la souffrir patiemment.

Le calvinisme fait au contraire preuve d'une beaucoup plus grande méfiance vis-à-vis du pouvoir, méfiance héritée des persécutions du XVIIIe siècle. Il n'a pas non plus la vision luthérienne d'un "ordre social" figé, voulu par la Providence, et pratique une plus grande mobilité sociale.

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