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Octave Gélinier

De Wikiberal
Octave Gélinier
Essayiste

Dates 1916-2004
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Tendance Spécialiste du management
Origine France France
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Octave Gélinier

Octave Gélinier est né le 9 novembre 1916 à Corbigny, dans la Nièvre. Il est décédé le 20 août 2004. Ancien élève de l'école des mines de Paris (promotion 1937), il fut brillant dans ses études puisque outre son diplôme d'Ingénieur Civil des Mines de Paris, il fut diplômé en sciences physiques, chimiques et biologiques, diplômé en économie, politique et en droit privé.

Sa carrière le mena dans divers postes dont celui de Directeur Général de la CEGOS (Conseil en Organisation). C'est en 1947 qu'il entra dans cette société à peine naissante avec quelques ingénieurs. En tant qu'ingénieur-conseil, il apprécie les problèmes variés qui se posent à des entreprises grandes ou petites : contrôle de gestion, développement commercial, structure et organisation générale, formation et intéressement des cadres, plans d’investissement, diversification, etc. Il intervient dans tous les continents et développe des séminaires de perfectionnement destinés aux dirigeants et cadres. Beaucoup de ses contemporains considéraient Octave Gélinier comme le Peter Drucker à la française.

Dans les années 1970, avec Yvon Gattaz, il accentua le rôle des entreprises familiales et patrimoniales en contribuant à la naissance d'associations patronales comme Ethic puis l'Asmep, devenue Asmep-ETI. Octave Gélinier a mené deux types d'action. L'une visant à rassembler le monde de l'entreprise avec l'idéal de la liberté, l'autre consistant à appliquer des méthodes techniques afin de réussir le premier type d'action.

Une action libérale

Michel Drancourt, dans son hommage funèbre signale la situation économique de la France après la seconde guerre mondiale : « La France d'alors vivait dans "l'économie concertée", après avoir failli entrer dans l'économie à la Soviétique ». C'est dire quel fut l'impact des consultants en organisations tels qu'Octave Gélinier pour offrir de l'économie de marché aux différentes entreprises, petites et grandes. La liberté des entreprises impliquaient une ouverture sur l'extérieur et une concurrence plus forte pour pouvoir progresser. Octave Gélinier prôna l'ère de l'entreprise compétitive et diffusa ses pensées de liberté.

L'entreprise compétitive

La bonne gestion d'une entreprise est une condition indispensable de sa croissance. Elle suppose de la part des divers collaborateurs une discipline de productivité dont l'aiguillon est fourni par la pression de la concurrence. La présence d'une forte concurrence implique de la part du personnel de l'imagination, de la motivation, et un développement incessant de l'innovation.

Une pensée intellectuelle libérale

En 1973, en réaction à la naissance des promesses illusoires socialistes et marxistes du Programme Commun, il fonda avec Michel Drancourt, Jacques Plassard et Yvon Gattaz, la lettre socio-économique Les Quatre Vérités qu'ils rédigèrent ensemble pendant vingt ans. Ils décrivaient, selon la formule utilisée par Michel Drancourt, « le vrai visage du libéralisme, qui est un humanisme »[1]. Son soutien aux idées libérales se manifesta également par son appartenance au bureau de l'ALEPS et par sa récompense en 1998 du Prix renaissance de l'économie que lui remit le professeur Jacques Garello.

La Direction Par Objectifs (DPO)

Pour Octave Gélinier, la science des organisations repose sur des principes clairs, simples et concrètement applicables. Il se considérait comme un praticien de l'entreprise. Le point fondamental du management de l'entreprise, expliquait-il, repose sur la définition de sa politique générale à long terme. "il y a concordance entre croissance à long terme et profits à long terme". Pour une expansion à long terme l'entreprise doit combattre un certain nombre de goulets d'étranglement tels que les sources de financement et la capacité d'évolution de l'équipe dirigeante face aux mutations technologiques, managériales et temporelles.

Les objectifs doivent être quantifiés et datés pour permettre :

  • Une délégation réelle de l'autorité et des responsabilités
  • Une intégration des services
  • Une définition de la structure adéquate
  • Une supervision hiérarchique
  • Une motivation des collaborateurs

Conscient du rôle de recherche de profit par l'entreprise, Octave Gélinier n'en négligeait pas pour autant, la finalité humaine directe. « Aujourd'hui, une entreprise ne peut être en accord avec son environnement que si elle poursuit explicitement des objectifs d'utilité sociale », ce qui signifie que l'action commerciale tournée vers l'extérieur par l'adéquation des produits/services aux aspirations des clients doit être accompagnée d'une cohésion interne grâce à la satisfaction et à la motivation des salariés d'accomplir ces actions commerciales externes.

Dans la ligne de Peter Drucker, qui avait initié le thème de la Direction par objectif, en 1960, Octave Gélinier, explique qu'il faut donner aux subordonnés des objectifs à atteindre et non pas seulement des tâches à accomplir. Dans cette optique, seuls les moyens accordés pour atteindre les objectifs peuvent faire l’objet d’une négociation. En 1970, il appela ce système en l'appelant la DPPA (Direction participative par objectif). Le personnel est associé à la fixation des objectifs. L’entreprise est organisée en départements autonomes où chaque département gère son projet de façon indépendante. La négociation sur les moyens est collective et le service à l'intérieur de l'entreprise est jugé sur ses résultats. La DPPO favorise l’intégration des nouveaux collaborateurs et la responsabilisation du personnel autour du projet d’entreprise. Elle encourage la recherche de la qualité totale, facilite la communication interne et améliore le climat social. Les risques sont d'établir des objectifs irréalistes et non motivants. Dans la pratique, la DPPO concerne la réalisation d’objectifs à court terme (tactiques et opérationnels), voire de très court terme.

Citation

  • « Un emploi vrai est un emploi rentable »[2]

Notes et références

  1. « Une figure de proue de l'entreprise moderne », Michel Drancourt, Les Echos, 25 août 2004
  2. Cité par Yvon Gattaz in Mes Vies d'entrepreneur, Fayard, 2006, p.57

Publications

  • 1953, Fonction et Tâches de la direction générale, Paris: Hommes et techniques
    • Nouvelle édition en 1991, Paris, Editions d'Organisation
  • 1968, Direction participative par objectifs, Paris
  • 1972, L’entreprise créatrice, Paris
  • 1974, L’avenir des entreprises personnelles et familiales, Paris
  • 1976, Stratégie sociale de l’entreprise, Paris
  • 1979, Nouvelle direction de l’entreprise, personnaliste et compétitive, Paris
  • 1981, Morale de la compétitivité : leçons de Japon pour la France, Paris
  • 1984, Stratégie de l'entreprise et motivation des hommes, Paris, Editions d'Organisation
  • 1985, Le chômage guéri... si nous le voulons, Paris, Hommes et techniques
  • 1991, L'éthique des affaires. Halte à la dérive, Paris, Seuil
  • 1995, Dénonciation ou omertà, Entreprise Ethique n°2, avril
  • 1996, La réussite des entreprises familiales, Paris, Maxima
  • 1998, Les 40 idées fausses qui freinent la France, Paris, Maxima
  • 1999, « Le management par projet : Ce que doivent savoir les directions générales », Travail et méthodes, n°547, pp5-13
  • 2000, avec Emmanuel Pateyron, La Nouvelle Economie mondiale, les 28 règles du jeu, Paris, Economica
  • 2002, Développement Durable : pour une entreprise compétitive et responsable, Paris
  • 2005, Convictions : morale, liberté, écologie, entreprise, Paris: éditions d'organisation

Littérature secondaire

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