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Sylvain Boulouque

De Wikiberal

Sylvain Boulouque est un historien français, spécialiste du communisme, de l'anarchisme, du syndicalisme et de l'extrême gauche. Il est enseignant-chercheur à l'université de Reims, où il prépare une thèse sur la Confédération générale du travail unitaire dans les années 1930.

Il est membre du comité de rédaction de la revue universitaire Communisme, fondée par Stéphane Courtois et Annie Kriegel, et du comité de rédaction de la revue LOURS.

Travaux

Searchtool-80%.png Articles détaillés : Listes noires du PCF et Antifascisme.

Il a dévoilé à travers plusieurs de ses travaux la face cachée du PCF. Dans Les listes noires du PCF (2008), il revient avec l'historien Franck Liaigre sur les listes de noms que la direction du parti publia de 1933 à 1945 et qui listaient les anciens militants communistes, jugés traitres à la cause pour avoir fréquenté les mauvaises personnes ou divergé de la ligne du parti. 2.300 personnes furent inscrites sur ces listes et nombre d'entre elles furent assassinées à ce titre pendant la seconde guerre mondiale.

Ces listes sont également une illustration des rapports du communisme avec la trahison. Selon les deux auteurs, « la hantise du traître est constitutive de la représentation du monde telle que Lénine l’a lui-même défini. Le monde est en guerre, il n’y a que deux clans : qui n’est pas avec nous est contre nous ». Là où le libéralisme propose une société ouverte, fondée sur l'échange libre et la diversité, le modèle communiste est l'opposition guerrière dans une perspective de lutte des classes.

Dans un article écrit avec Jean-Marc Berlière et paru dans Le Monde du 24 juin 2007, «Guy Môquet : le mythe et l'histoire», il montre comment le PCF a instrumentalisé la figure de Guy Môquet et des autres otages de Châteaubriant en octobre 1941 pour se présenter faussement comme le «Parti des fusillés»[1]. Alors que l'URSS est alliée à l'Allemagne nazie, le PCF est à l'opposé de la résistancee :

«Faire de Guy Môquet et de ses vingt-six camarades des « résistants de la première heure » relève de la téléologie, puisque la plupart d'entre eux ont été arrêtés en un temps où le PCF, pris dans la logique du pacte germano-soviétique, était tout sauf résistant. »

Boulouque et Berlière de rappeler que Guy Môquet était le fils d'un député communiste «condamné par la IIIe République pour son refus de désavouer le pacte germano-soviétique» et n'était lui même qu'un «communiste discipliné» baignant dans le stalinisme : « Prisonnier de la logique d'un parti enfermé dans les compromissions de l'alliance Staline-Hitler, Guy Môquet n'a pas pu être le « résistant » qu'on célèbre à tort ».

Par là, les deux auteurs soulignent la façon dont le parti communiste français a tenté de se draper dans un antifascisme de facade, alors que son attitude a en fait été tout sauf claire : « Avec le sang des otages, le Parti communiste lavait une des périodes les plus troubles et ambiguës de son histoire en même temps qu'il dressait un obstacle moral à toute critique de son attitude. Si les mythes sont aussi importants que la réalité, l'histoire existe pour rappeler cette réalité, aussi tragique ou décevante soit-elle... ». Ces analyses ne sont pas sans rappeler par exemple celles d'Ernesto Galli della Loggia dans le cas du Parti communiste italien.

Notes et références

  1. «Guy Môquet: le mythe et l'histoire», Le Monde, 24 juin 2007, [lire en ligne]

Publications

  • 2003, Les anarchistes français face aux guerres coloniales (1945 - 1962), 120 pages, ISBN 2905691824
  • 2007, Traîtres et trahisons. Guerres, imaginaires sociaux et constructions politiques, avec Pascal Girard (dir.), Séli Arslan, Paris, 224 pages
  • 2008, Les listes noires du PCF, avec Franck Liaigre, ISBN 2702138535

Voir aussi

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