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Algérie

De Wikiberal

L'Algérie, en forme longue la République algérienne démocratique et populaire (en arabe الجمهورية الجزائرية الديمقراطية), est un pays d’Afrique du nord qui fait partie du Maghreb, de 40 millions d'habitants, limitrophe de la Tunisie au nord-est, de la Libye à l'est, du Niger et du Mali au sud, de la Mauritanie et du Sahara occidental au sud-ouest, et enfin du Maroc à l’ouest.

L'Algérie n'est pas une République islamique, mais l'islam y est religion d’État.

L'Algérie a été marquée – et en même temps créée de toutes pièces – par une longue colonisation française (1830-1962), qui prit fin avec la guerre d'Algérie (1954-1962) et l'exode d'un million d'habitants d'origine européenne.

Histoire de l'Algérie depuis la colonisation française

  • 5 juillet 1830 : débarquement d'un corps expéditionnaire français à Alger (début de l'Algérie française) ; le pays est alors depuis plus de 300 ans sous la domination de l'Empire ottoman, mais le dey d'Alger (Hussein Dey ou Hussein Pacha), souverain de la régence d'Alger, mène une politique largement indépendante d'Istanbul ; l'affaire de l'éventail (le Dey frappe le consul de France, Pierre Deval, avec un chasse-mouches), est utilisée par Charles X pour lancer un blocus contre le port d'Alger en 1827, puis pour débarquer en 1830
  • 29 décembre 1840 : le général Bugeaud est nommé gouverneur général de l'Algérie
  • 23 décembre 1847 : reddition d'Abd El-Kader, chef politique et militaire algérien, au duc d'Aumale, gouverneur général français d'Algérie
  • 8 mai 1945 : début des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, répressions sanglantes de manifestations nationalistes et indépendantistes
  • 1er novembre 1954 : début des "événements" insurrectionnels en Algérie, de ce qui deviendra la guerre d'Algérie
  • 13 mai 1958 : coup d'État mené à Alger, précipitant le retour aux affaires de Charles de Gaulle
  • 4 juin 1958 : discours de Charles de Gaulle à Alger (avec la phrase ambiguë « Je vous ai compris »)
  • 6 juin 1958 : à Mostaganem, Charles de Gaulle termine son discours en criant : "Vive l'Algérie française !"
  • 24 janvier-1er février 1960 : semaine des barricades à Alger (journées insurrectionnelles)
  • 6 septembre 1960 : parution du "Manifeste des 121", sous-titré « Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie », dans le magazine Vérité-Liberté
  • 21 avril 1961 : putsch des généraux à Alger (Challe, Jouhaud, Salan et Zeller), en réaction à la politique de Charles de Gaulle, considérée comme une politique d'abandon de l'Algérie française
  • 5 février 1962 : le général de Gaulle préconise une Algérie indépendante sur la base d'une coopération amicale avec la France
  • 19 mars 1962 : cessez-le-feu officiel en Algérie, faisant suite aux accords d'Évian signés la veille et marquant la fin de la guerre d'Algérie
  • 26 mars 1962 : fusillade de la rue d’Isly à Alger : l'armée française ouvre le feu sur une manifestation pacifique de citoyens français favorables au maintien de l'Algérie française (un des derniers exemples de guerre civile entre Français ; Charles de Gaulle ne fera aucune référence à ce massacre dont le bilan officiel est de 46 morts et 150 blessés)
  • 5 juin 1962 : début de l'exode des Français d'Algérie, après l'appel du général Edmond Jouhaud à l'arrêt des combats
  • 5 juillet 1962 : proclamation officielle de l’indépendance de l'Algérie, après le référendum d’autodétermination prévu par les accords d’Évian ; massacre d'Oran
  • 25 septembre 1962 : proclamation de la république algérienne par Ferhat Abbas, qui la présidera désormais jusqu'au 15 septembre 1963 (élection d'Ahmed Ben Bella)
  • 19 juin 1965 : un coup d'État renverse le président en place Ahmed Ben Bella et porte Houari Boumédiène au pouvoir ; il sera chef de l'État jusqu'à sa mort le 27 décembre 1978
  • 20 avril 1980 : début du Printemps berbère en Kabylie et à Alger, réclamant la reconnaissance de l'identité et de la langue berbère en Algérie, premier mouvement populaire d'opposition aux autorités depuis l'indépendance du pays
  • 1991-2002 : "guerre civile algérienne", opposant le gouvernement algérien et divers groupes islamistes (AIS, GIA)
  • 27 avril 1999 : élection d'Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République

L'Algérie contemporaine

Depuis son indépendance en 1962, l'Algérie est un pays socialiste à économie planifiée fortement centralisée, économie rentière reposant sur le pétrole et le gaz. De 1991 à 2002, elle a été déchirée par une vague de violence et de terrorisme ("guerre civile algérienne"). Malgré un timide passage à une économie de marché depuis 1994, le pays reste prisonnier de la bureaucratie, de la dépense publique, de l'influence de l'armée, d'une très forte corruption, d'une absence d’État de droit. Selon l'indice de liberté économique de la Heritage Foundation, l'Algérie est classée parmi les pays très peu libres économiquement (score de 48,9 sur 100 en 2016).

Le journaliste Frédéric Pons donne comme explications à la situation algérienne les faits suivants :

  • le poids étouffant de la mémoire : le régime de parti unique mis en place en 1962 ne lâchera plus le pouvoir, une chape de plomb s'abat sur le pays pour entretenir une histoire officielle (tronquée) de la révolution algérienne qui légitime ce même pouvoir (cela va jusqu'à tenir cachées au public les archives historiques et à mettre la recherche historique sous la coupe de la propagande, de peur que les purges politiques passées et les luttes intestines entre apparatchiks algériens n'apparaissent au grand jour).
  • le régime est longtemps une copie du régime soviétique (abandon de l'agriculture, exode rural, industrialisation forcenée) engendrant un effondrement social et économique ; le printemps algérien d'octobre 1988 est violemment écrasé mais contribue à affaiblir le régime et le FLN, entraînant une suppression du régime de parti unique et une relative démocratisation. Cependant la force qui émerge est le FIS (Front islamique du salut), et les islamistes infiltrent la société algérienne à tous les niveaux jusqu'en 1992 (dissolution du FIS en mars 1992). L'armée a réagi pour sauver le régime et mettre fin au "printemps algérien". La guerre civile de 1992 à 1999 fera plus de 200000 morts. Ce traumatisme marque toujours la société algérienne, faute de politique de "vérité et réconciliation" comme il y en eut en Afrique du sud, tant les militaires criminels que les terroristes islamistes ayant été blanchis du jour au lendemain.
  • le pays est un pays à économie très riche avec une population très pauvre (en cela, il est assez semblable au Vénézuela) : la rente pétrolière et gazière permet d'exporter la richesse et d'importer la pauvreté (faute d'une agriculture développée) : 90 % des besoins en consommation sont importés alors que l'appareil productif agricole et industriel pourrait être développé à cette fin. Le système socialiste à plan triennal, privilégiant la rente pétrolière, et dont les circuits d'importation sont entre les mains des islamistes, ne veut pas changer pour développer la production locale et préfère apaiser les colères par des subventions.
  • la corruption est inscrite à tous les niveaux dans les structures et le fondement du système algérien, ainsi que le marché noir. Le désenchantement règne (comme le montrent les statistiques de suicide très élevées). Les jeunes élites partent à l'étranger faute de perspective dans le pays (travail, logement), alors que le pays importe des travailleurs étrangers (par exemple chinois).

Indicateurs de liberté

  • Monnaie : Le Dinar (DZD) (1 Dinar = 0.00825 Euros le 31 juillet 2016)[1]

Bibliographie

  • 2001 : Olivier Le Cour Grandmaison, Alexis de Tocqueville et la conquête de l'Algérie, [lire en ligne]
  • 2013 : Frédéric Pons, Algérie, le vrai état des lieux (50 ans d'indépendance), Calmann-Lévy.

Citations

  • Le régime est féodal, discret, convaincu de sa mission d’arbitre entre le pétrole et la famine, l’algérien et l’anarchie, la menace externe et l’ordre interne. Il faut être algérien pour sentir tout ce soupçon majeur de la caste des décolonisateurs (vétérans, FLN, anciens militaires...) envers les décolonisés. Un lien ténu et de redevances infinies. Le décolonisateur remplace le colon. Les Algériens sont vus comme une menace par le régime, le régime aime parler de ses « bienfaits de la décolonisation », logements gratuits, routes, hôpitaux. Un policier a cette conviction qu’il est là non pour la sécurité de tous mais pour surveiller les gens, les parquer. La définition de la liberté y a donc le sens de désordre menaçant. (Kamel Daoud, Le Point, 16 novembre 2017)
  • L’Algérie a les allures d’une bombe à retardement qui pourrait exploser n’importe quand. Son naufrage, car il s’agit d’un naufrage, aura de très lourdes conséquences. C’est sur le sol algérien, au côté de dirigeants du FLN, qu’Emmanuel Macron a prononcé, durant la campagne présidentielle, une phrase abjecte et scandaleuse qui aurait dû l’éliminer de la course à l’Élysée, mais qui ne lui a rien coûté : “La colonisation française a été un crime contre l’humanité”. Les crimes contre l’humanité en Algérie ont été commis par le FLN, par le général de Gaulle en abandonnant l’Algérie au FLN et en abandonnant les Français d’Algérie et les harkis. Ce qui survient depuis en découle. (Guy Millière, 06/02/2018)

Liens externes

Notes et références

  1. Données Baudelet

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