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Gaspar Melchor de Jovellanos

De Wikiberal
Gaspar Melchor de Jovellanos
Écrivain, philosophe, homme politique

Dates 1744 - 1811
Gaspar Melchor de Jovellanos.jpg
Tendance Libéral classique, libéral conservateur, physiocrate
Origine Espagne Espagne
Articles internes Liste de tous les articles

Citation
inter lib.org sur Gaspar Melchor de Jovellanos

Gaspar Melchor de Jovellanos, né le 5 janvier 1744 à Gijón et mort le 27 novembre 1811 à Puerto de Vega, est un écrivain, homme politique et philosophe espagnol, figure du libéralisme conservateur dans le pays.

Présentation

Il nait dans une famille noble peu fortunée et est préparé par sa famille à la carrière ecclésiastique. Il s'éloigne de cette voie et s'oriente finalement vers le droit.

En 1767, alors qu'il a 24 ans, il est nommé procureur à Séville. En 1778, il est nommé juge à Madrid. En 1780, il est nommé au conseil des ordres militaires.

A Madrid, il devient un acteur important des cercles littéraires et scientifiques. Il s'intéressa très tôt à l'économie, et en particulier aux physiocrates français dont il était proche. Il écrivit également sur l'économie, en particulier son Informe sobre la ley agraria publié en 1795.

Après une période d'exil à Gijon entre 1790 et 1797, il devient ministre de la justice. Au gré des alternances politiques, il fut ou un acteur majeur du gouvernement ou banni voire emprisonné comme en 1801.

Lors de la guerre d'indépendance espagnole, il se range du côté des partisans de l'indépendance contre les partisans de Napoléon. Il sera membre de la junte centrale et consacrera son Memoria a sus compatriotas en defensa de lana Junta Central (Mémoire à ses compatriotes pour la défense des membres de la junte centrale) à la défense des indépendantistes lorsque la junte est mise en cause.

Homme des Lumières, il eut surtout une intense activité littéraire. Il écrivit par exemple une comédie qui le rendit célèbre, El Delincuente honrado (Le Coupable honorable) ou une tragédie classique, Pelayo o La muerte de Munuza (Pelage ou la mort de Munuza). Il fut parallèlement traducteur du poète anglais John Milton. On lui doit également un éloge de Charles III d'Espagne, roi réformateur qui, influencé par les physiocrates, libéralisa le commerce des grains comme le fit Turgot en France.

Pensée

Il écrit dans la période de la diffusion des idées libérales en Espagne, pays dans lequel nait d'ailleurs le terme même de libéralisme au début du XIXe siècle. Il adhère aux principes libéraux et considère que pour les mettre en oeuvre dans le pays, il ne faut pas passer par une nouvelle constitution mais en revenir à la « constitution politique » du pays. Il cherche donc à mettre les réformes libérales dans la continuité de l'histoire du pays, dans une logique qui n'est pas sans rappeler celle de Burke, des libertés anglaises ou des libertés germaniques. Il ne fut pas écouté puisqu'en 1812, une nouvelle constitution fut mise en place, la constitution de Cadix, texte particulièrement libéral. Cette dernière était cependant particulièrement dans la continuité de l'histoire espagnole, puisqu'elle reconnait la monarchie et ne rompt pas avec le catholicisme[1].

En économie, il développe les théories des physiocrates, en particulier sur la liberté du commerce des grains. Il consacré un ouvrage à ces questions d'économie agraire, Informe sobre la ley agraria. Il y défend la propriété privée de la terre et la clôture des terrains collectifs comme moyen de résoudre les problèmes importants que rencontre l'agriculture espagnole et améliorer la situation de tous.

L'ouvrage eut un large succès en dehors même de l'Espagne.

Notes et références

  1. José Maria Marco, « Le libéralisme espagnol », in Histoire du libéralisme en Europe, Jean Petitot et Philippe Nemo dir., PUF, 2006, p.1312

Principales publications

  • El Delincuente honrado [Le Coupable honorable]
  • La muerte de Munuza [Pelage ou la mort de Munuza]
  • 1795, Informe sobre la ley agraria [Traité de la Loi agraire]
  • 1798, Representación a Carlos IV sobre lo que era el Tribunal de la Inquisición
  • 1811, Memoria a sus compatriotas en defensa de lana Junta Central [Mémoire à ses compatriotes pour la défense des membres de la junte centrale], La Corogne
  • Sur l’Éducation publique, sur l’Architecture, sur les Spectacles publics et leur origine en Espagne
  • Pan y toros [Pain et taureaux]

Bibliographie

  • 2006, « Le libéralisme espagnol », José Maria Marco in Histoire du libéralisme en Europe, Jean Petitot et Philippe Nemo dir., PUF, p.1309-1329, ISBN 2130552994
  • « Gaspar Melchor de Jovellanos », Florence Delay in Encyclopædia Universalis
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