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Homme nouveau

De Wikiberal

L'homme nouveau est une expression qui désigne un changement de mentalité, ou de physique, d'une grande partie ou de la totalité de l'humanité.

En politique

En politique l'homme nouveau fait référence au résultat théorique des utopies concernant l'humanité entière : communisme révolutionnaire, communisme libertaire, nazisme, écologie politique.

  • Pour les communistes révolutionnaires, l'homme nouveau est le résultat obtenu après le passage transitionnel d'une société capitaliste à une société socialiste. L'homme nouveau est supposé bon, fraternel, et égal aux autres. Dans les pires des délires totalitaires, c'est d'une race nouvelle qu'il s'agit, surhumaine[1].
  • La même conception se retrouve chez les nazis, qui rêvent de créer un surhomme d'essence divine :
Celui qui ne comprend le national-socialisme que comme un mouvement politique, n'en sait pas grand chose. Le national-socialisme est plus qu'une religion : c'est la volonté de créer un nouvel Homme. (Adolf Hitler[2])
  • Pour les communistes libertaires, l'étape de transition entre capitalisme et socialisme n'a pas lieu d'être. L'homme nouveau est donc censé apparaître spontanément.
  • Pour les écologistes, l'expression souvent employée c'est "la prise de conscience". Cette prise de conscience est présentée comme un changement de mentalité devant aboutir à une société où les individus et l'État agissent ensemble pour protéger la nature.

Point de vue

  • Pour les conservateurs, l'homme nouveau n'est ni attendu, ni souhaité. Il faut faire avec ce qu'on a et gouverner avec la nature humaine, telle qu'elle est aujourd'hui. Le conservatisme est censé contenir les débordements de la nature humaine dans certaines limites. Il ne parle pas de changer la nature humaine.
  • Pour les libéraux, l'homme nouveau n'existe pas. L'individu s'adapte continuellement à la situation et évolue en permanence mais la nature humaine et ses fondamentaux restent inchangés, car l'homme étant un animal physique, il reste soumis aux mêmes impératifs physiques que le règne animal. Il faut donc utiliser la nature humaine dans ce qu'elle a de positif, et non vouloir la changer artificiellement. Aussi les individus peuvent changer de mentalité, mais restent avant tout des individus. Donc au sens libéral du terme, restent dans la même nature.

Philosophie

L'homme nouveau étant un changement radical concernant toute ou presque toute l'humanité, cela suppose l'existence d'une conscience collective dépassant celle de l'individu. Pour les libéraux, cette conscience collective n'existe pas, il n'existe que des consciences individuelles dont certaines partagent les mêmes intérêts, mais restent fondamentalement des consciences individuelles. La possibilité d'une conscience universelle peut se rattacher à des principes religieux : il peut exister une grande similitude entre les religions et les mouvements politiques qui croient en l'homme nouveau.

Cette tendance s'observe notamment dans le fait que les mouvements politiques basés sur l'homme nouveau s'attaquent souvent au monde entier de façon presque impérialiste. Alors que les mouvements politiques qui ne croient pas en l'homme nouveau concernent souvent une population limitée volontaire.

Par exemple les communistes révolutionnaires militent pour l'harmonisation fiscale. Les altermondialistes, contre les paradis fiscaux, les écologistes, pour le protocole de Kyoto. Leurs programmes ne s'arrêtent pas aux frontières. Ils s'introduisent de façon illégitime dans la gestion des autres pays. Cet interventionnisme est justement ce que les libéraux rejettent.

Par comparaison, tandis que les altermondialistes essayent de faire la loi dans le monde, les libertariens essayent de créer leur propre pays, en se gardant bien d'intervenir chez les autres. Il parait donc évident que d'un côté, il y a désir de changer le monde, ce qui implique un changement de l'humanité et donc un homme nouveau ; et d'un autre côté la volonté de changer uniquement sa propre vie, ce qui n'implique pas un changement de l'humanité et donc ne nécessite pas l'apparition d'un homme nouveau.

Le changement naturel

Il se peut que l'évolution d'une société antilibérale vers une société libérale crée un changement très important de mode de vie. La liberté économique apportant plus de confort, les modes de vie changent car les conditions matérielles changent. Or des conditions matérielles peuvent influencer l'état d'esprit. Mais il ne s'agit pas là d'un changement uniforme et unilatéral de la mentalité collective de l'humanité. Il s'agit d'une adaptation individuelle aux nouvelles conditions de vie. Ainsi l'homme du XXIe siècle n'est pas un homme nouveau par rapport à l'homme du XIXe siècle, car même si la technologie a évolué, que le confort a considérablement augmenté, que les limites mentales (les tabous) ont changés, la nature humaine est restée la même.

Le transhumanisme

Le transhumanisme est un cas particulier car il préconise l'évolution de l'homme par la technologie et la science. C'est la seule idéologie qui propose un homme nouveau, différent par le physique et non uniquement par l'esprit.

L'emploi combiné du clonage et des OGM humains peut en effet aboutir à la création d'une autre race humaine, voire d'une autre espèce humaine. Bien que cela reste pour l'instant de la science-fiction, il est tout à fait possible de créer une nouvelle espèce vivante de genre humain, et donc un homme nouveau.

L'homme nouveau transhumaniste diffère parce qu'il n'est pas réellement une transformation de l'humanité, mais la création d'une nouvelle humanité qui ne remplacerait pas celle qui existe aujourd'hui mais se rajouterait à elle. Ainsi les êtres humains ne seraient pas forcés de devenir des hommes nouveaux s'ils ne le désirent pas. L'homme transhumaniste reste avant tout un individu et non un collectif. Dans ce sens, au sens philosophique, il est plus un individu nouveau ou une espèce nouvelle qu'un homme nouveau.

Voir aussi

Citations

  • La dégénérescence générale de l'humanité, son abaissement au niveau de ce que les rustres et les têtes plates du socialisme tiennent pour « l'homme futur », — leur idéal — cette déchéance et ce rapetissement de l'homme transformé en bête de troupeau (l'homme, comme ils disent, de la "société libre"), cette bestialisation des hommes ravalés au rang de gnomes ayant tous les mêmes droits et les mêmes besoins, c'est là une chose possible, nous ne pouvons en douter ! Quiconque a pensé jusqu'au bout cette possibilité connaît un dégoût de plus que les autres hommes — et peut-être aussi une tâche nouvelle ! (Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal)
  • Le véritable homme n'est pas dans l'avenir, il n'est pas un but, un idéal vers lequel on aspire ; mais il est ici, dans le présent, il existe réellement : quel que je sois, quoi que je sois, joyeux ou souffrant, enfant ou vieillard, dans la confiance ou dans le doute, dans le sommeil ou la veille, c'est Moi. Je suis le véritable homme. (Max Stirner)
  • Les socialistes conséquents vouent une haine tenace à la civilisation et à ses vertus pacifiques qu'ils accusent d'être « bourgeoises », voire « racistes » ou « patriarchiques » ou des symptômes d'un privilège. Il veulent sans cesse les éradiquer et créer par la terreur et par la propagande un « homme nouveau », un homo sovieticus, plus « pur », dénué de tout individualisme ou toute individualité, et qui sera ainsi adapté à leurs utopies collectivistes. Mais c'est la nature humaine même qu'ils veulent extirper et, en fait, ils ne peuvent pas l'éliminer, seulement la corrompre ; le socialisme n'est pas fait pour l'homme réel, ni d'ailleurs pour aucun homme digne de ce nom. (Faré)
  • Les idéologies qui postulent un être neuf, pour remplacer l’être tel qu’il est — on songe à l’être générique des marxiens — ne « libèrent » généralement l’homme qu’au prix de la coercition la plus étroite. (Drieu Godefridi)

Notes et références

  1. Trotski écrit : "L'homme sera beaucoup plus fort, beaucoup plus perspicace, beaucoup plus fin. Son corps sera plus harmonieux, ses mouvements plus rythmiques, sa voix plus musicale. La moyenne humaine s'élèvera au niveau d'Aristote, de Goethe, de Marx. Et au-dessus de cette crête de montagnes s'élèveront de nouveaux sommets." (Literatur und Revolution, Vienne, 1924)
  2. Hermann Rauschning, Hitler m'a dit, éd. Coopération, 1939.

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