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Science-fiction

De Wikiberal

La science-fiction (abrégée en SF) est un genre narratif principalement littéraire et cinématographique structuré par des hypothèses sur ce que pourrait être le futur ou ce qu'aurait pu être le présent voire le passé (planètes éloignées, mondes parallèles, uchronie, etc.), en partant des connaissances actuelles (scientifiques, technologiques, ethnologiques, etc.). Elle se distingue du fantastique qui inclut une dimension inexplicable et de la fantasy qui fait souvent intervenir la magie.

L'histoire de la Science Fiction moderne est la résultante de cinq révolutions dont une fut un succès et les quatre autres des échecs enrichissants. Nous allons l'observer sous un angle inhabituel : la politique.

Inspiré des pionniers du genre comme Jules Verne et H.G. Wells, la science fiction américaine des débuts prospérait dans les pulp magazines des années 1910 et 1920. Nommée scientifiction ou scientific romance, ces histoires recyclaient à l'envi tous les clichés de ce que l'on nommera plus tard space opera : savants fous, monstres hideux, rayons de la mort et blondes dénudées. À part quelques exceptions comme La Curée des Astres de E.E. "Doc" Smith, l'ensemble des productions de cette époque est terriblement daté.

Un nom est à retenir : Hugo Gernsback (1884-1967), fondateur et éditeur du pulp Amazing Story (entre autres) qui fut un promoteur acharné et inventeur du terme "science-fiction". Il donna son prénom aux Oscars de la SF.

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La Hard Science Fiction

La première et la plus importante des révolutions de la SF est l'œuvre de John Wood Campbell (1910-1971). C'est en 1937 que Campbell reprend les rênes du pulp Astounding Story et lui donne une ligne éditoriale bien précise : une grande qualité d'écriture et de la plausibilité scientifique.

Pour cela, il recrute une équipe de jeunes écrivains qui domineront le genre pendant les cinquante années à venir. Parmi eux : Isaac Asimov, Arthur C. Clarke, Poul Anderson et Robert Heinlein. Ce dernier a d'ailleurs introduit la technique consistant à exposer l'univers non pas d'un bloc mais par petites touches, au travers des yeux de son personnage principal, laissant la sagacité du lecteur combler les blancs[1].

De la seconde guerre mondiale aux années 1950, les écrivains de Campbell (dont beaucoup étaient également scientifiques ou ingénieurs) seront à l'origine de ce qu'on appellera l'Âge d'Or de la science fiction. Les magazines concurrents durent se mettre au niveau des standards d'Astounding s'ils voulaient survivre.

Si les récits de space opera continuèrent à être publiés, le cœur de la révolution campbellienne était la Hard SF qui demandait de la rigueur, à la fois de la part des auteurs et des lecteurs. La Hard SF demande à ce que la science soit cohérente non seulement à l'intérieur du récit mais également avec l'état réel des connaissances scientifiques, obligeant les auteurs à n'utiliser qu'un minimum d'artifices (comme le concept de vitesse supraluminique). Qu'un auteur se trompe dans le calcul d'une orbite ou sur un détail biologique et les lecteurs se faisaient un plaisir de le corriger. À l'inverse, ces derniers se devaient d'avoir un minimum de connaissances scientifiques pour espérer apprécier pleinement les récits.

Il y avait également une sorte d'imprégnation politique qui traversait le style, faite d'individualisme[2], d'une vénération de l'homme de talent et d'une méfiance instinctive de toutes "solutions" politiques quelles qu'elles soient. Les exceptions comme le cycle Fondation d'Asimov ne font que mettre en relief les opinions implicites de la SF campbellienne.

Cette position politique est généralement comprise comme étant conservatrice ou "de droite". Or la Hard SF ne fut jamais conservatrice au sens strict du terme, c'est-à-dire la vénération de normes sociales passées. D'ailleurs, comment cela serait-il possible alors que les auteurs et les lecteurs de SF se plaisent à imaginer des bouleversements radicaux de la société et même de la nature humaine ? L'individualisme de la SF conduit également au rejet du racisme et à la présence de personnages féminins forts, des décennies avant l'apparition du politiquement correct.

Néanmoins, certains écrivains trouvèrent les contours du genre trop étroits ou rejetèrent l'orthodoxie campbellienne.

Les Futurians

La première révolte contre la Hard SF vint, au début des années 1950, d'un groupe de jeunes écrivains réunis autour de Frederik Pohl et du Futurians Fan Club de New York. Les Futurians inventèrent un genre de science fiction dans laquelle la science n'était pas au centre du récit et les changements motivant l'histoire étaient politiques et sociaux et non technologiques.

La révolte futurienne était autant politique qu'esthétique. Ce n'est que dans les années 1970 que l'on apprit que la plupart des auteurs futurians étaient soit membres du Parti communiste, soit simples compagnons de route. Comme les révoltes postérieures, une partie des motivations était d'échapper à la tradition "conservatrice" des œuvres de l'Âge d'Or. Les thèmes futuriens (critique du capitalisme de consommation et de l'autosatisfaction américaine des années d'après guerre) doit beaucoup à la théorie critique néo-marxiste de l'École de Francfort.

La révolte futurienne fut facilement absorbée par le courant Hard SF. Au milieu des années 1960, l'extrapolation sociologique était devenu assez courante chez les auteurs campbelliens. De ce mouvement, il ne reste rien si ce n'est quelques romans comme Planète à Gogo de Frederik Pohl et Cyril Kornbluth ou Le Syndic de Cyril Kornbluth.

Cependant, la perception de la SF campbellienne comme étant un phénomène "de droite" persista et motiva une deuxième révolte dans le milieu des années 1960.

La New Wave

Tentant d'importer les techniques et l'imagerie de la fiction littéraire classique dans le domaine de la SF, la "Nouvelle Vague", comme les Futurians avant elle, était une rébellion à la fois stylistique et politique vis à vis de la Hard SF.

Les inventeurs de la New Wave (notamment Michael Moorcock, J.G. Ballard et Brian Aldiss) étaient des socialistes et des marxistes britanniques qui rejetaient à la fois l'individualisme, le happy ending, la rigueur scientifique et l'hégémonie culturelle américaine de la Hard SF. Plus tard, les auteurs New Wave américains furent très fortement associés à la New Left et à l'opposition à la guerre du Vietnam.

Bien moins facilement assimilable que les Futurians, les techniques et préoccupations de la Nouvelle Vague furent tout de même absorbés dans le champ de la SF classique. La New Wave brisa le tabou du sexe qui, avant, faisait l'objet d'une condamnation si rigide que seul Robert Heinlein avait osé le briser dans En Terre Étrangère (cette œuvre fut d'ailleurs un pilier de la contre-culture hippie).

Parmi un grand nombre de merdes complaisantes et autres délires de cocaïnomane on compte quelques chefs d'œuvre comme The Great Clock de Langdon Jones, Je n'ai pas de bouche et il faut que je crie de Harlan Ellison et Les Cavaliers du Fiel ou le Grand Gavage de Philip José Farmer.

Mais la Nouvelle Vague exacerba également la critique de longue date sur la nature de la science fiction elle-même et menaça de détrôner la Hard SF en tant qu'archétype du genre. La phrase de Brian Aldiss, révoquant l'exploration spatiale comme étant "un divertissement vieux-jeu conduit avec des symboles phalliques infertiles" est typique de la rhétorique New Wave et semblait avoir de solides arguments à l'époque.

Mais, en tant que révolte politico-culturelle contre la vision américaine de la SF, la New Wave échoua au moins autant que les Futurians. Car, en 1977, Star Wars vint remettre sur le devant de la scène (et dans la culture populaire) l'imagerie space opera des pulps d'avant guerre, notamment Edmond Hamilton[3] et son Roi des Étoiles dont Star Wars s'inspire ouvertement.

Aparté sur la guerre du Vietnam et sur la "New Hard SF"

La guerre du Viêt-Nam, outre le fait d'avoir aidé à l'émergence de la New Wave, est également responsable d'un véritable schisme au sein de la "droite" américaine. L'une de ses composantes est socialement conservatrice, militariste et possède de fortes croyances religieuses. L'autre est plutôt minarchiste[4] et libérale classique[5]. Ces deux tendances avaient été forcé de faire alliance, tant aux USA qu'en Grande Bretagne, dans les années 1910, pour faire face à la monté du socialisme.

La défaite de Barry Goldwater aux élections présidentielles de 1964 provoqua de fortes dissensions dans l'alliance entre les deux factions, et la guerre du Vietnam entérina définitivement la rupture. Un groupe de dissidents libéraux et d'anti-guerre radicaux formèrent, en 1971, le Libertarian Party, refusant à la fois le conservatisme de la "droite" et la redistribution étatique de la "gauche"[6].

Il est intéressant de noter ce point dans une histoire de la SF car la plateforme du parti libertarien se présente comme une relecture radicalisée et intellectualisée des idées politiques implicites de la SF campbellienne. Ce n'est pas une coïncidence : nombre des fondateurs étaient de grands lecteurs de science fiction. Ils puisèrent leur inspiration, non seulement dans les œuvres de SF politique (et polémique) d'Ayn Rand : La Source Vive et La Révolte d'Atlas mais également dans l'ensemble du "canon" campbellien. Des œuvres comme Révolte sur la Lune de Robert Heinlein ou Pas de Trève avec les Rois ! de Poul Anderson sont considérées comme proto-libertariennes par les lecteurs mais aussi par leurs auteurs.

NB : Un phénomène équivalent a eu lieu au XIXe siècle, des livres de fictions utopistes comme Cent Ans Après ou L'An 2000 (paru en 1887) d'Edward Bellamy ou d'autres œuvres aujourd'hui oubliées eurent un impact non négligeable dans la création des premiers Partis socialistes.

La Hard SF reprit ses droits aux débuts des années 1980 avec le groupe des Killer B's (David Brin, Gregory Benford et Greg Bear), notamment, avec le roman Marée Stellaire de David Brin. À la surprise générale, cette "New Old Wave" ne fut pas seulement une réussite artistique mais également un succès populaire.

Cette nouvelle Hard SF renouait avec les images et les thèmes traditionnels (individualisme et anti-politique) des campbelliens. Dans l'édition également, la rupture entre les auteurs conservateurs et les auteurs individualistes fut consommée. D'un côté, certains auteurs comme L. Neil Smith (The Probability Broach ou la saga Forge of the Elders) assumaient clairement le caractère libertarien radical de leurs œuvres. À l'opposé, une SF militariste et conservatrice émergea avec des auteurs comme Jerry Pournelle (la saga du CoDominium) ou David Drake (Hammer's Slammer).

La tension entre ces deux groupes étaient d'autant plus forte que tous les deux se réclamaient de l'héritage de Robert Heinlein (considéré comme le "Grand Old Man" de la SF, très respecté des fans et encore plus des auteurs). Heinlein garda des relations amicales avec les conservateurs même s'il se déclara libertarien.

Le Cyberpunk

Les années 1980 virent l'émergence d'un nouveau mouvement politisé qui se positionna contre le Hard SF : le cyberpunk. Si William Gibson (généralement crédité comme étant l'initiateur du genre avec Neuromancer) n'était pas un auteur politiquement engagé, Bruce Sterling devint le chef idéologue du genre qu'il appela "The Movement" en référence au radicalisme étudiant des années 1960. Les auteurs cyberpunks se positionnèrent contre la SF conservatrice militaire de Jerry Pournelle, David Drake et de leurs imitateurs.

Mais le cyberpunk ne fut pas aussi stylistiquement innovant ni politiquement stimulant comme le fut la New Wave. Les thèmes abordés (réalité virtuelle, informatique envahissante, implants cybernétiques et modifications corporelles, féodalisme d'entreprise) furent déjà traités bien avant, dans des œuvres comme Day Million de Frederik Pohl (1966), True Names de Vernor Vinge (1978) et même Planète à Gogo (1956). L'imagerie cyberpunk (paysage urbain en décomposition, chrome et cuir) fut rapidement répliquée ad nauseam jusqu'à en devenir complètement cliché.

Paru en 1992, Snow Crash (ou Le Samouraï Virtuel) de Neal Stephenson marque la fin du cyberpunk. C'est l'un des seuls livres, avec La Schismatrice de Bruce Sterling et Cablé de Walter Jon Williams, reprenant les standards mis en place par Neuromancer. Il prend également à contrepied les thèmes habituels du genre (l'histoire se passant dans une société anarcho-capitaliste).

Le cyberpunk fut plus remarqué à l'extérieur de la SF qu'à l'intérieur. Lors des Hugos, les lecteurs de SF votaient presque systématiquement pour des œuvres Hard SF tandis que les critiques s'accrochaient aux restes de la New Wave comme Philip K. Dick ou Thomas Disch.

Histoire des révoltes fiscales dans la science-fiction et la fantasy

Et si jamais on n’avait plus à payer de taxe ? Et si on se soulevait et refusait de ne plus être assujetti à l’impôt ? La science fiction et la fantasy sont pleines de révoltes anti-taxes. De Robert Heinlein au Docteur Who, des peuples de tous les coins du système solaire (et plus largement, de l’univers) ont dit NON au percepteur. Voici une liste des plus féroces et des plus implacables révoltes fiscales.

Résister aux collecteurs d’impôts n’est pas chose facile : demandez au Joker. Dans l’épisode « Joker s'achète une conduite » (Les Nouvelles Aventures de Batman), celui-ci hérite de l’immense fortune d’un gangster et n’apprend que plus tard qu’il récolte surtout une tonne de droits de succession. Lorsque l’un de ses sous-fifres lui propose de ne pas les payer, le Joker lui répond : « Je suis peut-être assez fou pour m’opposer à Batman, mais m’opposer au fisc ? Non merci ! ».

Voici donc quelques colons spatiaux, super-méchants et aventuriers qui furent suffisamment téméraires pour aller là où le Joker craint de poser le pied.

Robin Fusée

Cette série animée canadienne de 1966, assez populaire en son temps, place les célèbres personnages de Robin des Bois dans l’espace, durant « l’étonnante année 3000 ». Sur l’astéroïde de Sherwood, Robin Fusée, descendant du Robin des Bois original, ainsi que les versions spatiales de Frère Tuck, Petit Jean et Will Scarlett, poursuivent leur combat contre le despotisme et les impôts écrasants. Ils lutteront contre de nombreux ennemis comme le Prince Jean, le Sheriff du NOTT (National Outer-space Terrestrial Territories), le Docteur Médulla ou le Généralissime Saturnien.

Traquemort t2 : La Rébellion

Ce roman (Deathstalker Rebellion en VO) de Simon Green n’a aucun rapport avec la série de films incroyablement ringards produits par Roger Corman. Non ! Il s’agit plutôt de l’histoire d’un historien du nom d’Owen Traquemort qui, devenu hors-la-loi, finance sa propre rébellion contre un empire diabolique en piratant le Centre des Taxes, Impôts et Prélèvements. Owen transfère les milliards de recette d’impôts des comptes du gouvernement à celui des rebelles. Malheureusement, il désactive par inadvertance le système de défense de la planète. Il se verra alors contraint de faire face à la fois à l’Empire et à une invasion extra-terrestres.

Star Trek : Need of Many

Il s’agit de la novélisation de The Path to 2409, une série de chroniques parues sur internet et faisant le lien entre le film Star Trek Nemesis et l’univers du jeu vidéo Star Trek Online. Il y est mentionné une révolte anti-taxe ferengi en 2386 : « Sur Ferenginar, la révolte fait rage depuis deux jours, après que les romuliens mirent en place un système éducatif gratuit utilisant les recettes des impôts. Les protestations prirent fin quand Rom annonça la création d’un permis de protestation payant dont les revenus serviront à financer le nouveau système éducatif. ». Ah, ces romuliens !

La Grève

Le classique d’Ayn Rand met en scène un groupe de héros libertariens luttant contre les « parasites » et les « pillards » qui instituent des impôts élevés dans une Amérique dystopienne. Les taux d’imposition atteignent des hauteurs stratosphériques. À un moment de l’intrigue, l’État de Californie instaure une taxe d’urgence de 50% sur les bénéfices bruts des entreprises, en plus des autres impôts. Tous les intellectuels et les génies créatifs dont le travail est taxé à mort se mettent en grève contre cette injustice.

Alongside Night

Dans ce roman de 1979 de J.Neil Schulman, les États-Unis sont au bord d’un effondrement économique et les devises étrangères sont devenues illégales. L’« Agorist Underground » forme une économie souterraine (littéralement) de type anarcho-capitaliste sous Manhattan. Le rebelle Cadre espère « affamer le gouvernement à mort ». L’auteur travaille en ce moment sur l’adaptation cinéma de son roman (prévu pour cette année), avec Kevin Sorbo dans le rôle principal. Ce qui veut dire qu’on entendra Sorbo déclarer des phrases comme « Le gouvernement est comme un rhinocéros blessé qui charge tout ce qui se trouve sur son chemin ».

Caesar's Column

Écrit en 1890 par Ignatius Donnelly, le New York de 1988 est une merveille futuriste avec des trottoirs transparents, des journaux sur écrans et autres délicatesses comme des araignées comestibles. Le seul problème réside dans une oligarchie fortunée qui opprime le peuple, percevant des taxes écrasantes via un gouvernement fantoche. Il est donc temps qu’un soulèvement populaire renverse les oligarques et restaure la démocratie. Cependant, ce roman est bien plus une attaque de la ploutocratie. L’un des personnages dit : « Pour faire court, la plus inutile, destructrice et maudite moisson qu’un pays peut faire pousser est les millionnaires. Si une communauté était envoyée en Inde, importait plein de tigres mangeurs d’hommes et les relâchait dans la rue pour qu’ils chassent femmes et enfants, ils n’infligeraient pas un dixième de la misère causée par un nombre équivalent de millionnaires ».

She-Ra: La Princesse du Pouvoir

De nombreux épisodes impliquent l’infâme Hordak imposant de lourdes taxes sur le peuple d’Eternia prélevées par le diabolique robot percepteur Dylamug. Dans l’épisode « Un allié inattendu », une famille indigente vivant dans une ville de la Horde se trouve incapable de payer ses impôts et est jetée en prison par le général Sunder. Ce dernier, prenant fait et cause pour cette famille, rejoindra la rébellion de She-Ra. Dans un autre épisode, « Assaut sur la ruche », la vile Catra terrorise un pauvre village du peuple abeille sur Ethéria et collecte les lourdes taxes. She-Ra mettra un terme à ses exactions et rendra aux villageois l’argent de leurs impôts.

Seigneur de Lumière

Dans ce roman de 1967 de Roger Zelazny, Mahasamatman (alias Sam) est supposé être un dieu hindou menant une rébellion contre ses confrères « dieux » sur une planète étrangère. En chemin, il tuera quelques collecteurs d’impôts divins.

Docteur Who

Quand le Maître remplace le Roi John par un diabolique robot protéiforme, la première chose que le roi-robot veut faire est de lever plus d’impôts sur les pauvres aristocrates comme Sir Ranulf Fitzwilliam. Maudit roi-robot !

Mais ce n’est pas l’exemple le plus connu de l’irritation du peuple sous le joug de l’impôt dans Dr. Who. Dans un épisode de 1977 : « The Sun Makers » (qui est un laïus du scénariste Robert Holmes contre le fisc britannique) la funeste milice est appelée le Inner Retinue par rapport au fisc britannique : l’Inland Revenue. De plus il est plein de blagues et références sur le système fiscal. Les gens vivant sur Pluton sont (littéralement) taxés à mort par les Collecteurs et les Récolteurs. Au cours de l’épisode, Leela fait observer que « tout le monde fuit le percepteur ». Venant d’une planète où il n’y a pas d’impôts (ni d’argent, d’ailleurs), elle est donc très remontée contre cette situation.

Firefly

La série de Joss Whedon prend place après l’échec de « la Guerre d’Unification » qui a vu les peuples des planètes extérieures essayer de résister à la prise de pouvoir de l’Alliance, une organisation supra-gouvernementale. À la suite de la bataille de Serenity Valley, les anciens gouvernements locaux furent remplacés par des administrateurs de l’Alliance. Ceux-ci taxèrent lourdement les planètes périphériques pour renvoyer l’argent vers les principaux mondes de l’Alliance où seuls les vrais citoyens (ceux qui n’ont pas combattu du coté des indépendantistes) ont le droit de vote. Pour les anciens « manteaux bruns » comme le capitaine Malcolm Raynolds, cette « imposition sans représentation » justifie pleinement la contrebande à laquelle ils se livrent.

Star Wars Épisode I : La Menace Fantôme

Ça vous aura peut-être échappé mais tout le film parle d’une révolte anti-taxe, bien qu’elle soit si indiscutablement alambiquée que le Brooking Institution est probablement encore en train d’essayer de la comprendre.

Il suffit de lire l’introduction du film : « Le trouble a englouti la République galactique. La taxation des routes commerciales interstellaires est au cœur du conflit. Espérant résoudre ce conflit avec un blocus à l'aide de vaisseaux de guerre, la fédération du commerce a stoppé tout trafic avec la petite planète Naboo. Tandis que le congrès de la République débat indéfiniment de cette série d'événements alarmants, le chancelier suprême a secrètement délégué deux chevaliers Jedi, gardiens de la Paix et de la Justice dans la galaxie, afin de régler le conflit... »

Révolte sur la Lune

Et enfin, le classique de Robert Heinlein traite d’une ancienne colonie pénitentiaire lunaire dont les prisonniers, depuis longtemps affranchis, sont les esclaves économiques de la Terre, jusqu’à ce qu’ils se révoltent.

Voici un extrait : « Vous avez mis le doigt sur le dilemme qui se pose à tous les États – raison pour laquelle je suis anarchiste, d’ailleurs. Le pouvoir de lever des impôts, une fois qu’on l’a accordé, n’a pas de limite ; il va croissant jusqu’au moment où l’impôt tue l’impôt. Je ne plaisantais pas le moins du monde quand je leur ai dit de fouiller leurs propres poches. Peut-être n’est-il pas concevable de se passer des États… je pense même parfois qu’ils constituent des maladies inévitables de la condition humaine. Mais il doit être possible de les garder petits, squelettiques, inoffensifs… ne croyez-vous donc pas que le meilleur moyen, pour cela, serait d’exiger que les gouvernants payent de leur propre poche leurs lubies antisociales ? »

Conclusion

La science fiction, en tant que littérature, embrasse les possibilités d'une transformation radicale de la condition humaine par la connaissance. Cyborg, voyages intergalactiques, immortalité technologique, etc. Tous ces sujets caractéristiques de la SF se placent dans un univers connaissable dans lequel l'investigation scientifique est la condition requise et le principal instrument pour créer de nouveaux futurs.

La SF est largement optimiste parce que les gens aiment les happy ends, certes, mais aussi parce que, même dans le cas des dystopies pessimistes, ce n'est pas par le hasard ni par la colère d'un dieu irascible que nous échouons mais à cause de la faillite de notre raison et de notre intelligence. De ce fait, la SF a un parti pris pour les caractères humains et sociaux qui favorisent la recherche scientifique et lui permettent d'avoir pour résultats le changement de l'individu et de la société. Mais également un équilibre social permettant la plus grande étendue de choix pour satisfaire cette soif de possibilité. Et c'est là que nous avons les premiers indices sur le système politique le plus en phase avec les prémisses de la SF (car tous les systèmes politiques ne sont pas également favorables à recherche scientifique et aux changements qu'elle ne manque pas d'induire).

Le pouvoir de supprimer la recherche libre, de limiter les choix des individus et de contrarier la créativité est le pouvoir d'entraver les futurs optimistes que nous promet la SF. Les despotes, les sociétés figées et les élites au pouvoir ont, plus que tout, peur du changement. Leurs tendances naturelles est de supprimer la science ou de chercher à la corrompre (cf. Lyssenko). C'est pour cela que, dans la science fiction, l'ennemi ne peut être que le pouvoir politique. C'est ce que les amateurs et les auteurs de SF ont instinctivement compris.

Le lien qui unit la Hard SF et les idées libertariennes continue à être très vivace. Le seul prix politique littéraire présenté à la World Science Fiction Convention est le prix Prometheus[7] de la Libertarian Futurist Society. Il n'existe aucun équivalent socialiste, conservateur ou même fasciste aux auteurs tels que L. Neil Smith, F. Paul Wilson ou Brad Linaweaver et leurs livres continuent de bien se vendre auprès des fans.

Il y a fort à parier que, dans les années à venir, d'autres rebellions vis à vis du modèle campbellien auront lieu (on parle en ce moment de la Radical Hard SF). Mais, comme leurs aînées, leurs apports littéraires et esthétiques seront assimilés par la Hard SF tandis que leurs propos politiques seront oubliés.

Notes et références

  1. En réalité, cette technique fut popularisée par Rudyard Kipling, en 1912 dans With The Night Mail. Il est intéressant de noter que Heinlein eut toujours une grande admiration pour Kipling.
  2. On confond souvent "individualisme" et "égoïsme". Je citerai ici le sociologue Emile Durkheim : "L'individualisme, bien entendu, n'est pas l'égoïsme, (...) c'est la glorification, non du moi, mais de l'individu en général. Il a pour ressort, non l'égoïsme mais la sympathie pour tout ce qui est homme."
  3. Hamilton est également, aux débuts des années 1940, le créateur de la série "Captain Future, the Wizard of Science". Adapté en dessin animé à la fin des années 1970 par le studio japonais Toei Animation, il est connu chez nous sous le nom de Capitaine Flam.
  4. Un minarchiste est le partisan d'un état réduit à ses stricts fonctions régaliennes : armée, police, justice et diplomatie, le reste (éducation, santé, etc…) étant laissé à l'initiative des individus.
  5. Aux USA, le mot "liberal" est synonyme de socialiste ou/et progressiste. Ce que nous désignons en France sous le vocable libéral s'appelle là bas "classic liberal". Cette distinction est rarement connue des traducteurs qui traduisent généralement "liberal" en libéral ce qui est un grave contresens.
  6. Classé souvent à "droite" (défense de l'entreprise privée, du port d'armes, refus de l'assistanat), plus rarement à "gauche" (liberté sexuelle, d'immigrer, d'usage de drogues), le libertarisme est assez difficile à comprendre pour un Français moyen. Le libertarisme est en réalité basé sur deux axiomes : la liberté individuelle et le principe de non-agression.
  7. Créé en 1979 par L. Neil Smith, le prix Prometheus récompense la meilleur oeuvre de SF d'esprit libertarien. Pour le prix du meilleur roman, on compte parmi les lauréats : Terry Pratchett en 2003 pour Ronde de Nuit ou John Varley en 1999 pour Le Système Valentine. Il existe aussi un Hall of Fame qui compte des œuvres comme 1984, Le Seigneur des Anneaux, Le Prisonnier, V pour Vendetta et Les Habits Neufs de l'Empereur.

Bibliographie

Citations

  • Recherchant une forme d’art pouvant exprimer l’horreur dont peut être capable l’État et extrapoler les futurs possibles de la liberté, le libertarianisme a trouvé la Science-Fiction déjà bien implantée sur ce thème. (Samuel Edward Konkin III, 1983)

Voir aussi

Liens externes

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