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Transhumanisme

De Wikiberal

Le transhumanisme (ou posthumanisme) est un mouvement intellectuel prônant l'utilisation de différentes techniques et technologies pour dépasser les limites imposées par la nature humaine. L'objectif est de dépasser, voire d'éliminer des aspects inhérents à la condition humaine jugés comme négatifs : souffrance, mort, maladie, imbécilité, sénilité, imperfections en tous genres (mémoire, fatigue, etc.).

Origine du terme

La première apparition du mot transhumanisme date de 1957 et est attribuée à J. Huxley, biologiste et frère de Aldous Huxley, l'auteur du "Meilleur des mondes". Il voulait par là qualifier le courant intellectuel selon lequel on pourrait améliorer l'humanité avec l'aide de la science. C'est en cherchant à généraliser les courants existants comme l'eugénisme (une des incarnations du transhumanisme) qu'il a proposé ce mot. Sa définition originelle était la suivante :

« Un homme qui reste homme, mais qui se transcende en utilisant de nouvelles possibilités de et pour sa nature humaine. »

L'acception du mot transhumanisme a depuis évolué, notamment sous l'impulsion de cercles intellectuels dans les universités américaines (New School, University of California, MIT). L'évolution conjointe de différentes branches de la science comme la biologie, les nanotechnologies, les développements en intelligence artificielle, etc., ont introduit l'idée que l'homme pouvait dépasser les limites que sa nature biologique lui imposait. Dès lors le transhumanisme est vu comme « différant essentiellement de l'humanisme par la reconnaissance et l'anticipation d'altérations radicales dans la nature et les possibilités de vie résultant de l'application de diverses sciences et technologies ».

Problématiques philosophiques

Le transhumanisme ouvre de nombreuses questions pour les libéraux. La notion même de nature humaine et par extension de droit naturel est impactée. La place de l'homme dans la nature est elle aussi mise en question, cela a donc des répercussions sur le droit animal. Enfin, en postulant explicitement une humanité différente, le transhumanisme peut être vu comme un mélange inédit de racisme et de constructivisme. Certaines approches du transhumanisme relèvent purement de l'eugénisme. Cependant une approche transhumaniste de type catallaxie peut être pensée où les évolutions de la nature humaine se feraient de manière émergente par l'utilisation de plus en plus poussée et fréquente de nouvelles technologies.

Art et culture

Le transhumanisme est le sujet central de nombreuses créations artistiques. Parmi les plus connues, on peut citer la trilogie des films X-men, les romans Hypérion de Dan Simmons, et Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley.

Bibliographie

  • 2009, Philippe Verdoux, "Transhumanism, Progress and the Future", Journal of Evolution and Technology, Vol 20, n°2, December, pp49–69
  • 2010, Ilia Stambler, "Life Extension: A Conservative Enterprise? Some Fin-de-Siècle and Early Twentieth Century Precursors of Transhumanism", Journal of Evolution and Technology, Vol 21, n°1, March, pp13–26
  • 2011, Gregory R. Hansell, William Grassie, dir., "H+/–: Transhumanism and Its Critics", Bloomington, IN: Xlibris Corporation
  • 2013, Max More, Natasha Vita-More, "The Transhumanist Reader: Classical and Contemporary Essays on the Science, Technology, and Philosophy of the Human Future", Wiley-Blackwell
  • 2016 : Luc Ferry, La révolution transhumaniste, ISBN 2259249159

Citations

  • Le véritable homme n'est pas dans l'avenir, il n'est pas un but, un idéal vers lequel on aspire ; mais il est ici, dans le présent, il existe réellement : quel que je sois, quoi que je sois, joyeux ou souffrant, enfant ou vieillard, dans la confiance ou dans le doute, dans le sommeil ou la veille, c'est Moi. Je suis le véritable homme. (Max Stirner)
  • La montée du mouvement transhumaniste, mené par des futuristes de la nouvelle technologie tels que Ray Kurzweil, est en fait un produit de notre tendance inhérente à changer et évoluer pendant des périodes de stress intense perçu par notre système biologique ; et ce, afin de nous adapter aux conditions environnementales changeantes. L’évolution tisse sa trame en continu dans notre ADN, mais en tant qu’espèce rationnelle, nous détenons la clé de notre propre évolution en transcendant nos propres limitations biologiques et en étant capables de nous reprogrammer nous-mêmes et maîtriser nos mécanismes de contrôle – nos hormones. (Roy Barzilai)
  • Le transhumanisme s'inscrit dans cette idée que l’humain est perfectible, que la nature n'est pas une loi morale, qu’on peut et qu'on doit passer autant qu'il est possible du déterminisme naturel injuste et aveugle (la maladie génétique vous tombe littéralement dessus) à une lutte librement consentie contre les inégalités non seulement sociales mais aussi naturelles. (Luc Ferry)
  • Le transhumanisme fait partie de l’avenir grandiose qui attend notre civilisation, mais il ne sera possible, abordable et moral que par le laissez-faire. Le transhumanisme est l’une des raisons qui font que le laissez-faire est essentiel pour l’humanité, et le laissez-faire est l’une des raisons qui font que le transhumanisme est notre droit sacré. (Jan Krepelka)
  • Depuis quelque temps, un grand nombre de recherches scientifiques s’efforcent de rendre la vie « artificielle » et de couper le dernier lien qui maintient encore l’homme parmi les enfants de la nature. [...] Je soupçonne que l’envie d’échapper à la condition humaine expliquerait aussi l’espoir de prolonger la durée de l’existence fort au-delà de cent ans. Cet homme futur, que les savants produiront, nous disent-ils, dans un siècle pas davantage, paraît en proie à la révolte contre l’existence humaine telle qu’elle est donnée, cadeau venu de nulle part (laïquement parlant) et qu’il veut pour ainsi dire échanger contre un ouvrage de ses propres mains. (Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne, Calmann-Lévy, 1983)
  • Serait-il absurde, maintenant, de supposer que ce perfectionnement de l’espèce humaine doit être regardé comme susceptible d’un progrès indéfini, qu’il doit arriver un temps où la mort ne serait plus que l’effet, ou d’accidents extraordinaires, ou de la destruction de plus en plus lente des forces vitales, et qu’enfin la durée de l’intervalle moyen entre la naissance et cette destruction n’a elle-même aucun terme assignable ? Sans doute l’homme ne deviendra pas immortel ; mais la distance entre le moment où il commence à vivre et l’époque commune où naturellement, sans maladie, sans accident, il éprouve la difficulté d’être, ne peut-elle s’accroître sans cesse ? (Condorcet, Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain)

Liens externes

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